Cameroon Tribune
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Le Quotidien national 🇹đŸ‡Č bilingue đŸ‡«đŸ‡·đŸŽó §ó ąó „ó źó §ó ż.

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Une voie de contournement en vue

Evenements
Félicité BAHANE N.

Le ministre des Travaux publics Ă©tait de nouveau Ă  Matomb hier, oĂč les ingĂ©nieurs Ɠuvraient Ă  l’élargissement de la voie.

Il Ă©tait 12h 55, samedi dernier, lorsque la circulation a Ă©tĂ© rĂ©tablie sur la nationale N°3. Le ministre des Travaux publics (MINTP) et ses ingĂ©nieurs avouent eux-mĂȘmes que cette promptitude relĂšve d’un exploit, Ă  saluer Ă  sa juste valeur. Mais il va falloir faire plus. D’oĂč la nouvelle descente d’Emmanuel Nganou Djoumessi et ses collaborateurs sur le terrain, hier dimanche. « Il est question d’apprĂ©cier le comportement de l’ouvrage provisoire qui a Ă©tĂ© rapidement amĂ©nagĂ© pour permettre la circulation entre les deux importantes mĂ©tropoles. Et indiquer les mesures complĂ©mentaires qu’il faut dĂ©jĂ  entreprendre pour maintenir la circulation quand les travaux dĂ©finitifs vont s’amorcer », a expliquĂ© le ministre.
Sur le lieu de l’effondrement, la dĂ©lĂ©gation du MINTP a retrouvĂ© un chantier en pleine activitĂ©, de soudure notamment. L’on apprend que ce dĂ©ploiement vise Ă  Ă©largir l’ouvrage, de sorte que la circulation se fasse dans les deux sens. Aussi, « allons-nous crĂ©er une dĂ©rivation juste Ă  cĂŽtĂ©, oĂč sera redirigĂ©e la circulation le temps de reconstruire un ouvrage dĂ©finitif sur le lieu de l’effondrement », prĂ©cise Guy Ondoa, dĂ©lĂ©guĂ© rĂ©gional du MINTP pour le Centre. AprĂšs avoir fait le tour de l’édifice en cours de consolidation, Emmanuel Nganou Djoumessi a donnĂ© des instructions visant Ă  accĂ©lĂ©rer les travaux et fluidifier davantage la circulation.
La dĂ©lĂ©gation ministĂ©rielle est allĂ©e par la suite apprĂ©cier une voie de contournement identifiĂ©e dans la localitĂ©, « question de disposer d’un itinĂ©raire complĂ©mentaire qui sera utile en cas de souci sur l’axe principal », selon le ministre. Cette voie de contournement partira donc du carrefour Matomb vers la ville du mĂȘme nom, pour ressortir sur la nationale N°3 au lieu-dit Ngoung, en passant par Matomb-village et NkogbĂ©a. Il s’agit d’un tracĂ© de 18,2 km, bitumĂ© sur un peu plus d’un kilomĂštre seulement. Les travaux d’amĂ©nagement devront dĂ©buter dans les cinq jours maximum, selon les instructions du MINTP donnĂ©es Ă  l’entreprise chinoise CFHEC, dĂ©signĂ©e pour ce chantier. Les travaux Ă  faire vont consister Ă  « faire des remblais et crĂ©er une chaussĂ©e avec un niveau de service confortable », a indiquĂ© le dĂ©lĂ©guĂ© rĂ©gional du MINTP.
Ebeny Donald Wesley: le beat immortel

Culture
Rita DIBA

Le batteur, inhumé samedi à Douala, a été décoré à titre posthume par le ministre des Arts et de la Culture.

Ebeny Donald Wesley est immortel. Peut-ĂȘtre pas par ses chairs, mais bien par ses Ɠuvres. Lui le dĂ©sormais Chevalier de l’Ordre national de la Valeur pour l’éternitĂ©. Lui qui par sa batterie funk, vivante et Ă©nergique comme son propriĂ©taire, a changĂ© la face du monde musical camerounais il y a plus de 30 ans. Jusqu’aujourd’hui. L’illustre musicien dĂ©cĂ©dĂ© le 19 septembre dernier, par sa dĂ©pouille, a rejoint les profondeurs de la terre de ses ancĂȘtres samedi 22 octobre 2016, jour de son inhumation au cimetiĂšre Njo Njo Ă  Douala. Alors que son esprit lui s’élevait pour toujours au panthĂ©on des artistes qui ont Ă©crit les plus belles notes du makossa en particulier, de la musique de son pays en gĂ©nĂ©ral. Il y aura ainsi rejoint Anne-Marie Nzie, dont il a Ă©tĂ© prĂ©sent aux obsĂšques il y a trois mois. Aussi, Emmanuel Nelle Eyoum, l’un des pionniers du makossa, figure qui lui a donnĂ© la chance de jouer de son instrument pour la premiĂšre fois. Les chemins de ces deux lĂ  ne pouvaient que se croiser, Ebeny Ă©tant le fils du chanteur et joueur de maracas de Zacharie Bombey, membre du groupe fondĂ© par le pĂšre Nelle Eyoum.
Ebeny, diminutif d’Ebenezer, Donald Wesley, association de nom donnĂ©e par son aĂźnĂ© Ekambi Brillant, a reçu le dernier et grand au revoir lors d’un hommage Ă  l’esplanade du collĂšge Alfred Saker Ă  Deido, dans ce canton qui l’avait fait fils adoptif de BonatĂ©ki. La cĂ©rĂ©monie faisait suite Ă  la veillĂ©e artistique en l’honneur du batteur, tenue vendredi au mĂȘme endroit. Et ce samedi-lĂ , ils Ă©taient nombreux, anonymes, personnalitĂ©s de tous bords, confrĂšres artistes bien sĂ»r, les aĂźnĂ©s comme Ekambi, Nkotti François, les cadets comme GrĂące Decca, Claudia Dikosso qu’il aidait dans la concrĂ©tisation du festival du makossa, prĂ©vu dans les prochains jours. Un rendez-vous manquĂ©, tout comme le Festival national des Arts et de la Culture (Fenac) Ă  YaoundĂ©, rappelĂ© par Narcisse Mouelle Kombi. Le ministre des Arts et de la Culture, dans une belle ode Ă  EbĂ©nĂ©zer Roger Dihang Bombey de son vrai nom, aprĂšs avoir apposĂ© la dĂ©coration, signe de l’hommage de la Nation, sur son cercueil est revenu sur le style du batteur de gĂ©nie. Un style « fait de vivacitĂ© et de vĂ©locitĂ©, de dextĂ©ritĂ© et d’impĂ©tuositĂ©, d’habiletĂ© et d’agilitĂ©, parfois de fantaisie et d’espiĂšglerie ». Quelques jours avant son dĂ©cĂšs, Ebeny Donald Wesley prodiguait encore quelques conseils au ministre sur l’assainissement du domaine du droit d’auteur, combat qui lui tenait particuliĂšrement Ă  cƓur.
La maestria d’Ebeny lui aura permis de jouer auprĂšs des plus grands comme le chanteur amĂ©ricain Lionel Richie – qui n’a pas Ă©tĂ© marquĂ© par le beat du rythme « All Night Long » ? Mais il n’a pas fait que la musique dans sa vie, lui le producteur qui a donnĂ© leur chance Ă  Dina Bell et Janet Ndiaye (de regrettĂ©e mĂ©moire), lui le directeur des cĂ©lĂšbres studios Davout Ă  Paris en France. Ebeny aussi eu une carriĂšre de militaire dans l’armĂ©e amĂ©ricaine. Mais surtout, il Ă©tait un pĂšre exceptionnel, toujours heureux, souriant, pour son fils S. Roger Dihang Bombey.
Un frĂšre, un chef de famille aimĂ© et pleurĂ© Ă  chaudes larmes par ses proches, notamment sa compagne Anita et leur nouveau-nĂ©. Une Ăąme sƓur musicale pour son ami de longue date, le bassiste Aladji Toure, aux cĂŽtĂ©s duquel – et de Toto Guillaume – il a marquĂ© les esprits avec l’équipe nationale du makossa. Des camarades de route avec lesquels il a pensĂ©, il y a trois ans, Ă  sortir un album, pour une fabuleuse nouvelle aventure qui malheureusement ne pourra plus voir le jour.
Cameroon Tribune du mardi, 25 octobre 2016.
Cathédrale Notre Dame des Victoires: pour le salut éternel des victimes

Evenements
Azize MBOHOU

Une messe spĂ©ciale a Ă©tĂ© dite lundi par Mgr Jean Mbarga, en prĂ©sence du reprĂ©sentant personnel du chef de l’Etat, RenĂ© Emmanuel Sadi.

La messe spĂ©ciale dite lundi par l’archevĂȘque de YaoundĂ©, Mgr Jean Mbarga, s’ouvre par le message de condolĂ©ances du pape François, adressĂ© au chef de l’Etat, Paul Biya. Le prĂ©sident de la RĂ©publique Ă©tait d’ailleurs reprĂ©sentĂ© par le ministre de l’Administration territoriale et de la DĂ©centralisation, RenĂ© Emmanuel Sadi. A ses cĂŽtĂ©s, le procureur gĂ©nĂ©ral prĂšs la Cour suprĂȘme, Luc Ndjodo, le directeur du Cabinet civil, Martin Belinga Eboutou et plusieurs membres du gouvernement. L’ambassadeur de France au Cameroun, Gilles Thibault et le prĂ©sident du Conseil d’administration de la Camrail, Hamadou Sali, ont Ă©galement pris part Ă  cette messe.
L’eucharistie est alors faite de supplications intenses pour le repos Ă©ternel des victimes du drame d’EsĂ©ka. L’archevĂȘque mĂ©tropolitain de YaoundĂ© prĂ©sente l’élan de compassion des fidĂšles, dans cet Ă©tat d’affliction profonde, comme « un don de l’amour, un soutien spirituel nĂ©cessaire aux blessĂ©s et affligĂ©s ». Pour le prĂ©lat, « le meilleur remĂšde de la souffrance de l’autre, c’est moi ». Cependant, Mgr Jean Mbarga invite les citoyens Ă  ne pas cĂ©der Ă  la rĂ©signation et au fatalisme. Il appelle Ă  fortifier l’espĂ©rance au Seigneur, Ă  faire de cette catastrophe un rappel. Les fidĂšles et les citoyens ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  penser aux blessĂ©s, dont certains sont devenus handicapĂ©s Ă  vie. L’Eglise catholique a dĂ©livrĂ© le message de compassion et d’assistance, tout en saluant la mĂ©moire du pĂšre Carl, prĂȘtre de la paroisse d’Oyom-Abang Ă  YaoundĂ©, l’une des victimes du dĂ©raillement.
Yaoundé: sobriété et recueillement

Evenements
Azize MBOHOU

Au-delĂ  du drapeau en berne, plusieurs administrations ont amĂ©nagĂ© des espaces d’hommages aux victimes d’EsĂ©ka.

Des signes et des symboles qui parlent. Des drapeaux en berne, mĂȘme ceux des pays Ă©trangers au sein des organisations internationales, comme au siĂšge la Banque des Etats de l’Afrique centrale. Les Nations unies aussi. Le drapeau bleu ciel de l’UNICEF a flottĂ© Ă  mi mĂąt. Lundi Ă  YaoundĂ©, tout le monde a portĂ© le deuil. Au ministĂšre des Relations extĂ©rieures, par exemple, un « dress code » du jour non officiel mais spontanĂ©, le noir ! Les conversations sont mesurĂ©es, le dĂ©ploiement limitĂ© Ă  l’essentiel. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, Felix Mbayu, confie au reporter de CT que le ministre a, par exemple, reportĂ© la cĂ©rĂ©monie de cĂ©lĂ©bration de la journĂ©e des Nations unies. « Nous sommes en deuil. On ne pouvait pas imaginer un jour comme celui-ci en pleines festivitĂ©s », confie le SG du MINREX. A la CommunautĂ© urbaine de YaoundĂ©, mĂȘme les usagers trainent la lourde charge Ă©motive du jour. « Je suis venue ce matin parce que j’étais obligĂ©e de retirer un document. Sinon, je suis trĂšs attristĂ©e par ce drame. Les victimes pouvaient bien ĂȘtre moi, un parent, un frĂšre ou un ami. Donc, je considĂšre que c’est ma mĂ©moire qu’on salue aussi », explique Marguerite Essame, drapĂ©e d’une robe noire.
Dans des grandes surfaces, les signes du deuil sont Ă©galement perceptibles. A Casino, par exemple, plusieurs bougies illuminent un coin du magasin. Des clients s’y arrĂȘtent pour quelques instants de recueillement. Certains, d’obĂ©dience catholique, accompagnent ces moments d’un signe de croix. Au niveau des employĂ©s, tous ont un brassard noir autour du bras. « Je pleure et j’accompagne les familles des victimes par ce signe que j’arbore. C’est choquant, ce qui est arrivĂ©. Que les personnes qui souffrent aujourd’hui sachent que nous sommes de tout cƓur avec eux», s’exprime Bernadette M., employĂ©e.
Eséka fait son deuil

Evenements
Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM

AprĂšs le drame ferroviaire de vendredi, la ville essaie de se rĂ©veiller du cauchemar. Et pour l’y aider, un service ƓcumĂ©nique a Ă©tĂ© organisĂ© lundi Ă  l’esplanade de la gare.

Lundi 24 octobre. Jour de deuil national en mĂ©moire des dizaines de personnes dĂ©cĂ©dĂ©es dans un accident de train Ă  EsĂ©ka. Et quel autre lieu que cette ville pour pleurer ces personnes ? Dans les rues et places, beaucoup de monde porte les habits adĂ©quats (noir, blanc, rouge). Les visages sont fermĂ©s. Comme prĂ©vu, les drapeaux sont en berne. Des petits enfants sont regroupĂ©s dans une cour d’école, fixant le drapeau comme pour comprendre pourquoi il n’est pas plus haut que d’habitude. Les commerces et les bureaux sont certes ouverts, mais le cƓur n’y est pas. MĂȘme Ă  l’hĂŽpital, la morositĂ© rĂšgne, aprĂšs l’effervescence inĂ©dite de vendredi dernier. « On dirait que le gens sont encore sonnĂ©s, au point d’en oublier qu’ils sont malades. Nous n’avons pratiquement reçu personne, alors que le lundi est d’habitude saturĂ© », indique le Dr Eric Evegue, directeur de l’hĂŽpital d’EsĂ©ka. Et peu avant 10h, comme un seul homme, les uns et les autres convergent vers l’esplanade de la gare ferroviaire. C’est pour assister au service ƓcumĂ©nique, qui se tient en prĂ©sence d’Aboubakar Iyawa, prĂ©fet du dĂ©partement du Nyong-et-KellĂ©.
Au bout de quelques minutes, les tentes s’avĂšrent insuffisantes pour contenir les populations venues en masse. Les dignitaires de plusieurs obĂ©diences religieuses prennent tour Ă  tour la parole pour implorer le TrĂšs Haut d’apaiser les cƓurs des uns et des autres. « Nous qui sommes restĂ©s en vie ne sommes pas plus forts que ceux qui sont partis. C’est simplement la volontĂ© de Dieu », indique l’imam Ousman de la mosquĂ©e centrale d’EsĂ©ka. Les diffĂ©rents ministres de culte prient aussi pour le repos des Ăąmes des disparus et la guĂ©rison rapide des blessĂ©s. Pour le rĂ©vĂ©rend Moussinga, de l’église Ă©vangĂ©lique, « notre silence doit donner la paix Ă  tous les disparus et la tranquillitĂ© aux survivants ». Dans la mĂȘme veine, Mgr DieudonnĂ© Bogmis, Ă©vĂȘque d’EsĂ©ka, la voie Ă©tranglĂ©e, a priĂ© pour que les larmes qui se versent Ă  travers le monde soient « des larmes qui expriment l’espĂ©rance en des jours meilleurs et non l’expression de colĂšre, de rancƓur, de rĂ©bellion ». Lui qui a transportĂ© des accidentĂ©s, aux cĂŽtĂ©s de nombreuses populations. D’ailleurs, cette mobilisation a Ă©tĂ© saluĂ©e par tous. Un mĂ©decin affirme, par exemple, que c’est le vĂ©hicule d’une famille venue lever un corps qui les a aidĂ©s Ă  rallier rapidement la gare pour administrer les premiers soins.
Dans la rue, les populations affirment que cet accident va mettre du temps Ă  cicatriser. « On n’a jamais vu autant de blessĂ©s et de morts Ă  la fois. Nous prions le Seigneur de nous aider Ă  vivre avec ce souvenir et espĂ©rons que le service ƓcumĂ©nique va y participer », souligne un habitant de la ville. Et les priĂšres ne s’arrĂȘtent pas lĂ , puisqu’une messe de requiem est annoncĂ©e mercredi prochain en la cathĂ©drale d’EsĂ©ka.
Bertoua: de tout cƓur avec les victimes

Evenements
Pierre CHEMETE

Un culte interreligieux cĂ©lĂ©brĂ© lundi 24 octobre en la mĂ©moire des victimes de la catastrophe d’EsĂ©ka.

L’Est est profondĂ©ment attristĂ©e par la catastrophe d’EsĂ©ka. Bertoua, chef-lieu de la rĂ©gion, Ă©tait particuliĂšrement dans le recueillement, lundi 24 octobre 2016. Jour du deuil national, observĂ© avec compassion ici. Un hommage a Ă©tĂ©, en effet, rendu aux victimes du train de la mort. C’est Ă  la faveur d’un service de culte interreligieux. Dans la salle du parti, théùtre de la cĂ©rĂ©monie, diverses catĂ©gories de citoyens ont pris place. Sous l’encadrement du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des services du gouverneur Rachel Nazang Akono. L’honneur est revenu aux pasteurs, prĂȘtres, imams qui ont Ă©levĂ© leurs voix Ă  Dieu. Une minute de silence. Puis, c’était le recueillement proprement dit. Dans la salle, beaucoup Ă©taient vĂȘtus en noir. La compassion des compatriotes d’ici envers les victimes de l’accident ferroviaire est palpable. Loin du lieu du drame certes, mais ils se sont montrĂ©s tout proches des victimes et de leurs familles, qu’ils ont portĂ©es dans leurs priĂšres.
DĂšs la matinĂ©e, dĂ©jĂ , les drapeaux, l’un des symboles de l’Etat Ă©taient en berne, comme l’a dĂ©crĂ©tĂ© le chef de l’Etat. Notamment dans les Ă©coles primaires, secondaires, dans les services publics, les chefferies traditionnelles
 Enfin, la rĂ©gion de l’Est a manifestĂ© sa solidaritĂ© aux citoyens tombĂ©s dans ce drame du 21 octobre 2016. Dans les dĂ©partements aussi, apprend-on, le recueillement Ă©tait Ă©galement effectif. Rachel Ngazang Akono, dans son bref mot de circonstance, a dit qu’en pareille circonstance, l’heure Ă©tait effectivement Ă  la solidaritĂ© et Ă  l’espoir. Un message aussi portĂ© par les hommes de Dieu dans leurs priĂšres.
Garoua: un hommage en priĂšre

Evenements
Eric ELOUGA

Un service ƓcumĂ©nique organisĂ© par le gouverneur Ă  la mĂ©moire des victimes.

13h. Le symbole de l’heure Ă  laquelle est survenu le drame d’EsĂ©ka vendredi dernier, n’était sans doute pas fortuit. Autour du gouverneur de la rĂ©gion du Nord Jean Abate Edi’i, les autoritĂ©s administratives, militaires, responsables administratifs, acteurs Ă©conomiques et autres forces vives de Garoua, ont massivement rejoint les ministres du culte pour la cĂ©rĂ©monie ƓcumĂ©nique organisĂ©e en la mĂ©moire des victimes. C’est ainsi que devant le drapeau mis en berne Ă  l’esplanade des services du gouverneur, cet important aĂ©ropage, toutes obĂ©diences confondues, ont assistĂ© silencieusement Ă  ce moment de recueillement. CĂ©rĂ©monial sobre Ă  souhait, trois communications ont, Ă  l’occasion, Ă©tĂ© adressĂ©es aux victimes, Ă  leurs familles et Ă  toute la nation, sous forme de priĂšre. Le grand Imam de la mosquĂ©e centrale de Garoua, le reprĂ©sentant du Conseil des Eglises protestantes du Cameroun pour la rĂ©gion du Nord, et un curĂ© du diocĂšse de Garoua, accompagnĂ© pour la circonstance de l’archevĂȘque Mgr Ntalou, ont ainsi, tour Ă  tour, proclamĂ© des messages de commisĂ©ration, de rĂ©confort et de soutien spirituel aux victimes et Ă  leurs collatĂ©raux. Il faut dire que quoique gĂ©ographiquement Ă©loignĂ©e du lieu de la catastrophe, la rĂ©gion du Nord porte Ă©galement ce deuil dans sa chair, avec notamment trois responsables de la Sodecoton dĂ©cĂ©dĂ©s dans l’accident, ainsi que quelques autres fils de la rĂ©gion retrouvĂ©s parmi ces victimes.
Maroua dans la compassion

Evenements
Joël MAMAN

Les populations de cette partie du pays ont montrĂ© leur solidaritĂ© aux victimes de l’accident de train de vendredi dernier.

MalgrĂ© la confusion entre jour fĂ©riĂ© et jour de deuil national, les populations de la ville de Maroua n’ont pas manquĂ© de montrer leur solidaritĂ© aux victimes de l’accident tragique survenu Ă  la gare d’EsĂ©ka vendredi dernier. Dans les bureaux tout comme dans la rue, le sujet Ă©tait presque le seul au menu des conversations. Dans les institutions privĂ©es, publiques, traditionnelles, voire religieuses qui possĂšdent un mĂąt, le drapeau Ă©tait en berne.
Pour le sous-prĂ©fet de Maroua 2e, Dahirou Yaya, il est question de compatir avec les compatriotes victimes de ce drame. « ConformĂ©ment au dĂ©cret du chef de l’état, stipulant la journĂ©e de deuil national, les populations ont Ă©tĂ© sensibilisĂ©es. Des initiatives dans le but de commĂ©morer les Ăąmes des disparus ont Ă©tĂ© encouragĂ©es et surtout nous avons expliquĂ© aux populations que la journĂ©e n’est pas fĂ©riĂ©e », a affirmĂ© Dahirou Yaya.
Dans certains Ă©tablissements scolaires, la journĂ©e a commencĂ© timidement, mais dans l’ensemble, une minute de silence a Ă©tĂ© accordĂ©e juste aprĂšs l’exĂ©cution de l’hymne national en mĂ©moire des disparus. Abdoul Karim, enseignant au lycĂ©e bilingue dĂ©clare d’ailleurs que c’est l’occasion pour nous d’expliquer aux Ă©lĂšves la diffĂ©rence entre journĂ©e de deuil national et jour fĂ©riĂ© parce qu’il y a cette confusion qui perturbe un peu la population. « Sinon nous avons aussi marquĂ© un temps d’arrĂȘt ce matin pour respecter la mĂ©moire des disparus », a-t-il conclu.
Bafoussam: dans le recueillement

Evenements
Gibrile KENFACK TSABDO

Une cĂ©rĂ©monie en mĂ©moire des victimes de l’accident ferroviaire de vendredi dernier, s’est tenue lundi Ă  la paroisse EEC du Plateau et Ă  la mosquĂ©e centrale.

Mines atterĂ©es Visages graves. FidĂšles habillĂ©s en grande majoritĂ© en noir. Certains n’hĂ©sitant pas Ă  Ă©craser une larme, tant la charge Ă©motionnelle est grande. L’ambiance qui a rĂ©gnĂ© hier Ă  la paroisse EEC du plateau Ă  Bafoussam, Ă©tait loin des cultes ordinaires. C’est que, la nation pleure encore ses fils et filles qui ont pĂ©ri dans le dĂ©raillement d’un train le 21 octobre dernier Ă  EsĂ©ka, rĂ©gion du Centre. A l’occasion, l’Eglise protestante a tenu Ă  marquer sa compassion envers les victimes et leurs familles. Un recueillement auquel a pris part le gouverneur de la rĂ©gion de l’Ouest Augustine Awa Fonka, accompagnĂ© de son Ă©tat-major. Dans son sermon tirĂ© des 21 versets du chapitre 77 des Psaumes, le pasteur Marie Victor Tiozang, prĂ©sident de la rĂ©gion synodale EEC de la Mifi, s’est inspirĂ© des plaintes du psalmiste au jour du jugement, pour traduire la souffrance qu’endurent les familles Ă©prouvĂ©es en ce moment.
A sa suite, des priĂšres ont Ă©tĂ© adressĂ©es au TrĂšs-Haut pour les familles endeuillĂ©es, les autoritĂ©s et la nation. Le mĂȘme rituel a Ă©tĂ© respectĂ© Ă  la mosquĂ©e centrale de Bafoussam, oĂč les fidĂšles musulmans, sous la conduite de l’Imam Cheikh Arouna Abdoulaye, ont implorĂ© la misĂ©ricorde d’Allah envers les victimes. Dans ces deux lieux de culte, le numĂ©ro un de la rĂ©gion s’est rĂ©joui de la forte mobilisation, qui, selon lui, traduit une marque de patriotisme envers le Cameroun. MalgrĂ© l’accident qui a endeuillĂ© des familles, Awa Fonka a demandĂ© aux fidĂšles de croire en notre pays et de prier pour sa destinĂ©e.
Les recherches se poursuivent Ă  la Gare d’EsĂ©ka

Evenements
Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM

AprĂšs le dĂ©part des engins, les hommes en tenue continuent les fouilles, alors que les ouvriers s’activent Ă  rĂ©parer les rails.

C’est sur le quai de la gare-voyageurs d’EsĂ©ka que certains wagons ont fini leur course folle. Certains endommageant un peu la petite barriĂšre. Non loin de lĂ , d’autres wagons, froissĂ©s ou Ă©ventrĂ©s, gisent. Sur le sol, des effets divers de passagers qui ne s’en soucient plus. Un bavoir et une chaussure de bĂ©bĂ© par-ci, des vĂȘtements par-lĂ . Plus loin encore, une montre dont les aiguilles sont calĂ©es Ă  14h17
 Des boulons Ă©parpillĂ©s de part et d’autre, des amas de ferraille. A quelques mĂštres de lĂ , dans deux autres wagons, dĂ©placĂ©s pour libĂ©rer la voie ferrĂ©e, des signes qui tĂ©moignent de la bonne ambiance qui rĂ©gnait dans le train avant le drame. Des biscuits sur une table, une barre chocolatĂ©e Ă  peine entamĂ©e, des bouteilles d’eau et de jus, des vĂȘtements posĂ©s sur les siĂšges
 Ici, sept Ă©paves de wagons sont visibles et le lieu est pratiquement devenu un lieu de pĂšlerinage oĂč,mĂȘme ceux ayant Ă©tĂ© tĂ©moins de l’accident du vendredi 21 octobre viennent encore se recueillir.
Pourtant, tous sont d’accord que la vie doit reprendre. C’est pourquoi ils n’hĂ©sitent pas Ă  encourager les ouvriers Ă  pied d’Ɠuvre pour rĂ©parer la voie ferrĂ©e. Et ce n’est pas qu’ici qu’on travaille. En effet, Ă  quelque 400 mĂštres de la gare, les Ă©quipes des forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© continuent de chercher des passagers, ou ce qu’il en reste dans les quatre wagons qui se sont retrouvĂ©s dans un ravin. Les engins du gĂ©nie militaire ont quittĂ© les lieux quelques heures plus tĂŽt, aprĂšs avoir dĂ©blayĂ© les lieux et relevĂ© ou dĂ©placĂ© les voitures. Une action qui visait Ă  faciliter la tĂąche aux pompiers, gendarmes, militaires et policiers qui fouillent les wagons un Ă  un, siĂšge aprĂšs siĂšge. Ceci sous le regard des riverains, qui, eux aussi, espĂšrent encore un miracle.
Les odeurs de sang mĂ©langĂ© Ă  la boue ne dĂ©couragent personne. Surtout pas cette dame qui porte des rafraĂźchissements aux hommes en tenue. Encore moins cet anonyme qui est venu dĂ©poser une gerbe de fleurs sur ce site qui semble le plus macabre de l’accident.
Une fine et subite pluie apporte un peu de rĂ©pit Ă  ces hommes dont la plupart sont pratiquement sur le site depuis vendredi. Une pause qui se prend sous le hangar de fortune. MalgrĂ© la fatigue qui se lit sur le visage des uns et des autres, la dĂ©termination Ă  boucler ces recherches est perceptible chez tous. Ils retournent dans les wagons aussitĂŽt que la pluie s’arrĂȘte, ramassant au passage des cartes d’identitĂ© et autres effets personnels des passagers.
La SOPECAM porte le deuil

Evenements
Azize MBOHOU

Autour de son directeur général, Marie Claire Nnana, les employés ont observé un moment de recueillement hier.

13h 05. Comme une cloche dans la conscience collective, un regroupement sur l’esplanade de la direction gĂ©nĂ©rale. C’est le temps de la compassion du personnel de la SociĂ©tĂ© de presse et d’Editions du Cameroun (SOPECAM), autour du directeur gĂ©nĂ©ral, Marie Claire Nnana. Il sera marquĂ© par une longue minute de silence. Puis une dislocation indolente sous un soleil ardent, et une invite du DG : « nous continuerons Ă  prier dans nos bureaux et dans nos cƓurs », recommande Marie Claire Nnana. Comme pour dire avec l’écrivain Jean Cocteau que « le vrai tombeau des morts, c’est le cƓur des vivants ». Le deuil national de lundi a Ă©tĂ© observĂ© dans le recueillement et la communion des cƓurs par l’ensemble des employĂ©s de la SOPECAM. Le signe visible de ce jour spĂ©cial a Ă©tĂ© le port du noir par la plupart de ces employĂ©s. MĂȘme dans les paroles, priĂšres et hommages ont accompagnĂ© la mĂ©moire des victimes du drame de vendredi Ă  EsĂ©ka.
Les directions de la rĂ©daction des magazines et commerciale et marketing, situĂ©es Ă  l’immeuble du ministĂšre de la Communication, ont Ă©galement marquĂ© ce moment de recueillement. Journalistes, photographes, staff, tous d’un mĂȘme Ă©lan se sont retrouvĂ©s sur le perron, pour s’incliner.
Cameroon Tribune du mercredi, 26 octobre 2016.
Rail, route, sérieux manque à gagner

Evenements
Alliance NYOBIA

Le transport de marchandises a enregistré un lourd préjudice suite à la coupure momentanée des voies ferrée et publique.

Route : prĂšs de 4 milliards F de pertes
Selon des chiffres obtenus hier du Bureau de gestion du fret terrestre (Bgft), le manque Ă  gagner pour les gros porteurs dĂ» Ă  la coupure momentanĂ©e de l’axe Douala-YaoundĂ© du 21 au 22 octobre frise les 4 milliards de francs. « Nous avons pris un ratio, et aprĂšs des calculs, nous avons Ă©valuĂ© les pertes Ă  environ 2 milliards de francs par jour pour les gros porteurs », explique El Hadj Oumarou, coordonnateur du Bgft, joint au tĂ©lĂ©phone hier par CT. En deux jours, le manque Ă  gagner atteint le chiffre de 4 milliards susmentionnĂ©.
Il ajoute qu’environ 3000 camions ont Ă©tĂ© affectĂ©s par cette interruption du trafic survenu Ă  un moment de forte circulation. « Nous avons gĂ©nĂ©ralement 750 Ă  800 camions qui empruntent cet axe chaque jour. Mais les vendredis il y a des pics et on peut atteindre entre 1000 et 1 500 camions », a-t-il prĂ©cisĂ©. Ceci dans les deux sens des corridors Douala-Bangui et Douala-N’Djamena. Au final, le Bgft parle d’un « impact sĂ©rieux » sur l’activitĂ© habituelle, mais s’est rĂ©joui de l’action menĂ©e par les pouvoirs publics pour parvenir le plus vite possible au rĂ©tablissement de la circulation. Surtout que, d’aprĂšs El Hadj Oumarou, la situation a suscitĂ© des prĂ©occupations aussi bien Ă  l’intĂ©rieur qu’à l’extĂ©rieur du Cameroun, notamment de pays voisins autres que le Tchad et la Rca.
Rail : des approvisionnements perturbés
« Nous avons une dizaine de trains qui vont dans les deux sens de maniĂšre quotidienne. » Le responsable de la Camrail approchĂ© par CT parle de la densitĂ© du trafic en temps normal, de Douala Ă  NgaoundĂ©rĂ©, en passant par YaoundĂ©, et inversement. AprĂšs le dĂ©raillement survenu ce vendredi 21 octobre, tout a Ă©tĂ© Ă©videmment perturbĂ©. Notamment, la livraison des produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ© (sucre, farine, etc.) « dont les populations du Septentrion ont besoin », et la livraison des hydrocarbures, transportĂ©s Ă©galement par les trains au dĂ©part de Douala. Dans le sens inverse, c’est l’acheminement des cargaisons de coton, de sĂ©same, d’arachide et de bĂ©tail qui a souffert de la perturbation sur la voie. Chaque train, prĂ©cisons-le, transporte en moyenne 1000 Ă  1200 tonnes de marchandises.
Difficile d’avoir d’autres chiffres en rapport avec ce ralentissement de l’activitĂ©, qui a touchĂ© Ă©galement les trains-voyageurs. Notre source explique qu’à la Camrail, la prioritĂ© a Ă©tĂ© la rĂ©ponse Ă  la catastrophe (hier, par exemple, une opĂ©ration de collecte de sang a Ă©tĂ© organisĂ©e par l’entreprise).
La Coupe du Cameroun de football dans les starting-blocks

Sports
AngĂšle BEPEDE

Les finalistes APEJES et Bamboutos achÚvent respectivement leur préparation à Akono et à Limbé avant de regagner Yaoundé, le week-end.

Les pieds dans le sable. A LimbĂ©, les Mangwa Boys (surnom de Bamboutos de Mbouda) entament l’ultime prĂ©paration commando avant de rejoindre YaoundĂ© en fin de semaine. Le club a repris le travail le 15 octobre dernier Ă  Mbouda, soit six jours aprĂšs sa qualification. Le staff annonce cinq jours intenses de travail couplĂ©s avec une relaxation certaine. Les joueurs connaissent l’objectif Ă  atteindre pour leur club qui cĂ©lĂšbre ses 50 ans cette annĂ©e. Le trophĂ©e de la coupe, le Graal pour les clubs locaux, doit ĂȘtre soulevĂ©. Pas question de se mettre davantage la pression. L’enjeu Ă  lui seul est fĂ©dĂ©rateur. Sur les mĂ©dias sociaux et audiovisuels, les coups de gueule des Mangwa Boys sont bien orientĂ©s et visent Ă  dĂ©stabiliser le challenger. Pas de blessĂ© aprĂšs les frayeurs causĂ©es par Simplice Symphor, gardien de but. En mĂ©forme depuis le quartier libre donnĂ© aux joueurs, il a repris l’entraĂźnement avec ses 22 autres coĂ©quipiers, d’aprĂšs des dirigeants. C’est que, Apejes de Mfou a gagnĂ© cinq des six confrontations contre Bamboutos. Et cela, Fagnia Fagnia, 11e entraĂźneur du club cette saison, compte le faire oublier. Ils ont encore ces Ă©checs en travers de la gorge.
C’est la premiĂšre finale pour les deux clubs. Pour leurs prĂ©mices dans le palmarĂšs de la coupe du Cameroun de football, les rĂ©unions s’enchaĂźnent. « On nous stresse avec ces rĂ©unions », confie une source proche d’Apejes de Mfou. Ici, on a Ă©galement pliĂ© bagages. La mise au vert entamĂ©e la semaine derniĂšre, au Centre technique de la FĂ©dĂ©ration camerounaise de football au quartier Odza s’est achevĂ©e lundi dernier. Direction, Akono. La ville a souvent souri Ă  l’équipe qui y sĂ©journera jusqu’à samedi. Franck Boya, meilleur Espoir de la saison d’aprĂšs la Ligue de football professionnel du Cameroun, a la tĂȘte bourrĂ©e de rĂȘves. Le milieu de terrain est trĂšs attendu pour son apport technique, aprĂšs son passage chez les Lions seniors. Il n’y a pas que lui. Apejes est un groupe. Le staff technique emmenĂ© par Sogba Oumarou, en marge des sĂ©ances sur le terrain, dĂ©cortique chacune des vidĂ©os de son adversaire. La clĂ© de la victoire peut ĂȘtre lĂ . Les 24 joueurs en stage en ont conscience.
Des lauriers pour les inventeurs aux Journées technologiques nationales

Economie
Marilyne NGAMBO TCHOFO

L’édition 2016 des JournĂ©es technologiques nationales s’est clĂŽturĂ©e vendredi dernier Ă  YaoundĂ© sur une remise de prix aux meilleures innovations.

Jean Hilaire Tchami, premier prix de l’édition 2016 des JournĂ©es technologiques nationales (JTN), a un projet pour les agro-industries. Pendant deux ans, le chercheur a dĂ©veloppĂ© un Ă©quipement permettant Ă  ces industries d’analyser les produits liquides qu’elles fabriquent (jus, eau potable
) et d’en faire un contrĂŽle-qualitĂ©. Le dispositif permet par exemple de mesurer la concentration en sucre d’un jus et est tout aussi utile lorsqu’il s’agit de mesurer la quantitĂ© de substances polluantes dĂ©versĂ©es par des entreprises dans des eaux dans le cadre d’un contrĂŽle environnemental. Plus spĂ©cifiquement, la trouvaille est un « turbidimĂštre infrarouge pour analyse des substances aqueuses ». Pour assurer la vulgarisation de cette invention, Jean Hilaire Tchami indique que « nous devrons premiĂšrement faire trois prototypes pour montrer aux entreprises que l’équipement fonctionne et nous espĂ©rons qu’avec le temps, plusieurs autres sociĂ©tĂ©s pourront s’y intĂ©resser ». Le prix qu’a reçu Jean Hilaire Tchami s’accompagne d’une enveloppe de 1 100 000 F prĂ©vue par le ministĂšre des Mines, de l’Industries et du DĂ©veloppement technologique (MINMIDT).
A la suite du classement, François Essama. Le chercheur a consacrĂ© 18 annĂ©es de sa vie Ă  mettre sur pieds d’un dispositif de production d’énergie Ă©lectrique. L’invention, qui ne consomme ni carburant ni Ă©nergie solaire, se met en route grĂące Ă  une batterie. « Elle est une rĂ©ponse aux problĂšmes de dĂ©lestage que connaissent les mĂ©nages et une solution aux pertes d’énergie enregistrĂ©es lors du transport de l’électricitĂ© », explique François Essama. L’ingĂ©nieur a reçu une prime de 600 000 F pour ce deuxiĂšme prix. C’est dans le domaine de la mĂ©canique que JoĂ«l Kengmoe, troisiĂšme prix des JTN, a mis son intellect. Il en ressort un systĂšme d’ajustage de la granulation sur les broyeurs (moulins automatiques). Le systĂšme, explique-t-il, permet Ă  divers moulins (Ă  maĂŻs ou mĂȘme Ă  gravier), de ressortir la granulation souhaitĂ©e. « Par le passĂ©, il fallait plusieurs machines pour obtenir ces rĂ©sultats », a soulignĂ© le chercheur qui a reçu une prime de 400 000 F.
Pendant trois jours, une trentaine d’exposants ont prĂ©sentĂ© leurs trouvailles lors des JTN. Des prix spĂ©ciaux ont Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©cernĂ©s dont celui du plus jeune innovateur qui est revenu Ă  Tchapga Tchito pour sa rallonge Ă©lectrique pour prise murale. Le jeune repart avec une prime d’un million de F. En dĂ©cernant ces prix, le MINMIDT, Ernest Gbwaboubou, a rassurĂ© les participants que le gouvernement est prĂȘt Ă  les accompagner dans la promotion de leur travail. « Les meilleures inventions seront sĂ©lectionnĂ©es pour faciliter leur prototypage et leur transfert vers les industries », a-t-il dĂ©clarĂ©.
La France solidaire des blessĂ©s d’EsĂ©ka

Evenements
Azize MBOHOU

L’ambassadeur Gilles Thibault a remis un don de mĂ©dicaments au ministre de la SantĂ© publique mardi Ă  YaoundĂ©.

En ces moments difficiles, le Cameroun bĂ©nĂ©ficie de l’assistance de la France. Mardi, l’ambassadeur de France au Cameroun, Gilles Thibault, a remis un important don de mĂ©dicaments, en vue du renforcement de la prise en charge des blessĂ©s d’EsĂ©ka. A la rĂ©ception, au nom du gouvernement camerounais, le ministre de la SantĂ© publique, AndrĂ© Mama Fouda, assistĂ© du secrĂ©taire d’Etat Alim Hayatou. Ce sont 14 colis, soit plus de 300 kg de mĂ©dicaments, mobilisĂ©s par la cellule de crise du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres français, immĂ©diatement aprĂšs le drame de vendredi et acheminĂ© lundi Ă  YaoundĂ©. Cet appui constituĂ© sur la base des besoins exprimĂ©s par le gouvernement camerounais, est destinĂ© Ă  l’HĂŽpital central et au Centre des urgences de YaoundĂ©.
AndrĂ© Mama Fouda, se fĂ©licite de cette capacitĂ© lĂ©gendaire de la France Ă  montrer spontanĂ©ment son engagement envers le Cameroun, surtout face aux Ă©preuves. Le MinsantĂ© exprime la gratitude du gouvernement camerounais Ă  l’endroit de la France pour cet appui. Son objectif, rappelle l’ambassadeur de France au Cameroun, est de supporter immĂ©diatement les sacrifices consentis par les hĂŽpitaux dans la prise en charge contraignante des blessĂ©s. Ce sont ces sacrifices, rappelle AndrĂ© Mama Fouda, qui ont permis d’assister les 599 blessĂ©s d’EsĂ©ka, dont seulement deux ont, malheureusement, perdu la vie. « Les stocks doivent ĂȘtre renforcĂ©s, car aprĂšs la catastrophe, d’autres patients viendront toujours », a notĂ© Gilles Thibault. La France, a rappelĂ© le diplomate français, dĂ©montre ainsi sa solidaritĂ© dans l’épreuve que traverse le Cameroun.
Croissance économique disparate en Afrique

Economie
Félicité BAHANE N.

Le rapport 2016 du FMI prĂ©sentĂ© mardi Ă  YaoundĂ© indique que le taux de croissance annuel sera au plus bas, 1,4% mais pourrait remonter Ă  3% l’an prochain.

« Une croissance Ă  plusieurs vitesses ». Tel est, l’intitulĂ© que le Fonds monĂ©taire international (FMI) a donnĂ© Ă  son rapport 2016 sur les perspectives Ă©conomiques rĂ©gionales en Afrique subsaharienne. Le document a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© mardi Ă  YaoundĂ©, au cours d’une cĂ©rĂ©monie solennelle ayant pour modĂ©rateur Alamine Ousmane Mey, ministre des Finances (MINFI) du Cameroun. En substance, le FMI rĂ©vĂšle que « le taux de croissance Ă©conomique de la rĂ©gion devrait descendre cette annĂ©e Ă  son plus bas niveau depuis vingt ans. Ce taux ne devrait atteindre que 1,4% en 2016 », regrette CĂ©line Allard, chef de la division des Ă©tudes rĂ©gionales au dĂ©partement Afrique du FMI. Elle prĂ©cise que ce « rythme est infĂ©rieur Ă  celui de la croissance dĂ©mographique et marque une nette rupture par rapport aux taux de croissance Ă©levĂ©s de ces derniĂšres annĂ©es ».
Sur les causes de ce ralentissement, le FMI indique deux facteurs : la dĂ©tĂ©rioration de l’environnement extĂ©rieur, notamment le cours des produits de base qui sont au plus bas et les conditions financiĂšres qui se sont sensiblement durcies. Ensuite, la rĂ©action lente et inadĂ©quate des autoritĂ©s de la plupart des pays touchĂ©s par ces chocs externes. Toutefois, d’autres Etats ont fait preuve de rĂ©silience, d’oĂč la croissance Ă  plusieurs vitesses. Les pays peu tributaires des exportations des produits de base continuent en effet d’enregistrer de bons rĂ©sultats. C’est le cas de la CĂŽte d’Ivoire, de l’Ethiopie, du SĂ©nĂ©gal et de la Tanzanie qui continuent d’enregistrer des taux de croissance supĂ©rieurs Ă  6%. En face, les pays exportateurs de produits de base dont le pĂ©trole continuent de connaĂźtre des conditions difficiles. C’est le cas de l’Afrique du Sud, du NigĂ©ria ou encore de l’Angola.
Le Cameroun, pour sa part, se situe entre les deux extrĂ©mitĂ©s, avec une perspective de croissance de 4,8% en 2016 selon le FMI. Ce, notamment grĂące Ă  la diversitĂ© de son Ă©conomie. Mais pour 2017, l’institution de Breton Woods entrevoit une baisse de la croissance nationale Ă  4,2%, Ă  moins que les pouvoirs publics n’optimisent les rĂ©formes fiscales tout en amĂ©liorant davantage le climat des affaires. Autrement, la croissance du Cameroun sera en dĂ©phasage avec celle de la rĂ©gion qui, globalement, devrait connaĂźtre une « modeste » embellie, passant de 1,4% en 2016 Ă  3% en 2017. Ce, Ă  condition bien sĂ»r que « des mesures dĂ©cisives soient prises » : des ajustements budgĂ©taires vigoureux ; des rĂ©formes structurelles pour amĂ©liorer la compĂ©titivitĂ© et la diversitĂ© de l’économie ; le renforcement de l’intĂ©gration physique dans les sous-rĂ©gions, etc.
Traité OHADA en anglais: la réponse du gouvernement

Politique
Jeanine FANKAM

Il y a quelques semaines, une marche a Ă©tĂ© organisĂ©e dans les rĂ©gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest par des membres du Barreau de l’Ordre des avocats du Cameroun. Motif de leurs revendications, la mise Ă  leur disposition de la version anglaise des actes uniformes de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA). Face Ă  cette situation, le ministre d’Etat, ministre de la Justice, garde des Sceaux a apportĂ© un ensemble de rĂ©ponses dans le cadre d’un entretien accordĂ© Ă  CT. Il ressort des propos de Laurent Esso que tout n’est plus qu’une question de temps, la version anglaise de ce document existant notamment, restant simplement sa publication dans le journal officiel de l’OHADA.
Beijing Mourns Eseka Train Victims

Societé
Godlove BAINKONG, Beijing, China

Ambassador Martin Mpana, Cameroonians and friends raised the flag at half mast on October 24, 2016, in Beijing and observed a minute of silence in honour of the departed compatriots.



Cameroonians resident in Chinese capital, Beijing, as well as friends of the country have joined their hearts with others elsewhere to pray for a peaceful repose of the souls of compatriots who perished at last Friday’s train derailment at Eseka and for a speedy recovery for the injured still under medical treatment.

In respect of the Head of State’s decree declaring Monday October 24 as a Day of National Mourning and in honour of the train accident victims, they all turned up at the country’s embassy at the Sanlitun neigbourhood of Beijing - clad in mourning attires and wearing gloomy faces, to show their solidarity with the affected.

As early as 9 am Beijing time (2 am Cameroon time), Ambassador Martin Mpana, the entire staff of the embassy, Cameroonians resident in Beijing and friends were already at the courtyard of the embassy for a brief but very symbolic ceremony to condole with the victims. After the reading of the presidential decree declaring a Day of National Mourning, raising the flag at half mast; as is the tradition in sorrowful situations of this magnitude, the Ambassador delivered the embassy’s condolence message to the Eseka train derailment victims.

He observed that distance is no barrier and even thousands of miles away from home, they all share the pains and sorrows of the entire country. “Our thoughts go first to victims of this horrible accident. May the God of mercy hear our prayers and comfort the families and our nation at this challenging moment,” H.E Martin Mpana said in the condolence message. The press declaration of the Head of State at the Nsimalen international airport on October 23 was printed and shared out to attendees and all and sundry urged to observe the day in all its solemnity either at work or even at home.