Cameroon Tribune
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Nouvelle Classe Business - Simplement mieux.
Cameroon Tribune du mercredi, 18 mai 2016.
Tapis rouge aux investisseurs à Youndé

ESSAMA ESSOMBA
National - Politique

En ouvrant les travaux mardi au palais des CongrĂšs, le prĂ©sident Paul Biya a dĂ©montrĂ© que le Cameroun offre des opportunitĂ©s variĂ©es d’investissement.

Que faut-il pour que les investisseurs nationaux et Ă©trangers saisissent ici et maintenant, ainsi qu’à l’avenir, les opportunitĂ©s qu’offre le Cameroun, terre d’attractivitĂ©s, pour investir et rester durablement dans notre pays ? Cette problĂ©matique globale est revenue en filigrane des rĂ©flexions et des pistes de solutions esquissĂ©es mardi en mi-journĂ©e Ă  l’ouverture de la confĂ©rence Ă©conomique internationale de YaoundĂ©. La cĂ©rĂ©monie solennelle d’ouverture prĂ©sidĂ©e par le prĂ©sident de la RĂ©publique, Paul Biya, s’est dĂ©roulĂ©e dans la grande salle du palais des CongrĂšs oĂč ont pris place tous les corps constituĂ©s de l’Etat, les membres du corps diplomatique, des invitĂ©s spĂ©ciaux, des opĂ©rateurs Ă©conomiques, des nombreuses personnalitĂ©s conviĂ©es Ă  cette occasion et des membres du CERAC.
AprĂšs l’hymne national et le passage sur Ă©cran d’un spot prĂ©sentant quelques-uns des atouts du Cameroun, le dĂ©lĂ©guĂ© du gouvernement auprĂšs de la communautĂ© urbaine de YaoundĂ©, Gilbert Tsimi Evouna, a souhaitĂ© la bienvenue Ă  tous les participants. Vous ĂȘtes chez vous Ă  YaoundĂ©, la ville aux sept collines, ville verte, ville accueillante, leur a-t-il dit. Profitez-en, a-t-il ajoutĂ© en substance, pour dĂ©guster l’art culinaire camerounais notamment au « Bois Ste Anastasie ». Pour d’autres plaisirs, avec prudence et sagesse.
Des conclusions utiles pour toute l’Afrique
Dans son discours d’ouverture, le prĂ©sident Paul Biya a, avant tout, exprimĂ© sa gratitude Ă  l’ensemble des personnalitĂ©s qui ont acceptĂ© l’invitation du Cameroun Ă  participer Ă  la confĂ©rence Ă©conomique internationale de YaoundĂ©. Il y voit leur intĂ©rĂȘt non seulement pour le dĂ©veloppement Ă©conomique du Cameroun mais aussi pour l’amĂ©lioration des conditions de vie des populations camerounaises. Il a indiquĂ© les deux principales articulations de la confĂ©rence, dans un premier temps (hier) l’examen de la situation Ă©conomique, la prĂ©sentation et l’analyse des atouts du Cameroun lors des tables rondes, dans un second temps (aujourd’hui) la rencontre entre investisseurs et opĂ©rateurs Ă©conomiques nationaux. Pour le chef de l’Etat, les conclusions de la prĂ©sente confĂ©rence devraient servir Ă  l’Afrique toute entiĂšre. VoilĂ  pourquoi il a relevĂ© quelques faits significatifs d’une histoire du dĂ©veloppement de notre continent analysĂ©e tantĂŽt avec un pessimisme outrancier dans les premiĂšres annĂ©es de l’indĂ©pendance, 1960 (l’Afrique noire est mal partie de RenĂ© Dumont) Ă  l’optimisme endormeur prĂ©sentant bĂ©atement l’Afrique, sans nuance aucune, comme le continent de tous les succĂšs Ă  venir. FidĂšle Ă  lui-mĂȘme, le prĂ©sident Paul Biya se dit « prudent ». Et d’exprimer, une fois de plus sur ce sujet, ses convictions. La croissance n’est pas une fin en soi, dit-il. Il faut aller au-delĂ  de sa mesure numĂ©rique. Il faut mettre l’homme au centre des initiatives Ă  caractĂšre Ă©conomique. Ceci est valable pour notre planĂšte Terre. Dans un monde dont l’interdĂ©pendance est toujours accrue, le dĂ©fi global consiste Ă  crĂ©er des espaces Ă©conomiques partagĂ©es. C’est, prĂ©cise-t-il, ce que le Cameroun recherche : promouvoir ici un partenariat gagnant-gagnant. D’oĂč l’appel aux investisseurs vers notre pays aux multiples atouts et aux nombreuses opportunitĂ©s.
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Cameroon Tribune du mardi, 24 mai 2016.
Les premiers résultats de la Conférence économique internationale

Josiane TCHAKOUNTE
National - Economie

AmĂ©nagement Ă©lectrique de Njock, construction de postes de pĂ©age, deuxiĂšme phase de l’autoroute YaoundĂ©-Douala, quelques projets qui ont suscitĂ© l’intĂ©rĂȘt auprĂšs des investisseurs.
SiĂšge de l’Agence de promotion des investissements (API) ce lundi 23 mai, au lieu-dit Nouvelle route Bastos Ă  YaoundĂ©. Il est 11h30 mn. Dans son bureau, le directeur gĂ©nĂ©ral, Marthe Angeline Minja en sĂ©ance de travail avec Jean-Claude Ebe-Evina, responsable du cabinet Bureau Gestion planchent sur les actes de la ConfĂ©rence Ă©conomique internationale de YaoundĂ©, tenue du 17 au 18 mai dernier. Le document doit ĂȘtre transmis Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique. C’est ici qu’est logĂ© le secrĂ©tariat technique de la confĂ©rence Ă©conomique assurĂ© par l’API, avec l’appui des cabinets Bureau Gestion et One2Five.
AprĂšs la confĂ©rence achevĂ©e depuis cinq jours, l’API continue de recevoir des investisseurs. Outre des Russes attendus hier aprĂšs-midi, l’Agence a travaillĂ© le week-end dernier avec des hommes d’affaires gabonais. Ces derniers voudraient investir dans la construction de postes de pĂ©age et des mini-centrales Ă©lectriques. « Ils souhaitent que le gouvernement les rassurent de ce que leur production sera rachetĂ©e par Eneo », souligne Marthe Angeline Minja.
Selon les informations fournies par le secrĂ©tariat technique, d’autres partenariats ont Ă©tĂ© signĂ©s en dehors de celui de CAMTEL avec l’amĂ©ricain William F Clark and Co. Un groupe canadien a signĂ© avec l’Agence d’électrification rurale (AER), un mĂ©morandum d’entente pour appuyer les actions du gouvernement dans ce secteur. Le DG de l’API a elle-mĂȘme signĂ© un partenariat avec Mohammed El Kettani, le prĂ©sident de Attijariwafa Bank. Il s’agit de voir dans quelles mesures le groupe bancaire pourrait financer des projets prĂ©sentĂ©s par l’Agence. « On accompagnera les investisseurs dans les discussions avec cette banque », prĂ©cise Mme Minja. Ces partenariats ne sont qu’une Ă©tape dans le processus devant aboutir Ă  la matĂ©rialisation des diffĂ©rents engagements. Les discussions se poursuivent dans ce sens.
Outre les 15 projets exposĂ©s dans les ateliers thĂ©matiques, une dizaine d’autres a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e aux investisseurs. Selon Jean-Claude Ebe-Evina, des investisseurs ont manifestĂ© leur intention pour deux projets prĂ©sentĂ©s dans l’atelier sur l’énergie, notamment l’amĂ©nagement hydro-Ă©lectrique de Njock sur le Nyong. Idem dans le secteur de l’agriculture. Dans le domaine des transports, BTP et amĂ©nagement du territoire, l’un des projets qui a suscitĂ© de l’intĂ©rĂȘt pour les investisseurs, c’est la deuxiĂšme phase de l’autoroute YaoundĂ©-Douala et Kribi-EdĂ©a. Sauf que, pour ce projet, comme pour les autres relevant de ce secteur, ils doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s sous le mode PPP (partenariat public-privĂ©). Et pour cela, les investisseurs devront attendre de soumissionner aux avis Ă  manifestation d’intĂ©rĂȘt qui seront lancĂ©s par les administrations concernĂ©es. Leur rĂ©alisation devrait commencer d’ici la fin de cette annĂ©e.
Les enjeux du Sommet d’Istanbul sur l'action humanitaire

Jean Francis BELIBI
International - Politique

Avec prÚs de 500 000 personnes en situation de détresse. Le Cameroun est plus que jamais attentif aux solutions attendues.
Mieux coordonner l’aide humanitaire face aux multiples crises mais aussi et surtout de remettre l’humanitĂ© au centre. Ce sont les principales prĂ©occupations au centre du premier Sommet mondial sur l’action humanitaire qui s’est ouvert hier Ă  Istanbul en Turquie, Ă  l’initiative du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies. Occasion Ă©galement pour la CommunautĂ© internationale de rĂ©flĂ©chir Ă  une meilleure appropriation des enjeux et des capacitĂ©s humanitaires par les populations frappĂ©es de catastrophes naturelles ou de conflits. Ceci afin de permettre Ă  ceux qui sont au cƓur des problĂ©matiques humanitaires d’ĂȘtre davantage acteurs et non seulement rĂ©cipiendaires de l’aide internationale. Une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement prennent part aux travaux qui s’achĂšvent ce jour. Le prĂ©sident de la RĂ©publique, Paul Biya, est reprĂ©sentĂ© Ă  cette rencontre par le ministre de l’Administration territoriale et de la DĂ©centralisation (MINATD), RenĂ© Emmanuel Sadi.
Il faut dire que la prĂ©sence de notre pays Ă  ces travaux n’est pas fortuite, comme on l’indique Ă  la direction de la Protection civile du MINATD. Le Cameroun est l’objet en ce moment, le terrain d’accueil de nombreuses personnes en situation de dĂ©tresse humanitaire du fait de l’insĂ©curitĂ© chez certains de ses voisins. Il y a d’abord la guerre contre la secte islamiste Boko Haram qui sĂ©vit au Nigeria et qui cause de nombreux dĂ©placements de populations sur notre territoire. Il y a ensuite les bandes armĂ©es qui sĂ©vissent en RĂ©publique centrafricaine. Ces situations entraĂźnent donc de nombreux dĂ©placements de populations. Les derniers chiffres rendus publics en la matiĂšre par le bureau du haut-commissariat des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s (HCR) au Cameroun font Ă©tat de la prĂ©sence de prĂšs de 275 000 Centrafricains, et prĂšs de 73 000 NigĂ©rians. Quant aux dĂ©placĂ©s internes, les chiffres ici Ă©galement vont toujours croissants. On recense prĂšs de 170 000 personnes dans cette situation dans la rĂ©gion de l’ExtrĂȘme-Nord, mĂȘme si une baisse de ceux-ci en raison des Ă©checs cuisants enregistrĂ©s par la secte islamiste du fait des forces camerounaises et des troupes des pays membres de la Commission du bassin du Lac Tchad. Mais l’aspect humanitaire reste prĂ©occupant. Dans un communiquĂ© rendu public, il y a quelques semaines, le reprĂ©sentant-rĂ©sident du HCR au Cameroun, Khassim Diagne estimait Ă  environ 45,5 milliards de F les besoins de ces personnes en situation de dĂ©tresse. Quand on ajoute les autres consĂ©quences, notamment l’insĂ©curitĂ©, on peut comprendre les attentes de notre pays vis-Ă -vis de la CommunautĂ© internationale dans une action oĂč de nombreuses actions, au plan local sont dĂ©jĂ  menĂ©es.
Match France-Cameroun, retrouvailles imminentes

Josiane R. MATIA
National - Sport

Les deux Ă©quipes s’affrontent, Ă  guichets fermĂ©s, pour la troisiĂšme fois seulement le 30 mai prochain.
Encore une semaine et les supporters des Lions indomptables assisteront Ă  une affiche allĂ©chante entre leur Ă©quipe et la France. Le 30 mai prochain Ă  21h (20h au Cameroun), au stade La Beaujoire de Nantes, Cameroun et France s’affronteront en effet dans le cadre d’une rencontre amicale. Un match de prestige donc pour le Cameroun qui n’avait plus rencontrĂ© d’équipe de cette envergure depuis une Ă©ternitĂ©, en amical du moins. Pour les Bleus, il s’agit de prĂ©parer l’Euro qu’ils accueillent dĂšs le 10 juin prochain. Et c’est certainement l’effervescence autour de cette compĂ©tition qui justifie que la rencontre se jouera Ă  guichets fermĂ©s. Selon la FĂ©dĂ©ration française de football, les 37 000 billets de La Beaujoire ont dĂ©jĂ  trouvĂ© preneurs.
Ce ne sera pourtant que la troisiĂšme fois que les deux Ă©quipes se rencontrent. Lors de leur premiĂšre confrontation, le 4 octobre 2000, en amical, Français et Camerounais s’étaient sĂ©parĂ©s sur un score de paritĂ© (1-1) au stade de France, avec Ă  la clĂ© une superbe bicyclette de Patrick Mboma restĂ©e dans les mĂ©moires. Lors de la finale de la coupe des ConfĂ©dĂ©rations, le 29 juin 2003 au stade de France toujours, sur laquelle planait le dĂ©cĂšs de Marc-Vivien FoĂ© en plein match quelques jours plus tĂŽt, la France Ă©tait difficilement venue Ă  bout des Lions (1-0). Depuis, beaucoup d’eau a coulĂ© sous les ponts pour les deux Ă©quipes. Il a fallu reconstruire aprĂšs des passages Ă  vide de chaque cĂŽtĂ©. Le groupe de Didier Deschamps, classĂ© 21e, s’en sort certainement mieux, face Ă  des Lions indomptables, 63e mondial, en quĂȘte de repĂšres.
Mais comme l’a rappelĂ© Hugo Broos, le sĂ©lectionneur national du Cameroun, le rĂ©sultat du 30 mai n’est pas une question de vie ou de mort mĂȘme s’il n’est pas question « d’y faire de la figuration ». France-Cameroun reste une rencontre amicale avant tout, prĂ©paratoire Ă  la 5e journĂ©e des Ă©liminatoires de la coupe d’Afrique des nations, le 3 juin, contre la Mauritanie. Depuis dimanche, les 23 joueurs convoquĂ©s arrivent Ă  Nantes oĂč a lieu le regroupement. La premiĂšre sĂ©ance d’entraĂźnement a eu lieu hier avec une quinzaine de joueurs sur le terrain annexe du stade Moulin Boisseau. Une confĂ©rence de presse est programmĂ©e cet aprĂšs-midi. Au moment oĂč nous mettions sous presse, Idriss Carlos Kameni Ă©tait attendu dans la taniĂšre. Le gardien de but de Malaga a Ă©tĂ© appelĂ© pour supplĂ©er AndrĂ© Onana, dont la mise Ă  l’écart du groupe n’a pas Ă©tĂ© expliquĂ©e.
Les Bleus ont, pour leur part, achevĂ© samedi dernier un stage d’une dizaine de jours Ă  Biarritz avant de rejoindre Clairefontaine, leur centre d’entraĂźnement. Si le groupe n’était pas complet en raison de certaines compĂ©titions europĂ©ennes en cours, ce sera le cas dĂšs cette fin de semaine.
La grippe fait rage à Yaoundé

Monica NKODO
National - Société

Dans plusieurs familles et hÎpitaux, elle affecte enfants, adultes et personnes ùgées.

Ses toussotements sont incessants. Dans la salle d’attente de cette clinique de YaoundĂ©, les patients commencent Ă  ĂȘtre un peu agacĂ©s. C’est que Francky E, huit ans, a la grippe et ne peut s’empĂȘcher de tousser. Une toux grasse
 « Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? C’est bien pour cela que nous sommes venus voir le docteur ! », dit sa mĂšre Ă  deux messieurs, visiblement gĂȘnĂ©s par les quintes bruyantes du petit. Le nez qui coule, la gorge enrouĂ©e, les yeux piquants et les courbatures Ă  n’en plus finir. De nombreuses personnes en consultation dans ce centre de santĂ© prĂ©sentent les mĂȘmes symptĂŽmes. D’aprĂšs le mĂ©decin, « c’est assez frĂ©quent depuis deux semaines. Nous recevons des habitants de la ville atteints de grippe. Pour certains, la fiĂšvre se fait mĂȘme si intense que nous les gardons en observation pendant quelques jours ».
Un tour dans les pharmacies permet Ă©galement de constater que les produits traitant cette maladie sont trĂšs demandĂ©s en cette pĂ©riode. Dans une de ces officines au marchĂ© central, ValĂ©rien Nouka regarde son ordonnance avec attention. « Je cherche un antitussif et de l’huile gomĂ©nolĂ©e pour soulager ma fille. Elle ne dort pas la nuit Ă  cause de ses narines bouchĂ©es », avoue-t-il. Sa fille est restĂ©e un peu trop longtemps exposĂ©e au froid, Ă  regarder les feux d’artifice lancĂ©s Ă  l’occasion de la FĂȘte nationale de l’UnitĂ©. D’aprĂšs le pharmacien, ce monsieur n’est pas le premier Ă  s’en aller avec des mĂ©dicaments antigrippaux ce matin du samedi 21 mai. Le climat instable - un coup froid, un coup chaud - serait l’une des principales raisons de cette multitude d’états grippaux Ă  YaoundĂ©, selon un mĂ©decin.
Dans les familles, les cas de contagion sont lĂ©gion. Danielle Kamnang tient sa grippe de son mari, qui lui-mĂȘme l’a attrapĂ©e au contact de leurs enfants malades. « J’étais en voyage, et quand je suis revenue il y a une semaine Ă  la maison, j’ai reçu l’hĂ©ritage », s’amuse-t-elle. Dans son quartier, Ă  Emombo, oĂč tout le monde n’a pas les moyens de se procurer des mĂ©dicaments en pharmacie, diverses prĂ©cautions sont Ă  l’ordre du jour. « Je me mets au chaud et je suis privĂ©e de glace, ma gourmandise prĂ©fĂ©rĂ©e. Et comme mĂ©dicaments, d’habitude, je ne prends rien. Ma grippe finit toujours par passer toute seule », rĂ©vĂšle une dame. « Je prends du gingembre dans de l’eau bouillante citronnĂ©e. Je le fais Ă  chaque fois que je suis grippĂ© », explique un call-boxeur. Juste Ă  cĂŽtĂ©, c’est le vendeur de bonbons et de mouchoirs (communĂ©ment appelĂ©s « lotus ») qui se rĂ©jouit. En attendant de pouvoir se faire vacciner contre ce virus de la grippe, il est conseillĂ© d’éviter au maximum les contacts avec des personnes malades. Le lavage des mains, reste l’un des moyens les plus efficaces contre la contagion.
Comment relever l’offre locale de maïs

Eric Vincent FOMO
National - Economie

A l’Ouest, pour rĂ©pondre Ă  la demande des partenaires du PIDMA Ă©valuĂ©e Ă  prĂšs de 35 000 tonnes de maĂŻs, des Ă©quipes du projet sensibilisent sur les moyens d’amĂ©liorer les rendements.

ConsidĂ©rĂ©e comme l’un des greniers agricoles du pays, la rĂ©gion de l’Ouest peut pour autant amĂ©liorer certaines de ses performances notamment en ce qui concerne la spĂ©culation maĂŻs. En 2014, les importations de maĂŻs sur le marchĂ© national s’élevaient Ă  prĂšs de 600 000 tonnes. Ce chiffre alarmant a de quoi inquiĂ©ter. Cependant, il peut ĂȘtre rĂ©sorbĂ© par une augmentation de la production dans la zone agro-Ă©cologique que constitue la rĂ©gion de l’Ouest. Cette augmentation aurait pour effet de faire rentrer de l’argent dans les poches des producteurs et boosterait ainsi l’économie nationale. Le Projet d’investissement et de dĂ©veloppement des marchĂ©s agricoles (PIDMA) l’a si bien compris. La semaine derniĂšre, l’unitĂ© rĂ©gionale du PIDMA Ouest/Nord-Ouest a sillonnĂ© quatre grands bassins de production de maĂŻs que sont les dĂ©partements des Bamboutos, du Noun, de la Menoua et du NdĂ©.
L’objectif visĂ© Ă  travers les rĂ©unions d’information et de sensibilisation tenues avec les coopĂ©ratives est de faire passer les producteurs d’une agriculture de subsistance et de faible productivitĂ© Ă  une agriculture commerciale durable. ConcrĂštement, il s’agit de faire grimper la production de maĂŻs de 1,5 tonne Ă  l’hectare Ă  4 tonnes minimum et amĂ©liorer la quantitĂ© du maĂŻs vendu Ă  hauteur de 15%. Selon le coordonnateur de l’unitĂ© rĂ©gionale Ouest/Nord-Ouest, FrĂ©dĂ©ric Yongue Simou, « Le dĂ©clencheur du Projet, c’est la coopĂ©rative. C’est une structure qui a une durĂ©e de vie assez longue et qui fait appel Ă  plus de responsabilitĂ© ».
Face Ă  la demande des agribusiness partenaires du Projet (sociĂ©tĂ© Nkam, SOCOCHAIR, SPC et SOCAVB), qui s’élĂšve Ă  34 500 tonnes, les organisations de producteurs de maĂŻs ont Ă©tĂ© Ă©difiĂ©s sur la nĂ©cessitĂ© de se constituer en coopĂ©ratives ainsi que sur les conditions Ă  remplir pour ĂȘtre partenaires du PIDMA. L’autre volet du Projet, ce sont les apports : 10% par la coopĂ©rative, 40% par une banque commerciale sous forme de crĂ©dit Ă  la coopĂ©rative et 50% par le PIDMA. Des facilitĂ©s sont Ă©galement octroyĂ©es pour amĂ©liorer les rendements des producteurs. A l’instar du dĂ©senclavement de 1500 km de route et la construction des magasins de stockage. Le PIDMA a Ă©tĂ© lancĂ© officiellement le 28 juin 2015, pour une durĂ©e de cinq ans (2015-2019).
Le Centre d’encadrement des Chefs d’entreprises en place

Josy MAUGER
National - Economie

Gestion des finances, planification des activités sont entre autresenseignements que propose ce programme dontle lancement officiel a eu lieu jeudi à Yaoundé.
Une entreprise en proie Ă  de nombreuses difficultĂ©s tant sur le plan des finances que de la gestion du personnel. Le chef d’entreprise, promoteur d’un groupe scolaire, entreprend une formation du programme Empretec sur le renforcement des capacitĂ©s. AprĂšs quelque temps, le profil du chef d’entreprise bascule de maniĂšre positive. L’établissement qu’il gĂšre est remis sur les rails. Les enseignants sont payĂ©s Ă  temps, le nombre d’élĂšves double avec Ă  la clĂ© de bons rĂ©sultats aux examens. C’est le tĂ©moignage deKamga Jacqueline, jeudi dernier Ă  YaoundĂ©, lors de la cĂ©rĂ©monie officielle du lancement du Centre Empretec Cameroun et du projet E-registration. CooprĂ©sidĂ©e par le ministre des Petites et moyennes entreprises de l’Economie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa), Laurent Serge EtoundiNgoa et du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la ConfĂ©rence des Nations unies sur le Commerce et le DĂ©veloppement (CNUCED), MukhistaKituyi.
Pour le MINPMEESA, le secteur privĂ© Ă©tant au centre de la politique Ă©conomique, il est question d’accorder beaucoup d’importance Ă  la professionnalisation des entrepreneurs camerounais. L’autre prioritĂ© demeure la diversification de mĂ©tiers pour une meilleure adĂ©quation avec le potentiel camerounais.Et le programme Empretec dirigĂ© par la CNUCED et logĂ© dĂ©sormais au Centre international de l’artisanat de YaoundĂ© vient comme une bouĂ©e de sauvetage pour les entrepreneurs dĂ©sirant accroĂźtre leur rendement. Avec le commerce comme activitĂ© dominante, fortement pratiquĂ©e par les Camerounais, il compte plus de 40% du tissu entrepreneurial du Cameroun. Les opĂ©rateurs Ă©conomiques devraient saisir cette opportunitĂ© proposĂ©e par la CNUCED pour la relance de leurs activitĂ©s commerciales. En termes de bilan, le programme qui existe depuis 2015 a enregistrĂ© 160 entrepreneurs locaux et formĂ©s 135 tandis que 122 ont Ă©tĂ© certifiĂ©s Empretec. Six sessions de formation sont prĂ©vues pour 2016 dans les rĂ©gions de l’Ouest, de l’Est, du Sud et du Nord-Ouest.
Le Carrousel: une belle partition en guise d’intro

Jeanine FANKAM
National - Politique

La musique de la gendarmerie nationale a assuré avec cet air patriotique.

Le prĂ©sident de la RĂ©publique vient de prendre place Ă  la tribune d’honneur, vendredi dernier au Boulevard du 20 mai. La gendarmerie nationale entre en scĂšne avec un grand air, au sens figurĂ© et au sens propre. Des voix et des instruments de son dĂ©tachement de musique sort le Carrousel. Une musique des grandes fĂȘtes. Le 20 mai au Cameroun, n’en est pas moins. L’orchestre chante « Cameroun uni pour la paix ».
Comme son titre l’indique, le chant promeut la paix, cĂ©lĂšbre l’unitĂ©, appelle Ă  une nouvelle dynamique « pour Ă©viter tout risque d’ébranler les fondements de notre nation ». « Cameroun uni pour la paix » rend aussi hommage aux soldats tombĂ©s et les autres victimes de Boko Haram. La majestueuse tenue de ce dĂ©tachement (du bleu parĂ© d’or) en rajoute Ă  la solennitĂ© de l’exĂ©cution musicale. Le mouvement d’ensemble, rigoureux dans son accomplissement, donne Ă  voir et Ă  rĂ©flĂ©chir. En chantant le Carrousel, les gendarmes forment des figures dont la croix et le carrĂ©. La croix symbolise le « Stop », « l’interdit ». Dans l’esprit du carrousel psalmodiĂ©, c’est certainement un « stop » Ă  la guerre, aux flĂ©aux sociaux, Ă  l’inertie.
Autre figure formĂ©e : le carrĂ©. Avec ses quatre cĂŽtĂ©s Ă©gaux et quatre angles droits, cette figure arithmĂ©tique renvoie, Ă  coup sĂ»r, Ă  l’égalitĂ© des peuples et l’unitĂ© du Cameroun dans sa diversitĂ©. DiversitĂ©, mais Ă©galitĂ© linguistique, ethnique, cultuelle et culturelle.
La foule reste mĂ©dusĂ©e par les sons, les Ă©lĂ©ments font leur show devant le prĂ©sident de la RĂ©publique, sans fausse note ! Le gĂ©nĂ©ral de brigade Daniel Elokobi Njock, directeur central de la coordination au SED, avec un visage rayonnant, ne les quitte pas du regard depuis la tribune. On le comprend ! Un peu plus de quatre minutes d’exĂ©cution, mais quatre minutes bien pleines !
Performance des entreprises, la SNH toujours maillot jaune

Josy MAUGER
National - Economie

Le classement 2016 des 500 premiĂšres entreprises Ă©tabli par le magazine Jeune Afrique a consacrĂ© cette sociĂ©tĂ© d’hydrocarbures.
Pour le magasine Jeune Afrique, la SociĂ©tĂ© nationale des hydrocarbures (SNH), premiĂšre entreprise nationale, arrive en 64e position au plan africain, soit sept places de gagnĂ© par rapport au classement prĂ©cĂ©dent. La SNH, avec un chiffre d’affaires de 2,332 milliards de dollars d’aprĂšs le magazine (environ 1200 milliards de F) devance au plan local la SociĂ©tĂ© nationale de raffinage (SONARA), classĂ©e 102e. Contrairement Ă  sa devanciĂšre, la SONARA perd 12 places comparativement Ă  2015. Le trio national de tĂȘte comprend en outre la SociĂ©tĂ© anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC), 215e africaine. Seulement onze entreprises camerounaises sont classĂ©es dans ce top 500 africain.
Cette annĂ©e, le classement africain est toujours dominĂ© par la SONATRACH, principale sociĂ©tĂ© d’hydrocarbures en AlgĂ©rie. L’entreprise est suivie par sa consƓur angolaise, la SONANGOL. Globalement, l’on note une certaine stabilitĂ© dans le haut du classement. Les sept premiĂšres entreprises en 2015, conservent leurs places dans ce hit-parade. Les entreprises sud-africaines sont les plus prĂ©sentes, avec 17 pensionnaires sur les 20 premiers. Au plan sous-rĂ©gional par contre, les entreprises camerounaises sont dominantes. Ici, la SNH se classe en tĂȘte des entreprises. Par ailleurs, trois entreprises camerounaises figurent dans le quatuor de tĂȘte et sept dans le top 10. Cependant, au plan de la rentabilitĂ©, Perenco Rio del Rey, 20e continental, est l’entreprise camerounaise la plus rentable. C’est d’ailleurs la seule entreprise nationale Ă  ĂȘtre classĂ©e dans le top 100 africain dans ce domaine. Ce classement des entreprises s’inscrit dans un contexte Ă©conomique difficile en Afrique. D’aprĂšs Jeune Afrique, pour la deuxiĂšme annĂ©e consĂ©cutive, le chiffre d’affaires des 500 plus grandes entreprises africaines a reculĂ©. La chute passe mĂȘme de 1,8% en 2015 Ă  7,8% en 2016. La principale cause de cette dĂ©gringolade, d’aprĂšs jeune Afrique, est l’évolution dĂ©favorable des taux de change pour les entreprises africaines. La baisse des cours du pĂ©trole et des minerais a aussi durement affectĂ© les acteurs de ces diffĂ©rents secteurs.
Cross MINDEF 2016: Patterson Dzoua et Micheline Nguegan vainqueurs

Steve LIBAM
National - Politique

Ils ont remportĂ© la course qui s’est dĂ©roulĂ©e Ă  travers les artĂšres de la capitale YaoundĂ© jeudi dernier.

DĂšs les premiers kilomĂštres, le soldat de 2e classe Patterson Dzoua, en service Ă  l’état-major de l’armĂ©e de l’air, avait dĂ©jĂ  creusĂ© l’écart sur les autres concurrents. AprĂšs le dĂ©part donnĂ© aumesse des officiers peu avant 6h du matin, le jeudi 19 mai dernier, le coureur Ă©tait dĂ©jĂ  en tĂȘte au moment d’amorcer la colline qui mĂšne Ă  la Basilique mineure Marie-Reine des apĂŽtres de MvolyĂ©. Le reste du parcours (carrefour Vogt, Cradat, Cetic de Ngoa-EkellĂ©, carrefour EMIA, MINEE, lac municipal, ENAM) se fera sans encombre pour lui, jusqu’à l’arrivĂ©e dans la cour d’honneur de la brigade du quartier gĂ©nĂ©ral en 32 mn 14s. « Je suis fier de cette victoire, qui est dans la continuitĂ© de celle de l’annĂ©e derniĂšre », confie le laurĂ©at. Dans la catĂ©gorie des coureurs de -35 ans, il devance le sergent FĂ©lix Tchikoua et le soldat de 1Ăšre classe Innocent Momo Songou.
Chez les athlĂštes de plus de 35 ans, le sergent-chef LyongaEssome, en service au 6e secteur militaire, dans la 2e rĂ©gion militaire interarmĂ©es, devance l’adjuvant Roland Nyame et l’adjudant-chef major Paul Kuete en 32 mn 21 s, au terme d’une course plus serrĂ©e. Du cĂŽtĂ© des dames, c’est Micheline Nguegan qui est arrivĂ©e la premiĂšre au terme des huit kilomĂštres du parcours. Pour sa premiĂšre participation au Cross du ministĂšre de la DĂ©fense, l’élĂšve sous-officier au centre d’instruction des sous-officiers des armĂ©es Ă  Koutaba, devance le caporal Tawasna. En service Ă  la brigade du quartier gĂ©nĂ©ral, cette derniĂšre aurait aimĂ© l’emporter devant les siens. « J’étais assez déçue. Mais c’est ainsi que la compĂ©tition l’a voulue. Je ferai mieux lors de la prochaine Ă©dition », assure-t-elle.
Cameroon Tribune du jeudi, 26 mai 2016.
Anne Marie NziĂ©, la voix d’or s’est Ă©teinte

Monica NKODO
National - Société

AprĂšs plus de deux semaines d’internement Ă  l'hĂŽpital central de YaoundĂ©, l’icĂŽne de la chanson camerounaise est dĂ©cĂ©dĂ©e dans la nuit de mardi 24 mai dernier.
Matin pĂ©nible ce mercredi 25 mai, dans la modeste demeure d’Anne Marie NziĂ© au quartier CitĂ©-verte Ă  YaoundĂ©. A son chevet depuis plus de deux semaines, les membres de la famille de la lĂ©gende de la musique camerounaise, disparue Ă  22h56 – selon ses proches – dans la nuit du 24 mai, sont extĂ©nuĂ©s. LessivĂ©s d’abord par la tristesse due Ă  la perte de leur mĂšre, grand-mĂšre, arriĂšre grand-mĂšre, belle-mĂšre, sƓur, tante, bref leur « maman ». FatiguĂ©s aussi par les montagnes russes d’émotions gravies depuis plus de deux semaines, entre espoir et dĂ©prime. Qu’attendaient-ils ? Un probable rĂ©tablissement. « La maman avait recommencĂ© Ă  parler, peu de temps aprĂšs son admission dans un Ă©tat critique au service de rĂ©animation et soins intensifs de l’hĂŽpital central. Quand je lui donnais son bain ou son repas, elle rĂ©agissait », rapporte sa belle-fille, Albertine Djeli.
C’est elle, qui avec Marlyse Dissabinga, la petite-sƓur, mais aussi cĂ©lĂšbre danseuse et accompagnatrice d’Anne Marie NziĂ©, veillaient jour et nuit Ă  ses cĂŽtĂ©s. Toutes les deux sont inconsolables. Jean Zang, petit-fils de Marlyse et d’Anne Marie, se prĂ©sente comme le chef de famille. Il raconte au moins une dizaine de fois, un rĂ©cit triste et rĂ©pĂ©titif. « Maman avait eu un AVC. Nous l’avons conduite Ă  l’hĂŽpital central le 8 mai dernier, oĂč elle Ă©tait suivie jusqu’à son dĂ©cĂšs mardi. Nous sommes meurtris », dit-il. Famille, amis et fans arrivent Ă  leur tour dans ce salon, oĂč les murs, sont de vĂ©ritables fresques de la vie et de l’immense carriĂšre de ce monument de la chanson camerounaise.
Naissance d’une icîne
NĂ©e vers 1931, Anne Marie Mvunga NziĂ©, tient son prĂ©nom de Anne Marie Lehmann, Ă©pouse d’un missionnaire amĂ©ricain, proche de la famille NziĂ© entre la fin des annĂ©es 1800 et le dĂ©but des annĂ©es 1900. Fille de Simon Pierre NziĂ© Nzhiougma, prĂ©dicateur de l’Eglise presbytĂ©rienne camerounaise, Anne Marie N. chante pour la chorale. A 12 ans, elle exĂ©cute un cantique qu’aucun choriste n’arrive Ă  suivre. Comme la chaussure de verre de Cendrillon, seule la voix d’Anne Marie N. collait Ă  ce couplet. Elle n’a que 12 printemps, et dĂ©jĂ  elle fait des Ă©tincelles. C’est Ă  l’Eglise qu’elle doit ses premiers pas dans la musique. Dans les annĂ©es 60 d’ailleurs, elle est connue pour ses morceaux religieux enregistrĂ©s par AndrĂ© Pache et TimothĂ©e Awono Nomo au Centre des techniques audiovisuelles de l’Eglise presbytĂ©rienne Ă  YaoundĂ©. Des titres intĂ©grĂ©s dans des programmes de Radio Cameroun et des radios chrĂ©tiennes d’Addis-Abeba et Monrovia. Sa passion est nourrie par son grand-frĂšre MoĂŻse NziĂ©, plus connu sous le nom de Cromwell. Un amour effrĂ©nĂ© pour la musique, que son mari, Franck Denis Nziou (elle l’épouse en 1958), partage avec elle pendant des dĂ©cennies.
Anne Marie NziĂ©, la voix d’or s’est Ă©teinte

Monica NKODO
National - Société

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Durant la dĂ©cennie 50-60, ils forment un duo, bref mais intense. Lui alto, parfois tĂ©nor, elle soprano, bien sĂ»r. Sa voix angĂ©lique sera sa marque, mĂȘme si Ă  ses dĂ©buts, ce don du ciel Ă©tait lĂ  pour accompagner sa guitare. En 1963, elle remporte mĂȘme un concours de guitaristes organisĂ© Ă  YaoundĂ© par le musicien allemand Siegfried Behrend. Elle est rĂ©vĂ©lĂ©e au grand public. Cet instrument, elle le gratte pour la premiĂšre fois sur un lit d’hĂŽpital, Ă  Bibia, son village natal dans l’arrondissement de Lolodorf, dĂ©partement de l’OcĂ©an. Elle y Ă©tait admise suite Ă  une plaie rebelle et tenace Ă  la jambe gauche. Cette Ă©pine se cramponne Ă  sa chair pendant plus de 10 ans, et dans ce mal pour un bien, Anne Marie NziĂ© forge son caractĂšre. Elle en aura besoin, elle, femme seule et bourrĂ©e de talent, dans un monde musical dominĂ© par des timbres masculins. Elle ne s’en sort pas trop mal. Elle est l’unique femme Ă  avoir produit trois disques en compagnie de son ensemble. On est en 1955 et elle n’a que 24 ans. Elle est le visage fĂ©minin des belles heures de Africambiance, maison de production, qui verra passer notamment Manu Dibango, Francis Bebey, entre autres.
La gloire, encore et toujours
Sous la main talentueuse de Mbonoh Samba, homme de radio et de spectacle, Anne Marie NziĂ© enchaĂźne les tubes dans la dĂ©cennie 60 : « Bibele abe », « Mename », etc. Ses chansons vivent, respirent et parlent Ă  tous. Elle chante l’amour et le mariage avec « Mabaze » ou « Reviens KMC ». Elle proclame son affection pour ses sƓurs dans « Sarah » et « Marguerite ». Elle condamne ces hommes qui trouvent tous les dĂ©fauts aux femmes dans « Bibele abe ». Elle cĂ©lĂšbre mĂȘme les autres flambeaux de la nation avec « Bessala le gorille », Ă©loge au boxeur camerounais, rĂ©cemment disparu lui aussi. Mais Anne Marie parle beaucoup de Dieu (elle est faite diaconesse de l’EPC paroisse de Nkomkana en 1984). A titre d’exemple, « LibertĂ© », publiĂ©e en 1984 par Ebobolo Fia, s’appelait en rĂ©alitĂ© « Dieu merci », quand Anne Marie N. l’a composĂ©e dans les annĂ©es 60.
La voix d’or camerounaise Ă©merge Ă  une Ă©poque bercĂ©e par les autres Miriam Makeba, Edith Piaf, Ella Fitzgerald, Aretha Franklin
 Le monde la rĂ©clame. Une tournĂ©e internationale en 1968 la mĂšnera par la France, l’AlgĂ©rie, le Ghana, le Nigeria, le SĂ©nĂ©gal, et en 1987, elle fera mĂȘme un voyage remarquĂ© en CorĂ©e du Nord ! Mais c’est ici, sur ses terres, que la chanteuse est adulĂ©e comme elle le mĂ©rite. Elle Ɠuvre dans l’orchestre national aussi bien dans l’encadrement que dans les prestations scĂ©niques, ceci pendant une dizaine d’annĂ©es. Elle fait mĂȘme l’actrice dans le film « Les coopĂ©rants » de Arthur Si Bita. C’est logiquement, qu’elle est appelĂ©e pour « Les fleurs musicales du Cameroun », un projet musical montĂ© en 1982. Il est si difficile de ressasser l’existence prolifique et incomparable d’Anne Marie NziĂ©. Celle qui nous a quittĂ©s le mardi 24 mai dernier Ă©tait une femme pieuse, douĂ©e, passionnĂ©e, attachĂ©e aux valeurs familiales – elle a Ă©levĂ© nombre d’enfants comme les siens, mĂȘme si elle ne connaĂźtra jamais le plaisir de la maternitĂ©. Adieu la maman des artistes !
Un réseau de faussaires démantelé dans les intégrations dans la Fonction publique

Elise ZIEMINE
National - Société

Auteurs et personnels intĂ©grĂ©s irrĂ©guliĂšrement dĂ©masquĂ©s par le MINFOPRA, dans le cadre de l’assainissement du fichier solde et personnels de l’Etat.
Coup de filet au ministĂšre de la Fonction publique et de la RĂ©forme administrative (MINFOPRA). Le chef de dĂ©partement, Michel Ange Angouing, et ses Ă©quipes ont dĂ©busquĂ© un rĂ©seau de faussaires durant les opĂ©rations d’assainissement du fichier-solde et personnels de l’Etat. Le communiquĂ© du ministre signĂ© le 24 mai dernier et rendant publique l’information n’indique pas qui ils sont. Encore moins dans quelle administration ils travaillent. Mais des sources bien introduites indiquent qu’il s’agit aussi bien des responsables du MINFOPRA que de ceux de plusieurs autres ministĂšres : Finances, SantĂ©, Education
Ces derniers auraient permis l’intĂ©gration irrĂ©guliĂšre de plusieurs personnes durant l’opĂ©ration de contractualisation des ex-temporaires en 2009. C’était sĂ»rement sans compter avec l’actuelle opĂ©ration d’assainissement du fichier solde et personnel de l’Etat.
D’aprĂšs le texte du MINFOPRA, les auteurs ont Ă©tĂ© identifiĂ©s et font dĂ©jĂ  face aux procĂ©dures disciplinaires, ceci sans prĂ©judice de poursuites judiciaires. Pour ce qui est des personnels irrĂ©guliĂšrement recrutĂ©s, Michel Ange Angouing explique que « les mesures conservatoires suivantes ont Ă©tĂ© prises : la suspension de solde immĂ©diate pour ceux percevant un salaire, la dĂ©sactivation de tous les matricules concernĂ©s et la saisine des administrations utilisatrices pour libĂ©ration Ă©ventuelle de ceux de ces personnels, qui seraient en activitĂ© ».
Dans la mĂȘme veine, le ministre de la Fonction publique appelle les chercheurs d’emploi et leurs familles Ă  plus de vigilance et de prudence. Rappelant qu’en tant que prĂ©sident des ComitĂ©s techniques chargĂ©s des recrutements spĂ©ciaux des 25 000 et des ex-personnels temporaires de l’administration, ces opĂ©rations sont bouclĂ©es et personne, quel que soit le motif, ne peut encore ĂȘtre recrutĂ© Ă  la Fonction publique camerounaise dans ce cadre. « Aucun individu n’a Ă©tĂ© mandatĂ© pour procĂ©der Ă  la collecte des dossiers de candidatures ou des requĂȘtes », martĂšle Michel Ange Angouing. En rappel, l’assainissement du fichier-solde de l’Etat est un processus visant la mise Ă  jour de ce dernier, afin que n’y figurent que les agents publics rĂ©guliĂšrement recrutĂ©s, placĂ©s dans leurs situations administratives et salariales idoines. Il est question d’évacuer les agents dĂ©cĂ©dĂ©s, dĂ©missionnaires, en dĂ©tachement, en indisponibilitĂ© mais aussi les Ă©lĂ©ments de rĂ©munĂ©ration indus.
Opération "coup de poing" à Douala V contre l'incivisme et la prostitution

Jean Baptiste KETCHATENG
Régions - Littoral

Contre le racolage des prostituĂ©es et les nuisances sonores, le sous-prĂ©fet reprend la rĂ©pression et rĂ©organise la police des mƓurs.
Les allĂ©es du quartier rĂ©sidentiel de Bonamoussadi en voient encore quelques-unes, mais Ă  en croire le sous-prĂ©fet de Douala V, Jean-Marie Tchakui Noundie, ce sont des rĂ©sistances rĂ©siduelles qui vont disparaĂźtre. DĂšs lors que l’action qu’il a engagĂ©e, avec les services locaux de sĂ©curitĂ©, contre la prĂ©sence de prostituĂ©es, est partie pour durer. Tout au moins le temps qu’il faudra pour que ces belles de nuit ne traĂźnent plus dans les rues de cet arrondissement peuplĂ© oĂč les zones chics suivent les secteurs d’habitation populaire et mĂȘme dĂ©favorisĂ©s.
Depuis prĂšs d’un mois, en effet, l’administration de Douala V a rĂ©guliĂšrement procĂ©dĂ© Ă  des rafles nocturnes de jeunes femmes sur le trottoir. Une trentaine d’interpellations a eu lieu et les suspectes se sont engagĂ©es Ă  ne plus revenir sur les lieux. Dans la foulĂ©e, plusieurs bars ont Ă©tĂ© fermĂ©s pour recel de prostituĂ©es, sans parler du tapage dont le voisinage s’est plaint. L’activitĂ© qui s’était rĂ©duite depuis les premiĂšres interventions il y a deux ans, a repris du poil de la bĂȘte avec l’amĂ©nagement d’établissements de loisirs sur lequel des entrepreneurs parasites ont greffĂ© des chambres de passe. Le procĂ©dĂ© nouveau des prostituĂ©es Ă©tait de dĂ©barquer comme n’importe quel noceur de Douala by night. Seulement, une fois sur le terrain, elles prenaient la tenue dĂ©nudĂ©e seyant Ă  leur activitĂ©.
« Ce qu’il s’est passĂ© c’est qu’un individu, connu sous le nom de Ntouba et le surnom de Champion, a fait construire des baraques derriĂšre une menuiserie aux abords de la route. C’est lĂ -bas que ces filles recevaient leurs clients dans des conditions sordides. Naturellement, cela a eu pour effet de relancer l’activitĂ© », explique le sous-prĂ©fet. Pour M. Tchakui, il est indĂ©niable que c’est ce dispositif qui a rĂ©organisĂ© le proxĂ©nĂ©tisme dans le coin. Aussi a-t-il fait lancer des recherches contre le cĂ©lĂšbre Champion, une figure de la nuit locale qui se ferait passer pour un caĂŻd : « Soit il se rend aux autoritĂ©s, soit il ne pourra plus jamais remettre les pieds Ă  Douala ».
A la diffĂ©rence de ce prĂ©sumĂ© proxĂ©nĂšte, les propriĂ©taires des bars en gĂ©nĂ©ral huppĂ©s des environs ont pris la campagne du bon cĂŽtĂ©. « Nous n’avions plus ce problĂšme ici depuis longtemps, c’est normal qu’on assainisse Ă  nouveau », explique l’un d’eux, en face du lieu dit Bijou-Bonamoussadi. A la diffĂ©rence d’un autre, qui selon les autoritĂ©s, aprĂšs avoir tempĂȘtĂ© et mĂȘme menacĂ© de reprĂ©sailles, a dĂ» cĂ©der son exploitation Ă  un entrepreneur plus vertueux. Ce qui devrait maintenir la donne nouvelle. D’autant plus que dĂ©sormais, la pression a Ă©tĂ© inversĂ©e : c’est Ă  eux d’assurer la police des mƓurs.
7000 souscripteurs enregistrés dans la Micro-finance agricole

MichĂšle FOGANG
National - Economie

Face Ă  la presse mardi, Janvier Mongui Sossomba a fait le point sur la campagne nationale de mobilisation des ressources.

7000 souscripteurs pour un peu plus de deux milliards de F. La moisson a Ă©tĂ© plutĂŽt abondante pour la Chambre d’Agriculture, des PĂȘches, de l’Elevage et des ForĂȘts (CAPEF) qui a rĂ©cemment parcouru les 10 rĂ©gions du pays pour une mobilisation de ressources destinĂ©es Ă  un Ă©tablissement de micro-finance agricole. La structure vise le plus grand nombre de producteurs agropastoraux. D’oĂč l’opĂ©ration de charme menĂ©e par Janvier Mongui Sossomba, le prĂ©sident de la CAPEF, dans le but de sensibiliser de potentiels souscripteurs. Face Ă  la presse hier, il n’a pas cachĂ© sa joie. « Le bilan de la campagne est plutĂŽt satisfaisant. Mieux, les rĂ©sultats engrangĂ©s vont au-delĂ  des objectifs escomptĂ©s », a-t-il dĂ©clarĂ©. Au rang des souscripteurs, bayam sellam, journalistes, agriculteurs, fonctionnaires.
D’aprĂšs Janvier Mongui Sossomba, la suite du chronogramme prĂ©voit l’élection des reprĂ©sentants des diverses rĂ©gions. « YaoundĂ© ne pouvant abriter les 7000 souscripteurs, nous allons organiser des assemblĂ©es rĂ©gionales constitutives au niveau des dĂ©partements au cours desquelles seront Ă©lus les reprĂ©sentants », a-t-il expliquĂ©. Une date sera, par la suite, fixĂ©e pour l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale constitutive Ă  YaoundĂ© oĂč les reprĂ©sentants des rĂ©gions Ă©liront les organes dĂ©libĂ©rants et exĂ©cutifs de l’établissement de micro-finance agricole. Une fois Ă©lus, lesdits membres devront trouver le nom de baptĂȘme de la structure. « Ils dĂ©cideront Ă©galement du statut juridique, identifieront les services Ă  offrir et dĂ©cideront entre autres de la durĂ©e des prĂȘts, du taux d’intĂ©rĂȘt et des modalitĂ©s de remboursement », a indiquĂ© Janvier Mongui Sossomba.
Les deux milliards de F n’étant encore que des intentions de souscription, les 7000 souscripteurs devront confirmer leur engagement devant le notaire, Ă  l’occasion de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de YaoundĂ©. En tant qu’actionnaires, ils seront Ă©difiĂ©s sur les modalitĂ©s de libĂ©ration de leurs fonds, « Ă©tant donnĂ© qu’il est exigĂ© la libĂ©ration d’un quart du capital Ă  l’ouverture des parts », a prĂ©cisĂ© Janvier Mongui Sossomba. Il a, par ailleurs, rassurĂ© la presse, prĂ©occupĂ©e par la gestion des fonds et la relation avec la banque agricole. « Loin d’empiĂ©ter sur les missions de la banque, l’établissement de micro-finance va plutĂŽt jouer un rĂŽle complĂ©mentaire en allant plus prĂšs des acteurs du monde agricole », a-t-il rassurĂ©. C’est ainsi que chaque chef-lieu de commune disposera d’une agence. Le siĂšge social sera, quant Ă  lui, Ă©tabli Ă  YaoundĂ©.