Cameroon Tribune
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Match décisif

Jean Marie NZEKOUE
Afrique - Sport

L’affiche de cet aprĂšs-midi qui oppose Ă  Durban l’Afrique du Sud au Cameroun dans le cadre du match-retour du dernier tour des Ă©liminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 2017 est trĂšs attendue. Aussi bien par les supporters des deux Ă©quipes que par tous ceux qui attendent le rĂ©sultat final pour avoir une idĂ©e plus claire sur la position des uns et des autres dans un groupe plus serrĂ© que prĂ©vu. L’importance de l’enjeu dĂ©pend de la situation de chacun des protagonistes avant le coup d’envoi. D’un cĂŽtĂ©, le Cameroun qui reste leader du groupe M aprĂšs le dĂ©cevant match nul du 26 mars avec un total de 7 points engrangĂ©s. De l’autre, l’Afrique du Sud qui se dĂ©mĂšne toujours dans les profondeurs du classement avec seulement deux points au marquoir malgrĂ© une prestation qui ne manque pas du relief. Seulement voilĂ  : bien qu’avantageuse, la position des Lions indomptables est loin d’ĂȘtre confortable puisqu’ils sont talonnĂ©s de prĂšs par la surprenante Ă©quipe de Mauritanie.
Autre paramĂštre Ă  prendre en compte : le match de cet aprĂšs-midi qui boucle la quatriĂšme journĂ©e de la phase qualificative va donner plus de visibilitĂ© Ă  certaines tendances qui se dessinent dans un tournoi qui se dispute sous la forme d’un championnat. Si mathĂ©matiquement, aucune Ă©quipe n’est encore qualifiĂ©e pour la phase finale de la CAN 2017, en revanche, plusieurs sĂ©lections nationales n’ayant remportĂ© aucune victoire auparavant pourraient rester sur le carreau en cas de nouvelle dĂ©faite. Ce n’est pas le cas pour le Cameroun qui reste encore premier du groupe. Mais, il s’agit d’un leadership fragile qu’il faut consolider au plus vite car la concurrence se fait de plus en plus rude avec la montĂ©e en puissance d’une Mauritanie que personne n’avait vu venir Ă  ce niveau de la compĂ©tition. Battus difficilement par le Cameroun le 14 juin 2015 Ă  YaoundĂ©, les « Mourabitounes » se sont relancĂ©s de façon spectaculaire au terme du match-aller de la troisiĂšme journĂ©e, en battant la Gambie. Avec dĂ©sormais six points, la Mauritanie conforte sa deuxiĂšme place du groupe et n’est plus qu’à une longueur du Cameroun qui fait du sur-place. En cas de nouvelle victoire, la Mauritanie pourrait ravir la tĂȘte du classement, mĂȘme si le Cameroun parvenait Ă  arracher un match nul.
De son cĂŽtĂ©, l’Afrique du Sud qui aura Ă  cƓur de « laver » son honneur devant son public. Dans la configuration actuelle, l’équipe de la nation arc-en-ciel semble disposer des arguments techniques et tactiques pour se surpasser. Avec ce qu’ils ont montrĂ© samedi Ă  Limbe, beaucoup d’observateurs s’étonnent que les poulains d’EphraĂŻm Mashaba n’aient enregistrĂ© jusqu’ici de victoire et occupent le dernier rang avec la Gambie. Dans un tel contexte, la rencontre de Durban pourrait-elle ĂȘtre celle du rachat ? On ne perd rien Ă  attendre. Toujours est-il que l’occasion serait trop belle pour se relancer en rĂ©coltant trois prĂ©cieux points qui pourraient tout changer. Hugo Broos et les siens sont-ils au moins conscients du danger ? On peut le supposer sur la base des dĂ©clarations faites aprĂšs le match-aller. MalgrĂ© un engagement certain, la prestation mitigĂ©e du « onze » entrant amĂšne Ă  s’interroger sur la capacitĂ© du coach Ă  dĂ©nicher des doublures performantes Ă  tous les postes en cas d’indisponibilitĂ© des titulaires. Les nombreuses lacunes qui sont apparues, tant au niveau de l’attaque, du milieu de terrain, de la dĂ©fense qu’à celui du gardien de but pourraient amener le technicien belge Ă  procĂ©der Ă  quelques rĂ©glages nĂ©cessaires pour donner plus d’équilibre et de performance aux diffĂ©rents compartiments, rendant ainsi plus perfectible la cohĂ©sion d’ensemble. AprĂšs le faux pas de samedi Ă  Limbe, une victoire des Lions en Afrique du Sud est d’autant plus impĂ©rative que le classement devient trĂšs serrĂ© dans un groupe qualificatif oĂč rien n’est encore dĂ©finitivement acquis.
Le Snjc interpelle les entreprises retardataires sur les Elections des délégués du personnel

Rita DIBA
Régions - Littoral

« Le 7 avril prochain, les entreprises qui n’ont pas organisĂ© les Ă©lections de dĂ©lĂ©guĂ©s du personnel sont appelĂ©es au rattrapage par le ministre du Travail et de la SĂ©curitĂ© sociale.
Notre syndicat, qui est l’avant-garde de la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts des travailleurs des mĂ©dias, va Ă©ventuellement prendre les dispositions pour que la loi s’applique Ă  tout le monde. La meilleure possibilitĂ© qui se prĂ©sente Ă  nous est de porter plainte aux entreprises qui n’auront pas organisĂ© ces Ă©lections. » Denis Nkwebo, prĂ©sident du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc), a tenu hier 28 mars 2016 Ă  mettre en garde les organes de presse qui ne se conformeront pas.
C’était lors d’un point de presse donnĂ© Ă  Douala, au cours duquel le Snjc a tenu Ă  fĂ©liciter les structures ayant respectĂ© la date du 1er mars, entre autres Sopecam, Crtv, Le Jour, Mutations, Le Messager, Canal 2, Radio Balafon, Abk Tv
Une rencontre au cours de laquelle le Syndicat a Ă©galement, Ă  travers la dĂ©claration N°002/BEN/PN/SNJC/2016, donnĂ© sa position quant aux sanctions rĂ©cemment infligĂ©es par le Conseil national de la communication (Cnc) Ă  plusieurs mĂ©dias et journalistes.
La bouteille orange est rare

Jean Baptiste KETCHATENG
National - Economie

La pénurie semble générale dans le réseau du distributeur SCTM, qui aurait des difficultés financiÚres.
AttachĂ©e au porte-bagages de la motocyclette, la bouteille orangĂ©e a dĂ©jĂ  traversĂ© plusieurs quartiers au point de changer d’arrondissement. Le propriĂ©taire, assis sur la partie du siĂšge rĂ©servĂ©e au passager, raconte tranquillement sa peine : « Je suis parti de Deido vers BĂ©panda-MissokĂš Ă  la recherche d’un point de vente depuis hier (samedi, 26 mars 2016, ndlr)
 J’ai traversĂ© toute la zone de BĂ©panda, en vain. Je suis allĂ© jusqu’à Logpom oĂč on m’a indiquĂ© qu’une station-service pouvait encore disposer de rĂ©serves SCTM ». Toujours rien.
En ce dimanche de PĂąques, l’homme souffre de ne pouvoir faciliter les tĂąches mĂ©nagĂšres Ă  sa compagne faute de trouver un commerce qui lui vendrait une bouteille de 12 kilogrammes de gaz domestique. Il n’est pourtant pas seul Ă  se plaindre. VoilĂ  bientĂŽt huit semaines que certaines consommatrices notamment, ont « senti la pĂ©nurie », comme dit Madeleine Domche, fiĂšre d’avoir prĂ©vu le manque. « Quand j’ai voulu renouveler ma provision et qu’il n’y avait plus de gaz dans les boutiques au quartier, j’ai pris des dispositions », raconte cette mĂ©nagĂšre voisine de l’homme cherchant le butane Ă  moto et qui espĂšre trouver la prĂ©cieuse denrĂ©e Ă  une derniĂšre adresse, aprĂšs Ndokoti, vers Dakar, lui a-t-on dit.
Entre-temps, la carence s’est aggravĂ©e et cela ne semble pas servir de parcourir des dizaines de kilomĂštres pour acheter telle ou telle quantitĂ© de gaz vendu par SCTM. « La vĂ©ritĂ© est qu’il n’y a pas d’approvisionnement pour ceux qui ont ces bouteilles. Ça fait plus d’un mois que nous avons vendu la derniĂšre bouteille », assure un vendeur dans un commerce du petit marchĂ© de Logpom. Bien plus, explique-t-il, des livreurs lui ont dit que l’affaire concerne des relations entre grands opĂ©rateurs. Tout devrait revenir Ă  la normale, annonce-t-il. Justement, en octobre 2015, lors des traditionnelles rĂ©unions de concertations entre le ministre du Commerce et le groupement des professionnels du pĂ©trole (GPP), les difficultĂ©s financiĂšres de la SCTM ont clairement Ă©tĂ© posĂ©es, comme cause des pĂ©nuries incessantes de la marque. La sociĂ©tĂ© a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e comme Ă©tant surendettĂ©e au niveau de la production. Raison pour laquelle elle peine Ă  assurer la logistique, notamment la distribution et le recouvrement des emballages.
Etablissement d’actes d’état civil: les parlementaires Ă  la bonne Ă©cole

Jeanine FANKAM
National - Politique

Un atelier de sensibilisation s’ouvre Ă  leur intention mardi Ă  l’hĂ©micycle de Ngoa-EkellĂ©.
Mardi se tient Ă  l’hĂ©micycle de l’AssemblĂ©e nationale, un atelier visant l’implication des parlementaires dans la campagne de sensibilisation des populations sur la nĂ©cessitĂ© de se faire Ă©tablir des actes d’état civil. Outre les parlementaires, les personnalitĂ©s politiques en contact direct avec les populations sont concernĂ©es, car elles constituent des relais efficaces dans le cadre de leurs descentes sur le terrain et la proximitĂ© avec la cible.
Il a Ă©tĂ© constatĂ© qu’en dĂ©pit des rĂ©formes adoptĂ©es en matiĂšre d’état civil au Cameroun (le rallongement de dĂ©lai de dĂ©claration n’étant pas le moindre), le dĂ©ficit demeure dans l’établissement de ces actes. Une bonne frange de la population, du Nord au Sud, de l’Est Ă  l’Ouest, ignore l’importance de ces documents et donc, ne les Ă©tablit pas. Dieu sait leur importance dans le cours de la vie. Comment suivre une scolarisation normale sans acte de naissance ? Comment un ayant-droit peut-il prĂ©tendre Ă  un hĂ©ritage sans produire l’acte de dĂ©cĂšs de son parent ? Comment prouver son lien avec un Ă©poux sans acte de mariage ? Le dĂ©ficit de production s’est aggravĂ© dans certaines rĂ©gions du Cameroun avec la crise centrafricaine et les exactions menĂ©es par Boko Haram. Certains centres de production ont Ă©tĂ© vandalisĂ©s, d’autres submergĂ©s. Dans la quĂȘte de survie, des bons rĂ©flexes ont Ă©tĂ© abandonnĂ©s. Il est question de revenir aux bonnes pratiques en impliquant les hommes politiques et les Ă©lus du peuple. D’autant plus que les actes d’état civil constituent la principale source d’information permettant Ă  la puissance publique d’obtenir de maniĂšre fiable et continue des donnĂ©es sur les populations.
L’atelier de sensibilisation des parlementaires qui se tient ce jour se dĂ©cline en plusieurs thĂšmes de communication : l’importance de ces documents, le cadre juridique et la procĂ©dure d’établissement des actes d’état civil, l’intĂ©rĂȘt de la sensibilisation des populations. L’atelier est organisĂ© conjointement par l’AssemblĂ©e nationale et l’Ecole citoyenne et politique de YaoundĂ©.
Université panafricaine: la premiÚre promotion bientÎt sur le terrain

Yvette MBASSI BIKELE
National - Société

Le Pr Joseph Ntuda Ebode a expliquĂ© les enjeux de la sortie des laurĂ©ats de l’Institut gouvernance humanitĂ© et sciences sociales.
Les premiers Ă©tudiants de l’UniversitĂ© panafricaine, Institut gouvernance humanitĂ© et science sociale (PAUGHS), recevront leurs diplĂŽmes le 30 mars prochain Ă  YaoundĂ©. La cĂ©rĂ©monie se tiendra au palais des congrĂšs de YaoundĂ© en prĂ©sence de plusieurs encadreurs de cet institut et de son recteur par intĂ©rim, le Pr. Bealey Kassa. C’est ce qui ressort du point de presse qu’a donnĂ© le Pr Joseph Ntuda Ebode, directeur par intĂ©rim dans cette universitĂ©, mercredi dernier Ă  l’UniversitĂ© de YaoundĂ© II-Soa.
L’institution universitaire initiĂ©e par les chefs d’Etat du continent a pour but de valoriser l’esprit panafricain et faire en sorte que l’Afrique se sente fiĂšre de ses propres valeurs. Pour le Pr Joseph Ntuda Ebode, la cĂ©rĂ©monie de sortie des tout premiers laurĂ©ats du PAUGHS est une occasion Ă  la fois particuliĂšre et routiniĂšre. « Dans toutes les universitĂ©s qui ont une tradition de remise des diplĂŽmes, l’annĂ©e se termine par cette cĂ©rĂ©monie. Donc en soi, ce n’est pas une nouveautĂ© », a-t-il soutenu.
L’UniversitĂ© panafricaine dispose de branches dans toutes les rĂ©gions du continent. NigĂ©ria pour l’Afrique de l’Ouest, le Kenya pour l’Est, l’AlgĂ©rie pour le Nord, l’Afrique du Sud pour l’Afrique australe et le Cameroun pour le Centre. « La cĂ©rĂ©monie de YaoundĂ© vient aprĂšs celles de Nairobi au Kenya et d’Ibadan au NigĂ©ria. Elle prĂ©cĂšde ainsi celles qui vont se dĂ©rouler en AlgĂ©rie et plus tard en Afrique du Sud », a ajoutĂ© le Pr Ntuda Ebode. Au-delĂ  de l’institut dont les premiers Ă©tudiants seront demain sur le terrain, le Cameroun a aussi l’honneur d’abriter le siĂšge du rectorat continental. L’offre de formation de l’institution s’étend sur deux filiĂšres : le master en gouvernance et intĂ©gration rĂ©gionale dont le doctorat doit commencer en avril prochain Ă  l’universitĂ© de YaoundĂ© II-Soa, hĂŽte de l’institut. Et aussi, le master en traduction et le master en interprĂ©tation des confĂ©rences hĂ©bergĂ©s par l’UniversitĂ© de Buea.
Pour le dĂ©lĂ©guĂ© des Ă©tudiants Bernard Sakah, leurs trois annĂ©es de formation leur ont permis de s’outiller sur les questions de gouvernance. « C’est pourquoi nous pensons que nous sommes la gĂ©nĂ©ration qui va consolider le pont que nos chefs d’Etat, initiateurs de cet institution, ont construit pour l’unitĂ© et l’intĂ©gration inter rĂ©gionale du continent africain », a-t-il affirmĂ©.
Livres: l’amour, cĂŽtĂ© sombre

Elise ZIEMINE
National - Culture

Dans son roman « Une autre couleur du bonheur », Paule Auriane Ntchouadep raconte les pĂ©ripĂ©ties d’une famille pas comme les autres.
Une histoire Ă  couper le souffle. AgĂ©e de 17 ans, Tania, hĂ©roĂŻne du roman « Une autre couleur du bonheur » de Paul Auriane Ntchouadep, peut affirmer avoir tout vu. EncadrĂ©e par son oncle dans la rĂ©gion de l’Adamaoua, la petite fille n’avait pour seul dĂ©sir que de retrouver ses parents et ses trois sƓurs, Ă  Douala, dans le Littoral. Mais une fois sur place, le rĂȘve est brisĂ©. Sa famille vit dans une vieille bĂątisse. La misĂšre empĂȘche l’éducation de ses sƓurs. C’est avec la vente des beignets que la mĂšre nourrit la famille. Le pĂšre, fauchĂ© et diminuĂ© par la maladie, ne brille que par les injures. Il traite ses filles de bĂątardes, de trainĂ©es sans cervelle ou de « mamba vert ». Tania est choquĂ©e par ce pĂšre qu’elle a tant aimĂ©.
En 289 pages rĂ©parties en 19 chapitres, le roman de Paul Auriane Ntchouadep, paru aux Ă©ditions ProximitĂ© est plein de rebondissements. Tout bascule en effet pour cette famille le jour oĂč Oncle Zowa, le petit frĂšre de leur pĂšre arrive. Des rĂ©vĂ©lations sont faites sur le vĂ©ritable gĂ©niteur de la famille. Des Ă©vĂ©nements aussi dĂ©stabilisants qu’étranges s’enchaĂźnent alors pour les membres de cette famille qui ont dĂ©jĂ  encaissĂ© plein de coups. Entre aveux tragiques, expulsion du domicile familial et accueil chez un voisin qui leur Ă©vite de dormir Ă  la belle Ă©toile, Tania se rĂ©volte.
Page aprĂšs page, l’ouvrage dĂ©taille la galĂšre de cette famille. Le sourire reviendra sur le visage de la petite Tania grĂące au plus puissant des sentiments : l’amour. Et si ce rĂ©confort qu’elle n’a jamais connu par les liens du sang se trouvait finalement auprĂšs d’un homme ? L’idylle entre l’hĂ©roĂŻne et son professeur de philosophie en classe de Terminale naĂźt bien vite, grandit, s’épanouit avant de se briser Ă  nouveau. Un malheur en appelant un autre, le deuil frappe sa famille. Sa sƓur Amavie meurt. La vie offre bien d’autres surprises dĂ©sagrĂ©ables Ă  Tania et Ă  ses sƓurs, qui s’installent au village et hĂ©bergent « ce mari et pĂšre » qui les avait jetĂ©es Ă  la rue. Tout n’est pas si noir. Au final, Tania revient Ă  Douala, poursuivre ses Ă©tudes Ă  l’universitĂ©, et reprend son histoire d’amour lĂ  oĂč elle s’était arrĂȘtĂ©e. C’est peut-ĂȘtre ce que l’auteur appelle, une autre couleur du bonheur.
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Cameroon Tribune du mercredi, 30 mars 2016.
APE régional: rendez-vous pris en juin

Rita DIBA
Afrique - Economie

AprĂšs Douala, la sĂ©rie de travaux d’experts va se poursuivre en avril Ă  Brazzaville puis en mai Ă  Sao TomĂ© avant le conclave des ministres le mois suivant pour fixer les termes de l’accord.
« Dans notre rĂ©gion (les six pays-membres de la CEMAC plus Sao TomĂ© et Principe et la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, ndlr), seul le Cameroun dispose d’un accord d’étape ». Ces paroles de Pascal Youbi-Lagha, commissaire du dĂ©partement du MarchĂ© commun Ă  la Commission de la CEMAC, prĂ©sident du ComitĂ© rĂ©gional de coordination des nĂ©gociations APE, laissent Ă  penser que le Cameroun devra jouer un rĂŽle important dans les trois assises dĂ©cisives avant la rĂ©union des ministres de la rĂ©gion (encore appelĂ©e Configuration Afrique centrale) en juin prochain. RĂ©union qui devra en principe voir les termes de l’APE rĂ©gional complet fixĂ©s. Il faut donc rappeler que la 38e session du ComitĂ©, qui s’est ouverte le 23 mars, pour s’achever hier 29 mars 2016, n’est que la premiĂšre Ă©tape avant Brazzaville et Sao TomĂ©, sur la route de la finalisation des termes de l’accord.
Ainsi les experts de la rĂ©gion ont notamment travaillĂ© sur les instruments d’échange, sur la base des orientations du comitĂ© ministĂ©riel des nĂ©gociations APE, au terme des 13e assises de fĂ©vrier dernier Ă  Libreville au Gabon. Orientations qui Ă©taient liĂ©es au commerce des marchandises, au projet du texte de l’accord. Il avait donc Ă©tĂ© question de la mise en place d’une offre d’accĂšs au marchĂ© de l’Afrique centrale, Ă©tant donnĂ© que le degrĂ© d’ouverture du marchĂ© et les mesures d’accompagnement de la CEMAC n’avaient toujours pas trouvĂ© un accord. Il s’agissait aussi de l’actualisation de la base des donnĂ©es statistiques du commerce qui date de 2011 Ă  2013, etc.
Et il est donc question pour la Configuration, avec la sĂ©rie de rĂ©unions des experts et la rencontre des ministres, de parvenir Ă  un document final Ă  prĂ©senter Ă  la partie en face, avant l’entrĂ©e en vigueur le 4 aoĂ»t prochain de l’accord d’étape signĂ© entre le Cameroun et l’Union europĂ©enne. L’Union europĂ©enne qui semble vouloir considĂ©rer l’accord d’étape de l’Etat camerounais comme document de rĂ©fĂ©rence pour des Ă©changes avec la rĂ©gion, comme l’affirmait en juillet 2014 Karel De Gucht, alors commissaire au Commerce de l’UE, Ă  la suite de la ratification de ce partenariat : « L’accord de partenariat Ă©conomique avec le Cameroun ouvre une nouvelle Ăšre dans les relations entre l’UE et l’Afrique centrale (...) J’encourage trĂšs vivement les autres pays de la rĂ©gion Ă  rejoindre le Cameroun dans l’APE UE-Afrique centrale afin de construire un partenariat adaptĂ© aux objectifs de dĂ©veloppement de l’Afrique centrale».
DĂ©cĂšs de quintuplĂ©s Ă  l’HĂŽpital central de YaoundĂ©: le directeur ouvre une enquĂȘte administrative

Yvette MBASSI-BIKELE
National - Société

Il s’agit d’identifier les infirmiĂšres accusĂ©es de malveillance Ă  l’égard de dame Nshi Honorine, mĂšre des quintuplĂ©s.
Depuis la survenue de l’incident, la semaine derniĂšre, sieur Alfred Nkimih, Ă©poux et pĂšre des enfants de Nshi Honorine, n’en dĂ©mord pas. Joint au tĂ©lĂ©phone, il accuse : « Ma femme a Ă©tĂ© moquĂ©e par des infirmiĂšres qui lui ont avancĂ© plein de mĂ©chantes paroles, alors mĂȘme qu’elle avait besoin de consolation. De plus, il y en a une qui a requis et obtenu 15 000 F de la sƓur de ma femme, pour des soins censĂ©s gratuits ». PassĂ© le dĂ©cĂšs de leurs enfants, les Nkimih se disent encore choquĂ©s par « ces comportements dĂ©placĂ©s » de deux infirmiĂšres particuliĂšrement.
C’est donc pour apaiser le couple et restaurer sa dignitĂ© qu’une rĂ©union s’est tenue lundi 28 mars dernier Ă  l’hĂŽpital central. Y prenaient part, le directeur de l’institution, Pr Joseph Pierre Fouda, et ses principaux collaborateurs, de mĂȘme qu’Alfred Nkimih. De source introduite, son Ă©pouse aurait choisi de ne pas participer Ă  cette rencontre pour des « raisons psychologiques ». Au terme de ces assises, il a Ă©tĂ© essentiellement retenu que les deux infirmiĂšres incriminĂ©es Ă©coperont de « sanctions exemplaires » une fois identifiĂ©es par les victimes, et les faits Ă©tablis. « Nous avons invitĂ© M. Nkimih Ă  ramener son Ă©pouse et sa belle-sƓur au sein de l’hĂŽpital pour ce processus d’identification. Nous les attendons et nos enquĂȘtes se poursuivent en interne », a expliquĂ© le Pr Fouda joint au tĂ©lĂ©phone, mardidans la matinĂ©e.
Bafoussam: un corps en état de décomposition dans un hÎtel

Gibrile KENFACK TSABDO
National - Société

Hugo Varil Fotso, 21 ans, a Ă©tĂ© dĂ©couvert raide mort sur son lit d’hĂŽtel lundi par le rĂ©ceptionniste.
Le corps sans vie d’Hugo Varil Fotso, 21 ans, a Ă©tĂ© retrouvĂ© en Ă©tat de dĂ©composition dans un hĂŽtel de la place. La dĂ©couverte a Ă©tĂ© faite autour de 11h par le rĂ©ceptionniste en poste, Fabrice Fonka. « C’est au cours du mĂ©nage que j’ai notĂ© une odeur peu ordinaire qui Ă©touffait », explique-t-il.
Hugo Varil est arrivĂ© Ă  l’hĂŽtel le vendredi 25 mars vers 20h11mn, en provenance de BangangtĂ©. « Il a pris une chambre pour trois jours. Le mĂȘme jour, il est sorti. TrĂšs tĂŽt le lendemain (samedi 26 mars ; ndlr), il est encore sorti. AprĂšs, on ne l’a plus vu », ajoute notre interlocuteur. Aucune trace de bagarre n’a Ă©tĂ© notĂ©e dans sa chambre. Dans ses effets personnels, il y avait sa CNI, son acte de naissance, son passeport ainsi que des fascicules. Il n’a laissĂ© aucun mot.
AlertĂ©, le commissaire Oumarou, chef de la division rĂ©gionale de la police judiciaire de l’Ouest, est descendu sur le terrain avec ses Ă©lĂ©ments, accompagnĂ© d’un mĂ©decin-lĂ©giste pour les constatations d’usage. Au cours de l’exploitation du tĂ©lĂ©phone du dĂ©funt, il est ressorti qu’il serait pensionnaire de la KSA (Kadji Sport Academy) Ă  Douala. Ses parents ont Ă©galement Ă©tĂ© contactĂ©s par les forces de l’ordre pour que le corps soit mis Ă  leur disposition. Une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte pour en savoir davantage sur les causes de cette mort.
Centrafrique: le grand jour pour Touadéra

Sainclair MEZING
Afrique - Politique

Le prĂ©sident Ă©lu sera investi ce mercredi au cours d’une cĂ©rĂ©monie officielle Ă  Bangui.
Ce mercredi marque un tournant dĂ©cisif dans l’histoire de la RĂ©publique centrafricaine. Le pays de BarthĂ©lĂ©my Boganda referme ce 30 mars une page de la Transition ouverte en mars 2013, suite au renversement de François BozizĂ© par Michel Djotodia, qui avait plongĂ© le pays tout entier dans une guerre civile sans prĂ©cĂ©dant. Vainqueur Ă  l’issue du second tour de l’élection prĂ©sidentielle le 31 janvier dernier face Ă  Anicet-Georges DologuĂ©lĂ©, Faustin Archange TouadĂ©ra, 58 ans, sera officiellement investi au complexe BarthĂ©lĂ©my Boganda, une enceinte de 20 000 places situĂ©e en plein cƓur de la capitale. AprĂšs deux annĂ©es passĂ©es Ă  la tĂȘte de la Transition, Catherine Samba-Panza passe la main ce mercredi avec la fiertĂ©, selon elle, d’avoir servi son pays au moment le plus difficile de son histoire.
Pour rendre la fĂȘte belle et Ă©viter toute fausse note, un ensemble de mesures ont Ă©tĂ© prises. Au plan sĂ©curitaire, un dispositif multicolore Ă  l’image de celui dĂ©ployĂ© lors de la visite du pape François en novembre dernier a Ă©tĂ© mis sur pied. Aux cĂŽtĂ©s des casques bleus de la Mission multidimensionnelle intĂ©grĂ©e des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), policiers et gendarmes locaux apportent leur soutien. Pour redonner fiĂšre allure Ă  Bangui, une vaste opĂ©ration d’assainissement a Ă©tĂ© initiĂ©e. BaptisĂ©e «Ville propre», elle a consistĂ© Ă  donner Ă  la capitale centrafricaine un visage plus reluisant. Ainsi, la principale porte d'entrĂ©e des hĂŽtes de marque allant du PK0 jusqu'Ă  l'aĂ©roport Bangui M'Poko, les avenues de l'IndĂ©pendance, ainsi que les diffĂ©rents dĂ©membrements de Bangui ont Ă©tĂ© embellis. Le comitĂ© d’organisation et la municipalitĂ© ont Ă©galement bĂ©nĂ©ficiĂ© du soutien de nombreux volontaires et l’Organisation des mamans centrafricaines pour le dĂ©veloppement (OMCD), une organisation nationale, dans le dĂ©sherbage, le ramassage des ordures et le badigeonnage des monuments. «La ville de Bangui doit prĂ©senter une image qui reflĂšte l'envergure de cet Ă©vĂšnement», a laissĂ© entendre Jeannette Santili, coordonnatrice de l’OMCD.
CĂŽtĂ© hĂ©bergement, le comitĂ© d’organisation prĂ©sidĂ©e par l’ancienne ministre de la DĂ©fense, Marie-NoĂ«lle Koyara, dit avoir pris toutes les dispositions nĂ©cessaires pour loger les 150 chefs d’Etat, de gouvernement et de dĂ©lĂ©gations attendus Ă  cette cĂ©rĂ©monie.
Eau potable: le projet Sanaga se met en place

Félicité BAHANE N.
National - Economie

Le ministre de l’Eau et de l’Energie a visitĂ© le site mardi Ă  Batchenga.
Visite de chantier mardi Ă  Batchenga. Basile Atangana Kouna, ministre de l’Eau et de l’Energie (MINEE) Ă©tait sur le site du Projet d’alimentation en eau potable de la ville de YaoundĂ© et ses environs Ă  partir du fleuve Sanaga (PAEPYS). Occasion de constater que les travaux prĂ©paratoires sont en phase terminale. Il s’agit de l’indemnisation d’une partie de populations vivant sur l’emprise du projet (Nachtigal, Emana-Batchenga, Nkometou III), lesquelles ont d’ailleurs dĂ©guerpi les lieux depuis des mois. Il s’agit aussi de la base-vie du chantier, en cours d’installation et du site de construction de la station de prise d’eau, sis au bord du fleuve Ă  Nachtigal, dĂ©jĂ  terrassĂ© et prĂȘt Ă  l’emploi. « Les travaux proprement-dits, marquant le dĂ©but effectif du projet dĂ©marreront entre juillet et septembre 2016, avec la pose de la conduite d’eau. A cette Ă©chĂ©ance, toutes les autres populations seront indemnisĂ©es et on pourra alors compter 36 mois pour que l’eau de la Sanaga coule dans les robinets Ă  YaoundĂ©, Nkometou, Batchenga, Ntui et ailleurs », a assurĂ© le MINEE.
L’assurance du ministre provient du fait que « tous les aspects administratifs et financiers ont enfin Ă©tĂ© rĂ©glĂ©s ». L’on sait que la rĂ©alisation du PAEPYS, conçu pour produire 300 000 m3 d’eau par jour, extensible Ă  400 000 m3/j, est estimĂ©e Ă  399 milliards de FCFA. Le projet est cofinancĂ© par la RĂ©publique populaire de Chine Ă  hauteur de 85% et la RĂ©publique du Cameroun, 15%. Selon Basile Atangana Kouna, « l’Etat du Cameroun a dĂ©jĂ  Ă  ce jour transfĂ©rĂ© sa part, soit 59 milliards de FCFA en Chine pour couvrir les fonds de contrepartie et d’assurance ». C’est dire que les problĂšmes financiers, que ce soit pour les indemnisations du reste de la population (Nyom II et YaoundĂ©) ou pour l’acquisition d’équipements ne devraient plus se poser. L’entreprise chinoise SINOMACH, installĂ©e Ă  YaoundĂ© de façon permanente depuis septembre 2014, s’active pour sa dĂ©localisation sur la base vie du chantier, afin de dĂ©buter les travaux qui se feront par Ă©tapes. D’abord la construction de la station de prise d’eau Ă  Nachtigal, puis l’usine de traitement Ă  Emana-Batchenga, sis Ă  4,5 Km du fleuve. Suivront tour Ă  tour les stations de pompage de Nkometou et de Nyom, puis le rĂ©servoir de Ndindan, sur les hauteurs du mont FĂ©bĂ© Ă  YaoundĂ©. Une cĂ©rĂ©monie de pose de la premiĂšre pierre du projet est en vue et les travaux prĂ©paratoires Ă  cet Ă©vĂšnement sont en cours.
Pour mĂ©moire, la convention de financement du PAEPYS a effectivement Ă©tĂ© signĂ©e le 29 janvier 2015 et sa mise en vigueur prononcĂ©e par correspondance de Eximbank-China le 18 janvier 2016. AprĂšs 36 mois de travaux, l’eau de la Sanaga devrait couler dans les robinets de YaoundĂ©, en juillet 2019.
Eliminatoires CAN 2017: les Lions, tiennent bon

AngĂšle BEPEDE
Afrique - Sport

Les Camerounais ont assurĂ© l’essentiel aprĂšs le match nul (0-0) contre l’Afrique du Sud Ă  Durban lors de la quatriĂšme journĂ©e de ce tournoi.
Les Camerounais ont fait match nul (0-0) Ă  Durban contre l'Afrique du Sud en quatriĂšme journĂ©e des qualifications de la CAN, Gabon 2017. Premiers changements de Hugo Broos et un groupe qui veut faire du jeu. Le sĂ©lectionneur a optĂ© pour un 4-3-3, un systĂšme, pas commun chez les Camerounais mais qui a permis de conserver le match nul. Broos voulait de la vivacitĂ©, plus vite que l’adversaire. Les joueurs ont tant bien que mal essayĂ© mĂȘme si cela n’a pas marchĂ© Ă  tous les coups. Vincent Aboubacar, capitaine en lieu et place de StĂ©phane Mbia. C’est l’une des grosses surprises de ces changements annoncĂ©s par Hugo Broos puisque StĂ©phane Mbia a dĂ©butĂ© tous les matchs des Lions depuis septembre 2014. Le sĂ©lectionneur recherchait de la vivacitĂ©, mais il l’a eue Ă  dose moyenne. On a vu un groupe qui ne prenait pas assez de responsabilitĂ©s, des joueurs qui se couvraient mĂȘme s’ils Ă©taient quelquesfois courts. Il y avait de la communication, elle aussi Ă  dose moyenne. On aurait presque dit que les joueurs Ă©taient lĂ  pour un autre match nul aprĂšs le 2-2 Ă  LimbĂ© le 26 mars dernier.
Dans les buts, Joseph Fabrice Ondoa, qui communique suffisamment avec ses dĂ©fenseurs notamment, a su faire comprendre Ă  l’adversaire qu’il est le maĂźtre. On l’a vu crier sur eux, question de gagner en confiance et peut-ĂȘtre de faire respecter son espace. Des bons points pour ce groupe dont la mise sur pied prendra probablement du temps. Et ce soir, l’homme du match, malgrĂ© la grosse rencontre de Joseph Fabrice Ondoa, c’est assurĂ©ment Adolphe Teikeu. Le capitaine de Sochaux en France. Il a remplacĂ© en dĂ©fense centrale, Nicolas Nkoulou, lui aussi maĂźtre Ă  ce poste. Mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’est montrĂ© intraitable. Une grosse compĂ©tition s’ouvre donc Ă  ce poste puisque convoquĂ© quatre fois avec les Lions, Adoplhe Teikeu n’a pas déçu pour sa premiĂšre titularisation. De son cĂŽtĂ©, StĂ©phane Mbia, sur le banc, a su garder la tĂȘte haute. On l’a vu encourager ses coĂ©quipiers pendant l’échauffement, suivre des moments cruciaux et reprendre. Mais le milieu de terrain s’est avĂ©rĂ© peu convaincant, un gros point Ă  rĂ©soudre pour la suite.
Des changements, mais un groupe qui n’a pas su convaincre encore une fois. Normal pour certains, c’est le deuxiĂšme match de Hugo Broos et il a composĂ© avec les plus prĂ©sents lors des trois derniĂšres sorties des Lions. Contre la Mauritanie, prochain adversaire des Camerounais et deuxiĂšme du groupe avec Sept points (match nul contre la Gambie), ça s’annonce compliquĂ©. MĂȘme si les Lions gardent la tĂȘte de ce groupe alors que la Gambie elle, est maintenant hors course.
Pluies: premiers gros dégùts

Jean Baptiste KETCHATENG
Régions - Littoral

Douala est passĂ©e de l’averse Ă  de grosses prĂ©cipitations accompagnĂ©es d’agressifs mouvements d’air.
Comme prĂ©vu par les services de la mĂ©tĂ©orologie deux semaines plus tĂŽt, la petite saison des pluies actuelle produit de violents phĂ©nomĂšnes climatiques Ă  Douala. Aux premiĂšres heures de ce mardi 29 mars 2016, une grande pluie s’est dĂ©clenchĂ©e dans le ciel de la capitale du Littoral et ses environs, causant immĂ©diatement des dĂ©gĂąts. « Les volets de ma maison n’étaient pas correctement fermĂ©s. Ils ont Ă©tĂ© battus par les vents qui soufflaient dans tous les sens », explique Marcel Tio, habitant de Douala V. Il a eu plus de chance que ceux qui ont vu des vitres de fenĂȘtres voler en Ă©clats, pulvĂ©risĂ©es par des objets transportĂ©s dans le courant d’air.
Sur le boulevard de Makepe Ă  Logpom, une plaque de publicitĂ© gĂ©ante a carrĂ©ment Ă©tĂ© arrachĂ©e de sa base. CouchĂ©e entiĂšrement sur le sol, personne ne peut plus admirer le joli minois de la Miss Cameroun ValĂ©rie Ayena qui y vante l’éloge de certains produits cosmĂ©tiques. Au pied des immeubles de Kotto, dans un ravin dĂ©jĂ  signalĂ© comme dangereux, les flots ont largement entamĂ© les dĂ©pĂŽts de terre et de pierres disposĂ©s pour soutenir une canalisation gĂ©ante sous la route. Les travaux de rĂ©habilitation de l’énorme boyau de bĂ©ton ont nĂ©anmoins globalement rĂ©sistĂ©.
A Bonabassem, dans le premier arrondissement, le drain principal qui longe le quartier est sorti de son lit. « J’habite une maison Ă  Ă©tage et je suis sous la dalle. Je n’ai pas mesurĂ© la durĂ©e de la pluie du matin et quand j’ai mis le nez dehors, je me suis trouvĂ© encerclĂ© par les eaux. Il n’y avait pas moyen de sortir. J’ai quittĂ© la maison deux heures aprĂšs l’heure habituelle », commente un habitant du coin. De fait, il n’aura pas notĂ© que la pluie a commencĂ© par des grondements dans le ciel et des Ă©lĂ©ments dĂ©chaĂźnĂ©s peu avant 3h du matin.
A Douala II, par endroits, l’eau a comme souvent dĂ©bordĂ© ses espaces de passage pour se retrouver dans les rues de New Bell et Ngangue.
Et dans quelques parties du trĂšs chic Bonapriso, dans le premier arrondissement. Plus grave peut-ĂȘtre, l’inondation subie par les riverains du Kondi, Ă  Douala III, dans la petite vallĂ©e qui sĂ©pare Logbaba des hauteurs de la citĂ© des Palmiers et Ă  BonabĂ©ri, de l’autre cĂŽtĂ© du Wouri, dans le quatriĂšme arrondissement. « Les enfants qui vont encore Ă  l’école Ă©taient coincĂ©s au bord de la route. Avec ma voiture, j’ai dĂ» faire plusieurs fois demi-tour pour trouver une voie de sortie du quartier », tĂ©moigne un habitant de BonabĂ©ri.
Guerre contre Boko Haram: le moral des troupes est bon

Joël MAMAN
National - Politique

Le chef d’état-major des armĂ©es, le gĂ©nĂ©ral de corps d’armĂ©es RenĂ© Claude Meka vient d’effectuer une visite d’inspection Ă  l’ExtrĂȘme-Nord.
Du 23 au 25 mars 2016 dernier, le chef d’état-major (CEMA), le gĂ©nĂ©ral de corps d’armĂ©es RenĂ© Claude Meka, a effectuĂ© une visite d’inspection qui l’a conduit dans les localitĂ©s de Mora, Maltam et Maga. Il Ă©tait accompagnĂ© du gĂ©nĂ©ral de division Baba SoulĂ©, chef d’état-major de l’armĂ©e de terre, du gĂ©nĂ©ral de brigade Mahamat Ahmed Kotoko, commandant le Corps national des sapeurs-pompiers, sans oublier les gĂ©nĂ©raux de brigade : Jacob Kodji, commandant de la RMI4 et Bouba DobĂ©krĂ©o, commandant du 1er secteur de la FMM. Ils sont allĂ©s au front Ă©valuer l’état d’esprit des troupes aprĂšs les multiples assauts contre les terroristes Boko Haram. De retour de cette mission, le CEMA, visiblement satisfait, a dit qu’il a rencontrĂ© des « hommes au moral haut. Ils sont dĂ©terminĂ©s Ă  en dĂ©coudre avec Boko Haram ».
Dans ses propos aprĂšs cette visite d’inspection, le CEMA n’a pas manquĂ© de faire des remarques. Il ressort de ses propos que dĂšs le dĂ©but de la guerre contre Boko Haram, les terroristes avaient menĂ© des actions conventionnelles. Malheureusement, pour eux, ils ont subi des dĂ©faites trĂšs importantes en matĂ©riels et en personnels. Ayant perdu la guerre conventionnelle, ils ont choisi de rĂ©agir par la terreur en procĂ©dant par des explosions au sein de la population, des assassinats ciblĂ©s, des pillages et en brĂ»lant les habitations. « Affaibli, l’ennemi a choisi de mener des actions asymĂ©triques. D’oĂč la complexitĂ© de la guerre ; car dans cette option, il faut ĂȘtre bien renseignĂ© et avoir le soutien de la population. Et heureusement, c’est ce qui se passe jusqu’ici », a prĂ©cisĂ© le CEMA. Le peuple camerounais Ă  travers un Ă©lan de solidaritĂ© en faveur des soldats a rĂ©agi dans ce sens, ce qui permet de contenir l’ennemi. D’aprĂšs le gĂ©nĂ©ral de corps d’armĂ©es, RenĂ© Claude Meka, cette guerre semble s’inscrire dans la durĂ©e, c’est pourquoi plusieurs perspectives sont en vue. Avant de quitter la rĂ©gion de l’ExtrĂȘme-Nord, vendredi dernier, le CEMA a prĂ©sidĂ© une cĂ©rĂ©monie de remise de mĂ©dailles de la vaillance Ă  l’ordre des armĂ©es Ă  24 personnels des forces de dĂ©fense engagĂ©es dans l’opĂ©ration Emergence 4.
Foumbot: un lycéen retrouvé pendu

Gibrile KENFACK TSABDO
National - Société

Le corps sans vie d’Abdel Njifon, 12 ans, a Ă©tĂ© dĂ©couvert au bout d’une corde jeudi dernier. La piste d’un meurtre dĂ©guisĂ© est Ă©voquĂ©e.
Les habitants du quartier Njintcha, lieu-dit Carrefour dans l’arrondissement de Foumbot, se sont rĂ©veillĂ©s dans la stupeur jeudi dernier. AmeutĂ©s par des enfants qui ont dĂ©couvert Abdel Njifon, 12 ans, pendu au bout d’un goyavier Ă  l’aide d’une corde. Le dĂ©funt Ă©tait Ă©lĂšve en classe de 6Ăš au lycĂ©e de Njintcha.
La dĂ©pouille a Ă©tĂ© retrouvĂ©e Ă  50 mĂštres de leur domicile familial. Orphelin de mĂšre, Abdel Njifon a Ă©tĂ© vu pour la derniĂšre fois le 22 mars dernier. Il s’était rendu au champ ce jour-lĂ  avec son pĂšre, Ousmanou Fewou, enseignant Ă  la retraite et actuellement employĂ© dans une compagnie d’assurance de la place. A son retour, il est allĂ© porter des briques pour avoir un peu d’argent. Ce qui n’a pas plu Ă  son pĂšre qui lui a promis une bastonnade.
Selon les voisins, il a mis sa menace Ă  exĂ©cution. Le nƓud de la corde qui entourait le cou du lycĂ©en Ă©tait trĂšs serrĂ© et ne peut pas avoir Ă©tĂ© nouĂ© par un jeune de son Ăąge, confient-elles.
InformĂ©, le sous-prĂ©fet de Foumbot, accompagnĂ© du procureur de la RĂ©publique et des FMO, est descendu sur les lieux. AprĂšs constat, le corps a Ă©tĂ© remis Ă  la famille pour inhumation. Une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte pour en savoir un peu plus sur cette affaire.
Hîpitaux: comment on gùre l’hygiùne

SorĂšle GUEBEDIANG Ă  BESSONG
National - Société

Pendant que certaines formations sanitaires nĂ©gligent ce volet important, d’autres font de leur mieux pour assurer la propretĂ©.
S’il est un aspect que les patients redoutent quand ils se rendent dans un hĂŽpital, c’est celui de l’hygiĂšne. Dans certaines formations hospitaliĂšres, la crasse, les toiles d’araignĂ©e, les poubelles pleines et les odeurs Ă©manant des toilettes ont Ă©lu domicile. « Je me suis rendu dans une clinique au quartier Elig-Essono Ă  YaoundĂ©, et je vous avoue que l’intĂ©rieur laisse Ă  dĂ©sirer. Le personnel sanitaire n’a aucune notion d’hygiĂšne. Les murs et les carreaux du sol ont perdu de leur Ă©clat faute d’entretien », se souvient Isidore Evina. « C’est un aspect qui n’est pas pris en compte. Vous imaginez que dans un grand hĂŽpital de la place, pendant que vous attendez qu’on sorte votre dossier, de fortes odeurs venant des toilettes Ă  proximitĂ© vous mettent mal Ă  l’aise ? Pourtant, les agents d’entretien devraient y effectuer plusieurs tours pour se rassurer que tout est bien propre », poursuit un malade venu se faire consulter. Dans les salles d’hospitalisation, le scĂ©nario est le mĂȘme. Surtout que les malades partagent la mĂȘme salle d’eau. « C’est un calvaire Ă  l’idĂ©e d’aller se soulager. On n’y trouve aucun dĂ©sodorisant ni de l’eau de javel », confie un malade dans un hĂŽpital de rĂ©fĂ©rence. En dehors de ces cas, il y a quelques exceptions.
A l’hĂŽpital gynĂ©co-obstĂ©trique et pĂ©diatrique de YaoundĂ© (HGOPY), le service d’hygiĂšne nettoie le sol de tous les services Ă  grande eau. « Nous faisons l’entretien lorsque tous les malades sont partis. Cela Ă©vite que le sol soit sali avec les va-et-vient des usagers en journĂ©e », explique AdĂšle H. « C’est un volet important chez nous. Nous avons un service d’hygiĂšne hospitalier qui s’occupe de l’entretien de l’intĂ©rieur et de l’extĂ©rieur. Pour nous dĂ©barrasser de nos dĂ©chets hospitaliers, nous avons un incinĂ©rateur et pour ce qui est des dĂ©chets mĂ©nagers, nous travaillons en sous-traitance avec la sociĂ©tĂ© HYSACAM Ă  travers l’entreprise SECA qui vide nos bacs Ă  ordures deux fois par semaine », assure le Pr. Fru Angwafor III, directeur de cette formation hospitaliĂšre.
Le scĂ©nario est presqu’identique Ă  l’hĂŽpital gĂ©nĂ©ral de YaoundĂ© (HGY). « Nous disposons d’un systĂšme qui s’occupe essentiellement de ce volet. Les techniciens de surface qui sont des personnels recrutĂ©s par l’hĂŽpital et formĂ©s par l’hygiĂ©niste sont chargĂ©s de l’entretien des sols avec de l’eau mĂ©langĂ©e aux antiseptiques pour Ă©viter de faire prospĂ©rer la flore bactĂ©rienne. Ils s’occupent aussi des vidanges, du tri des ordures issues des soins et des poubelles », explique Abdon Bipe, chef de service adjoint Nursing Ă  l’ HGY. « Dans les salles d’hospitalisation et les urgences tout comme en consultation, le nettoyage se fait tous les jours ceci sous le contrĂŽle des chefs de service et des majors », indique notre interlocuteur. Celui-ci relĂšve que cet entretien a un prix. « Ça coĂ»te cher puisqu’il faut renouveler le matĂ©riel rĂ©guliĂšrement Ă©tant donnĂ© qu’il est beaucoup sollicitĂ©. A cela s’ajoute l’achat des savons, antiseptiques, etc. C’est tout un budget puisqu’à cela s’ajoute l’incivisme des usagers », conclut-il.