Cameroon Tribune
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YaoundĂ©: Les ordures s’accumulent

Jean Francis BELIBI

Depuis plusieurs jours, la capitale camerounaise est en proie à des problÚmes de ramassage des déchets.

MarchĂ© central de YaoundĂ©. Au lieu dit « SHO », un important tas d’ordures attire des mouches non loin de vendeurs qui semblent bien s’en accommoder. « Nous sommes dĂ©jĂ  habituĂ©s, parce que nous voyons cela depuis quelques jours et les ordures n’ont pas Ă©tĂ© ramassĂ©es » souligne Ibrahim A., vendeur d’oreillers. A quelques centaines de mĂštres de lĂ , une situation quelque peu paradoxale attire les regards. Quatre bacs vides sont posĂ©s Ă  cĂŽtĂ© d’un tas d’immondices non loin de la direction gĂ©nĂ©rale des ImpĂŽts. Au marchĂ© du Mfoundi, oĂč le dimanche est un jour non ouvrable, des Ă©quipes de balayage sont Ă  pied d’Ɠuvre, mais lĂ  s’arrĂȘte leur travail. Les ordures collectĂ©es sont dĂ©versĂ©es dans des bacs qui ne sont pas vidĂ©s. A cause de l’absence d’activitĂ©s dans ces lieux, des jeunes ont trouvĂ© un terrain de football, nonobstant les odeurs pestilentielles qui montent vers le ciel. Quelques kilomĂštres plus loin au quartier Mvog-Ada, c’est une situation similaire que vivent les populations, dont certaines n’hĂ©sitent d’ailleurs pas Ă  dĂ©verser leurs ordures dans les caniveaux en espĂ©rant comme le dit cette dame, que les pluies qui tombent sur la ville depuis quelques jours vont les emporter. Sans tenir compte des risques qui sont ceux encourus par les riverains.

Depuis quelques jours, YaoundĂ© semble avoir mal Ă  ses ordures, et aucun coin n’est Ă©pargnĂ© par cette situation. Le ramassage des bacs n’est plus fait comme de coutume. Joint hier matin, le dĂ©lĂ©guĂ© du gouvernement auprĂšs de la CommunautĂ© urbaine de YaoundĂ© se dit conscient de la situation. Gilbert Tsimi Evouna relĂšve des lenteurs dans le rĂšglement des factures dues Ă  l’entreprise chargĂ©e de la collecte des ordures, mĂȘme si, souligne-t-il, l’institution qu’il dirige s’emploie Ă  respecter ses engagements vis-Ă -vis de celle-ci. Une situation qui ne le laisse pourtant pas indiffĂ©rent. D’oĂč la concertation prĂ©vue ce jour dans le cadre de la traditionnelle rĂ©union hebdomadaire qu’il tient le lundi en vue de faire le point sur les diffĂ©rents chantiers qu’il conduit dans la ville dont il est le premier magistrat. En vue de trouver les voies et moyens pour faire face Ă  la situation au regard de l’ampleur du phĂ©nomĂšne.

A la base de l’entreprise HygiĂšne et salubritĂ© du Cameroun (Hysacam), l’activitĂ© semble tourner au ralenti. De nombreux camions de collecte sont garĂ©s, soit dans les hangars, soit dans la cour. En cause, nous rĂ©vĂšle le directeur de l’Agence, Claude Eboute Mbappe, que nous trouvons Ă  son bureau ce dimanche, des soucis pour le paiement des factures aux fournisseurs de carburant et des piĂšces dĂ©tachĂ©es de certains camions dĂ©jĂ  en panne. Moins d’une dizaine de camions sur la centaine en utilisation ici, et chargĂ©s de collecter les 1 300 tonnes d’ordures mĂ©nagĂšres produites dans la ville de YaoundĂ© chaque jour, est en service.
YaoundĂ©: Les ordures s’accumulent.
CAN féminine 2016: Tirage au sort en septembre

AngĂšle BEPEDE

La répartition des équipes dans les groupes se fera le 18 du mois prochain à Yaoundé.

Au petit jeu du « groupe de la mort », toutes les Ă©quipes veulent ĂȘtre Ă©pargnĂ©es. Le 18 septembre prochain, la ConfĂ©dĂ©ration africaine de football organisera Ă  YaoundĂ©, le tirage au sort de la CAN fĂ©minine 2016. La compĂ©tition est prĂ©vue du 19 novembre au 3 dĂ©cembre dans les villes de LimbĂ© et YaoundĂ©. Et dans un communiquĂ© publiĂ© sur son site Internet, « la CAF a le plaisir d’annoncer que le processus d’accrĂ©ditation pour les mĂ©dias souhaitant couvrir le tirage au sort de la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations fĂ©minine, Cameroun 2016, est ouvert du samedi 27 aoĂ»t au dimanche 11 septembre 2016 ».

Le Cameroun, pays-hĂŽte et qualifiĂ© d’office, les six Ă©quipes ( Afrique du Sud, Egypte, Ghana, Kenya, Nigeria et Zimbabwe) qualifiĂ©es Ă  l’issue des Ă©liminatoires le 12 avril et le Mali (remplaçant la GuinĂ©e Ă©quatoriale suspendue le 4 aoĂ»t dernier pour fraude) sauront contre quels adversaires ils se mesureront lors de la phase de groupe. Les Ă©quipes seront rĂ©parties dans deux poules de quatre pour la compĂ©tition. Le Kenya, qui a Ă©liminĂ© l’AlgĂ©rie, est le seul novice de cette compĂ©tition. Tout le monde voudra probablement l’avoir dans son groupe. Pour couvrir la cĂ©rĂ©monie de YaoundĂ©, la CAF prĂ©cise dans un communiquĂ© : « une demande ne vaut pas accrĂ©ditation. Toutes les demandes sont sujettes Ă  confirmation. Les confirmations ne se feront pas sur la base du premier arrivĂ©, premier servi. Ceux dont les demandes auront Ă©tĂ© acceptĂ©es seront notifiĂ©s et recevront des informations complĂ©mentaires ».

Dans l’antre des Lionnes, la prĂ©paration se poursuit. 26 joueuses entameront ce lundi, le quatriĂšme regroupement dans la perspective de cette compĂ©tition Ă  la maison. La mise au vert s’étendra jusqu’au 9 septembre prochain Ă  YaoundĂ©. A domicile, les coĂ©quipiĂšres de Christine Patience Manie rĂȘvent enfin de dĂ©crocher un titre continental.
Pour ou contre l’envoi des enfants à l’internat ?

Afrique

Augustin FOGANG

Au moment oĂč leur progĂ©niture entre simultanĂ©ment dans l’adolescence et dans l’enseignement secondaire, les parents se retrouvent face Ă  un dilemme par rapport Ă  la responsabilitĂ© du meilleur suivi dont les enfants ont grand besoin.

Faut-il s’en charger en famille ou les placer en internat ? Pour une infime minoritĂ© de parents nantis, consacrer des moyens consĂ©quents Ă  l’encadrement en famille de leurs enfants lycĂ©ens ou collĂ©giens ne pose a priori pas de problĂšmes. Du cĂŽtĂ© de la frange sociale dĂ©munie, le poids des charges minimales pour un enfant au secondaire (frais de scolaritĂ©, fournitures scolaires, tenue, transport, ration etc.) est dĂ©jĂ  suffisamment lourd pour envisager autre chose que le suivi en famille. Entre les deux extrĂȘmes, on retrouve de nombreux parents dĂ©sireux de garantir Ă  leurs adolescents admis dans l’enseignement secondaire un cadre pour mieux travailler, mieux se comporter, et autant que possible obtenir les meilleurs rĂ©sultats scolaires.

Pour toutes sortes de raisons et de contraintes, professionnelles ou autres, un grand nombre de parents n’est pas en mesure d’assurer personnellement le suivi des adolescents Ă  la maison. Et mĂȘme, le recours aux services de rĂ©pĂ©titeurs est considĂ©rĂ© comme un palliatif, faute de mieux. Convaincus de ne pouvoir assurer Ă  la maison un suivi adĂ©quat de la maniĂšre dont les adolescents gĂšrent, en dehors des heures de classe, leur temps d’étude, de loisirs et de repos, de nombreux parents optent pour leur placement en internat. LĂ  oĂč le bĂąt blesse, c’est qu’au regard des effectifs considĂ©rables de jeunes Camerounais accĂ©dant dans l’enseignement secondaire, trop peu d’établissements proposent aujourd’hui la formule d’internat.

Les Camerounais d’un certain Ăąge ont encore en mĂ©moire quelques Ă©tablissements secondaires dont la renommĂ©e s’est bĂątie sur l’excellente qualitĂ© des nombreuses promotions d’élĂšves formĂ©s en grande partie dans leurs internats. Sur les sites du LycĂ©e GĂ©nĂ©ral Leclerc Ă  YaoundĂ©, du LycĂ©e de Garoua, du LycĂ©e classique de Bafoussam, du LycĂ©e du Manengouba Ă  Nkongsamba, du LycĂ©e bilingue de BuĂ©a, pour ne citer que quelques-uns des Ă©tablissements les plus rĂ©putĂ©s des premiĂšres annĂ©es de l’indĂ©pendance du Cameroun, les installations jadis dĂ©volues Ă  l’internat (dortoirs, rĂ©fectoires) ont depuis belle lurette Ă©tĂ© reconverties en salles de classe. De nos jours, les Ă©tablissements Ă  rĂ©gime d’internat les plus sollicitĂ©s relĂšvent presque exclusivement de l’enseignement privĂ© confessionnel. Depuis quelques annĂ©es cependant, quelques Ă©tablissements privĂ©s laĂŻcs proposent autour de nos mĂ©tropoles des formules d’internat. Une offre certes suscitĂ©e par un besoin rĂ©el, mais qui n’est ni suffisante ni Ă  la portĂ©e de toutes les bourses pour constituer une vĂ©ritable alternative Ă  la quĂȘte des parents pour un cadre propice Ă  l’épanouissement de leurs ados.

Il est loisible que les Ă©tablissements Ă  rĂ©gime d’internat reviennent au goĂ»t du jour, aprĂšs avoir connu une perte de vitesse, Ă  mesure que se multipliaient les lycĂ©es et collĂšges toujours plus prĂšs des familles. Pour autant choisir d’envoyer les adolescents du secondaire dans les internats tel qu’ils fonctionnent aujourd’hui demande mure rĂ©flexion par rapport aux avantages et inconvĂ©nients de ce systĂšme
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Cameroon Tribune du mercredi, 31 août 2016.
Cameroun-PNUD: Une VIP chez les réfugiés

Patrice MBOSSA

L’administrateur du PNUD Helen Clark est allĂ©e rĂ©conforter les communautĂ©s des dĂ©placĂ©s internes poser la premiĂšre pierre du forage du marchĂ© de ZamaĂŻ.

On compte un peu plus de mille, les personnes victimes des crises sĂ©curitaires ayant fui leurs villages situĂ©s le long de la frontiĂšre nigĂ©riane pour trouver asile dans la localitĂ© de ZamaĂŻ, dĂ©partement du Mayo-Tsanaga, Ă  une quinzaine de kilomĂštres de la ville de Mokolo. Elles ont pratiquement tout abandonnĂ© et depuis prĂšs de deux ans, elles mĂšnent une vie prĂ©caire. En somme, ce sont des indigents. L’administrateur du Programme des Nations unies pour le dĂ©veloppement (PNUD) Ă©tait hier avec ces personnes qui ont besoin de tout. Helen Clark a accordĂ© une oreille attentive Ă  leurs prĂ©occupations qui se rĂ©sument aux problĂšmes de santĂ©, Ă  l’éducation des enfants et Ă  l’exercice des activitĂ©s gĂ©nĂ©ratrices de revenus. L’administrateur du PNUD qui Ă©tait visiblement touchĂ©e par la crise humanitaire imposĂ©e par la secte terroriste a dit avoir pris bonne note de ces dolĂ©ances. « Je rentre Ă  New York avec une idĂ©e prĂ©cise de vos besoins. Il est plus question de vous aider Ă  pratiquer des activitĂ©s gĂ©nĂ©ratrices de revenus d’abord ici et lorsque vous retournerez dans vos villages le moment venu», a dit l’administrateur du PNUD.

Avant de rencontrer la communautĂ© des dĂ©placĂ©s et des retournĂ©s, Helen Clark est d’abord allĂ©e poser la premiĂšre pierre en vue de la construction d’un forage d’eau au marchĂ© de ZamaĂŻ. Il s’agit lĂ  de l’un des plus grands marchĂ©s de bĂ©tail du Mayo-Tsanaga qui, chaque lundi accueille des milliers de personnes venues de tous les coins de la rĂ©gion de l’ExtrĂȘme-Nord et mĂȘme du NigĂ©ria voisin. Mais un marchĂ© excentrĂ© qui hĂ©las, ne dispose pas de point d’eau potable. On comprend d’ailleurs la joie qui animait les populations de ZamaĂŻ tout le long de la cĂ©rĂ©monie de pose officielle de la premiĂšre pierre pour ce forage. Midjiyawa Bakari, le gouverneur de l’ExtrĂȘme-Nord a saisi cette occasion pour poser Ă  l’administrateur du PNUD les principaux problĂšmes auxquels font face ses populations ; entre autres, les problĂšmes d’adductions d’eau potable, d’infrastructures routiĂšres et sanitaires. La pose de la premiĂšre pierre effectuĂ©e, Helen Clark a visitĂ© le hangar du marchĂ© de bĂ©tail entiĂšrement rĂ©habilitĂ©, il y a quelques, mois grĂące Ă  l’appui financier du gouvernement japonais, avec l’appui technique du PNUD. Dans la suite de l’administrateur du PNUD, on notait la prĂ©sence de S.E. Kunio Okamura, ambassadeur du Japon au Cameroun et elle de Najat Rochdi, reprĂ©sentante-rĂ©sidente du systĂšme des Nations-Unies. Elle a achevĂ© son sĂ©jour par un Ă©change avec la presse Ă  YaoundĂ©.
Public Debt: Cameroon’s Situation Is Satisfactory

Victorine BIY NFOR

The country’s debt situation stands at FCFA 4,754 Billion, representing 27.3 per cent of GDP.

Cameroon at the end of July this year had a debt situation of 4,754 billion FCFA, representing 27.3 per cent Gross Domestic Product, far below the 70 per cent ceiling set by the Central African Economic and Monetary Community, CEMAC, sub-region. This satisfactory situation will be maintained in the long-run if stakeholders continue to upgrade skills on mobilising resources for the State properly and in a more disciplined manner.

The Minister of Finance, Alamine Ousmane Mey, however says there is need to remain cautious when analysing the figures, given the implementation of projects for transforming the country into a middle income economy by 2035 as planned by the Head of State. The Minister made the disclosure in Yaounde yesterday August 30, at a ceremony to present the texts, missions and working procedures of the National Committee in charge of Public Debt, (NCPD). It was set up in 2008 by the Prime Minister to coordinate and follow-up the implementation of the national public indebtedness and public debt management policy with focus on developing objectives for State financial resources.

The Minister, who is also NCPD Chairperson, said government was committed to righting the wrongs of the past with the Heavily Indebted Poor Country Initiative (HIPC) of the early 2000 that led to the freezing of the country’s debts by partners. Making sure that the country was on the right path to “borrowing cautiously and spending wisely,” with focus on enabling future generations to repay debts normally, was primordial, Finance Minister stated. “We have to be careful in the conception, evaluation and mobilisation of resources to develop the country”, he said, stressing that NCPD members must know the position of the country’s debt policy where; “If we are not watchful enough while looking for resources to finance our development projects, we may end up in a situation where sustainability is not ensured.” Public debt concerns countries all over the world because of the risks involved. The one-day dialogue yesterday was part of efforts to maintain Cameroon’s possibility of mobilising resources for development. Cameroon therefore needs to maintain the quality of its signature in the financial market as well as with its donors so as to mobilise enough resources for development.
UMS: Petit poucet devenu grand

Jean Baptiste KETCHATENG

Le club monté en Ligue en 2013 vient de décrocher son premier titre de champion du Cameroun.

La tension n’était pas perceptible mais nul ne niait qu’à un moment, l’Union des mouvements sportifs (UMS) de Loum ne pensait qu’à ces trois points-lĂ . Il lui suffisait d’une seule victoire durant les trois rencontres de fin du championnat d’élite pour que la jeune pousse rentre davantage dans l’histoire nationale du foot. AprĂšs la coupe du Cameroun l’an dernier, UMS visait la place de numĂ©ro un du championnat. C’est chose faite. Etabli dans l’arriĂšre-pays, c’est un champion peu ordinaire qui a disputĂ© le match en retard de la 32e journĂ©e du championnat lundi Ă  Douala contre New Star (remportĂ© 2-1 par l’équipe de Loum). Rien n’aurait vraiment pu prĂ©sager ce succĂšs aprĂšs un dĂ©but de saison marquĂ© par plusieurs changements sur le banc de touche lors des dix premiĂšres journĂ©es. Mais, le jeune club a forcĂ© son destin.

Il y a, en effet, six ans seulement que le club a commencĂ© son exceptionnelle ascension vers les sommets locaux du football. A l’orĂ©e d’un sacre, il s’est retirĂ© dans le fief qu’il se construit, par choix, entre les plaines de Loum. Les joueurs y sont surveillĂ©s comme dans une famille. Sur le terrain d’entraĂźnement voisin de celui des compĂ©titions flambant neuf, ils peaufinent la stratĂ©gie de circonstance du coach Adolphe Eke. Mais les reporters de CT rendus sur place le week-end dernier n’en sauront pas plus. Les encadreurs veillent alors sur ce moment crucial en vue de la succession au Coton Sport de Garoua.

Les responsables de la sĂ©lection nationale qui n’ont pas retenu des joueurs d’UMS en prĂ©vision des prochaines rencontres des Lions indomptables se sont-ils donc trompĂ©s ? Non, assurent divers experts, il s’agit juste d’une Ă©valuation sur le champ, qui ne tient pas compte des performances tout au long de la saison. La preuve : sur-les-24 prĂ©-nominĂ©s pour le titre de meilleur joueur de la Ligue I de football (2015-2016), cinq licenciĂ©s de l’UMS ont Ă©tĂ© retenus. « Nous sommes les meilleurs », s’enthousiasme naturellement Luciano, qui partage sa passion du club et du foot avec des milliers de fans du petit poucet de Loum devenu grand. Preneur de vues dans le civil, l’homme accompagne l’équipe autant qu’il rend compte de ses exploits dĂ©sormais remarquĂ©s grĂące au mariage entre un investissement social et des talents sportifs. Tous les stades du Cameroun savent en effet distinguer les pointes de vitesse vers les buts d’un Rostand Kako, lorsqu’il est servi par Arouna Dang Ă  Bissene, quand ce n’est pas Alphonse Tientcheu qui bĂ©nĂ©ficie de l’organisation rĂ©ussie des bleu et jaune.
Education de base: Ă  l’école de la formation Ă  distance

Societé

Assiatou NGAPOUT M.

Un atelier de co-construction du programme Initiative francophone pour la formation Ă  distance des maĂźtres s’est tenu du 29 au 30 aoĂ»t Ă  YaoundĂ©.

Se former aux nouvelles mĂ©thodes d’enseignement tout en travaillant au quotidien, c’est dĂ©sormais possible pour les instituteurs des zones rurales et pĂ©ri-urbaines du Cameroun. Ceci Ă  la faveur du programme « Initiative francophone pour la formation Ă  distance des maĂźtres » (IFADEM) mis en place par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et co-construite par le ministĂšre de l’Education de base. C’est dans cette perspective que s’est tenu du 29 au 30 aoĂ»t dernier Ă  YaoundĂ© un atelier de co-construction du dispositif de l’IFADEM-Cameroun. Il est, en effet, question pour les responsables des diffĂ©rentes directions du ministĂšre de l’Education de base et les inspecteurs pĂ©dagogiques, avec l’appui de l’OIF et l’AUF, de trouver ensemble un dispositif de formation pour les instituteurs qui leur permette tout en restant dans leurs salles de classe, de s’outiller Ă  distance en bĂ©nĂ©ficiant du tutorat des conseillers pĂ©dagogiques et des inspecteurs.
D’aprĂšs Jean-François Maynier, coordonnateur de l’IFADEM, « il s’agit d’un dispositif qu’on voudrait mettre en place pour un public de 500 instituteurs sur un plan expĂ©rimental et voir comment cela peut s’intĂ©grer dans les politiques de formation continue du ministĂšre. » L’Objectif Ă©tant d’assurer une Ă©ducation Ă©quitable, inclusive et de qualitĂ© Ă  tous les Ă©lĂšves. Pour le ministre Youssouf Hadidja Alim, cet atelier arrive Ă  point nommĂ©, parce qu’organisĂ© Ă  la veille de la rentrĂ©e scolaire. Elle espĂšre cependant que les enseignants pourront se saisir de cette opportunitĂ© pour assurer une meilleure Ă©ducation aux enfants. L’IFADEM est un programme spĂ©cifique de formation des maĂźtres qui se traduit par le renforcement des capacitĂ©s nationales d’encadrement pĂ©dagogique et l’amĂ©nagement d’infrastructures adaptĂ©es. Le programme est dĂ©ployĂ© Ă  ce jour dans 11 pays. Les travaux s’achĂšvent mercredi.
Retour des vacances: la cohue dans les agences

Societé

Assiatou NGAPOUT M.

Depuis le dĂ©but de la semaine, les compagnies de transport interurbain sont prises d’assaut par les vacanciers, soucieux de regagner leurs lieux de rĂ©sidence.

La fine pluie qui a arrosĂ© la ville de YaoundĂ© hier matin n’a pas dĂ©couragĂ© les nombreux vacanciers Ă  se rendre dans les agences de transport de YaoundĂ© pour regagner leurs lieux de rĂ©sidence. C’est pour Ă©viter les bousculades de derniĂšre minute que Nathalie M., mĂšre de famille, accompagnĂ©e de ses quatre enfants a choisi ce mardi 30 aoĂ»t pour rentrer Ă  Douala. « Ce sera difficile de voyager la semaine prochaine. Du coup, nous profitons de ce dĂ©but d’affluence pour rentrer », lance-t-elle. De longues files devant les guichets, des salles d’attente pleines, alors que les arrivĂ©es et les dĂ©parts de bus sont incessants. La frĂ©quentation des agences de voyage a connu un pic depuis samedi 27 aoĂ»t dernier, selon un responsable d’une agence situĂ©e Ă  Mvan, Ă  YaoundĂ©.
Cette situation est source de nombreux soucis. Les manƓuvres des bus qui arrivent et partent y sont pour beaucoup. Mais les « attaquants » qui « harcĂšlent » les passagers dĂšs leur descente de taxis en rajoutent Ă  ces dĂ©sagrĂ©ments. Les salles d’attente s’avĂšrent trĂšs Ă©troites pour contenir tout ce beau monde. L’envie de vite partir se lit sur les visages de chaque passager. Pour rĂ©pondre Ă  cette forte demande, les responsables de ces structures ont redoublĂ© d’ingĂ©niositĂ©. Dans l’une des agences visitĂ©e par le reporter de CT, la chaĂźne d’orientation et de rĂ©ception des usagers a Ă©tĂ© bien structurĂ©e pour rĂ©sorber les problĂšmes d’affluence. Ici, plus de 1 200 voyageurs sont recensĂ©s chaque jour. « Les dispositions ont Ă©tĂ© prises pour dĂ©canter les embouteillages en injectant de nouveaux bus. Sur le plan sĂ©curitaire, nous avons sensibilisĂ© nos chauffeurs sur les automatismes du code de la route. Nos bus sont Ă©quipĂ©s du systĂšme GPS afin de limiter l’excĂšs de vitesse des chauffeurs sur les axes routiers. Nous commençons le travail trĂšs tĂŽt Ă  4h du matin », souligne, Marc W, responsable. Dans la plupart des agences, le nombre de guichets a Ă©tĂ© augmentĂ© pour rĂ©pondre Ă  cette forte affluence. La programmation des conducteurs des bus a Ă©galement subi des modifications. Pour limiter les cas d’accidents, le nombre de navettes a Ă©tĂ© rĂ©duit par chauffeur. En cette veille de rentrĂ©e scolaire, c’est dĂ©sormais deux voyages par jour. D’autres compagnies de transport sont confrontĂ©es au dĂ©ficit du parc-automobile. « Depuis samedi dernier, il y a plus de passagers que de bus. Certains voyageurs sont obligĂ©s d’attendre pendant des heures pour voyager et il en sera ainsi jusqu’au 5 septembre prochain », fait savoir Thomas Tatsinkou, responsable d’une autre agence de voyage de la place.
Désordre urbain: les chefs de quartiers interpellés

Societé

Mireille ONANA MEBENGA

Ces auxiliaires invitĂ©s par le prĂ©fet du Wouri Ă  apporter leur contribution Ă  l’amĂ©lioration de l’image de la ville.

Le prĂ©fet du Wouri souhaite que les chefs de quartiers s’impliquent dans la lutte contre le dĂ©sordre urbain pour rendre ce combat plus efficace. C’était la semaine derniĂšre au cours d’une rĂ©union regroupant les membres de la Plateforme de lutte contre le dĂ©sordre urbain et la protection civile. Selon Naseri Paul Bea, la contribution de ces auxiliaires de l’administration est capitale si on veut vĂ©ritablement changer l’image de Douala.
L’autoritĂ© administrative constate par ailleurs que les comitĂ©s mis en place ne fonctionnent pas du tout, d’oĂč un certain regain du dĂ©sordre urbain dans la ville. Dans la commune de Douala III par exemple, on trouve encore de nombreuses habitations sur les drains ou des constructions qui ne respectent pas l’alignement exigĂ© par les textes en vigueur. Avec les consĂ©quences pĂ©nibles que l’on sait, en cas de fortes pluies notamment.
La descente des membres de la Plateforme Ă  l’occasion de ses 27e assises n’a fait que confirmer les choses. Le carrefour Agip, le marchĂ© Mboppi, le Boulevard Ahmadou Ahidjo, ont, pour ainsi dire, renouĂ© avec le dĂ©sordre. Une escale en ces lieux des autoritĂ©s a permis de saisir de nombreuses marchandises qui n’auraient pas dĂ» ĂȘtre exposĂ©es Ă  ces endroits. Des descentes inopinĂ©es sont d’ailleurs prĂ©vues dans les prochains jours. Mais on sait que les commerçants en tort sont prompts Ă  investir les endroits libĂ©rĂ©s aprĂšs le passage des autoritĂ©s.
Le chantier du lieu dit Pont blanchisseur (arrondissement de Douala III toujours) qui doit accueillir les commerçants du carrefour Dalip et les menuisiers du marchĂ© Congo – un autre point de la rencontre – est toujours en cours d’exĂ©cution. D’aprĂšs les responsables de la CommunautĂ© urbaine de Douala, il faut encore assainir la zone, amĂ©nager un bloc administratif, les toilettes et bien d’autres aspects. A l’issue de tout cela, il est Ă  noter que les comitĂ©s seront renforcĂ©s pour maintenir un minimum de propretĂ© dans la ville. Lors de cette descente on aura notĂ© la prĂ©sence de 10 conseillers municipaux reprĂ©sentants les communes de Bafoussam 1er II et III, en formation Ă  la CommunautĂ© urbaine.
Etablissements scolaires: les « clandos » résistent

Dossiers de la redaction

Mireille ONANA MEBENGA

22 Ă©tablissements ne disposant pas d’autorisation de crĂ©ation et d’ouverture viennent d’ĂȘtre fermĂ©s dans le Littoral, conformĂ©ment Ă  la dĂ©cision du ministre des Enseignements secondaires. Alors que certains ont dĂ©jĂ  encaissĂ© les frais d’inscriptions.

Au total, 10 Ă©tablissements de la ville de Douala ont Ă©tĂ© fermĂ©s lundi matin, Ă  une semaine de la rentrĂ©e scolaire, par Njikam Aboubakar, inspecteur gĂ©nĂ©ral des services du gouverneur de la rĂ©gion du Littoral. Celui-ci Ă©tait accompagnĂ© du dĂ©lĂ©guĂ© rĂ©gional des Enseignements secondaires pour le Littoral, Henri Delors Sosso ainsi, que du tout nouveau dĂ©lĂ©guĂ© dĂ©partemental pour le Wouri, Janvier Yomba. Selon ces responsables, les promoteurs des Ă©tablissements fermĂ©s ne disposent pas d’autorisation d’ouverture de crĂ©ation d’une part, et d’autre part, ces Ă©tablissements sont dĂ©pourvus de commoditĂ©s (toilettes, points d’eau). Et pour certains de surcroĂźt, les dimensions des salles de classe ne sont pas respectĂ©es.
Au collĂšge d’enseignement gĂ©nĂ©ral « La MĂ©thode », situĂ© au quartier Ngodi Bakoko, au lieu dit « CarriĂšre », certains parents s’étaient dĂ©jĂ  acquittĂ©s des frais d’inscriptions alors que l’établissement doit ĂȘtre fermĂ©. Le dĂ©lĂ©guĂ© rĂ©gional a demandĂ© au principal prĂ©sent de procĂ©der au remboursement immĂ©diat desdits frais. Les bĂątiments construits Ă  la va-vite, pour des structures dĂ©plorables, ont fait frĂ©mir les autoritĂ©s. Aucune mesure de sĂ©curitĂ© n’a Ă©tĂ© prise par le propriĂ©taire, il y a de l’humiditĂ© partout ce qui ne garantit pas la sĂ©curitĂ© et la santĂ© des apprenants.
Le collĂšge « La MĂ©thode » n’est pas le seul dans cette situation d’illĂ©galitĂ©. Beaucoup d’autres Ă©tablissements sont dans une situation identique, et parfois mĂȘme dans un Ă©tat plus dĂ©plorable. Pour un chef d’établissement qui a requis l’anonymat, les procĂ©dures d’obtention d’une autorisation de crĂ©ation ou d’ouverture sont longues et pas du tout Ă©videntes. Il ajoute qu’au lieu de laisser les bĂątiments Ă  la merci des intempĂ©ries, « on prĂ©fĂšre commencer en attendant que la situation se dĂ©bloque ». Les Ă©tablissements clandestins sont lĂ©gion dans la rĂ©gion du Littoral. MĂȘme si depuis quelques annĂ©es leur nombre rĂ©gresse de façon considĂ©rable, on en trouve toujours. Au cours de l’annĂ©e scolaire 2015-2016, on en a dĂ©nombrĂ© 45. Et cette annĂ©e, ils sont au nombre de 22, dont 10 pour la seule ville de Douala.
Selon l’arrĂȘtĂ© N°160 du ministre des Enseignements secondaires, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, publiĂ© dans CT du 16 aoĂ»t dernier, 75 Ă©tablissements non-autorisĂ©s sont Ă  fermer. Cette dĂ©cision du 12 aoĂ»t 2016 mentionne clairement les motifs de fermeture : violation des formalitĂ©s lĂ©gales de crĂ©ation et d’ouverture. En plus du Littoral, avec 22 Ă©tablissements fermĂ©s, le Sud-Ouest est Ă  21, le Centre 16, le Nord-Ouest Ă  dix, l’Est Ă  trois et le Sud un (1). Le hic est que certains de ces Ă©tablissements ont dĂ©jĂ  encaissĂ© des frais d’inscriptions.
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Cameroon Tribune du mardi, 6 septembre 2016.
RentrĂ©e scolaire: Sept millions d’élĂšves au dĂ©part

SorĂšle GUEBEDIANG Ă  BESSONG

AprĂšs trois mois de vacances, ils renouent avec les bancs ce jour sur toute l’étendue du territoire.

Ce sont prĂšs de deux millions d’élĂšves dans le secondaire et plus de cinq millions dans le prĂ©-scolaire et le primaire d’aprĂšs des chiffres cumulĂ©s Ă©manant des ministĂšres des Enseignements secondaires et de l’Education de base, qui renouent dĂšs ce matin avec l’école sur toute l’étendue du territoire. Et pour s’assurer du dĂ©marrage des cours dans divers Ă©tablissements scolaires dans la ville de YaoundĂ©, le ministre des Enseignements secondaires Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe effectue le tour du propriĂ©taire. Et c’est par le lycĂ©e gĂ©nĂ©ral Leclerc qu’il entamera sa visite de terrain avant de se rendre dans huit autres Ă©tablissements. Son pĂ©riple s’achĂšvera au lycĂ©e bilingue de Nkol-Eton oĂč il donnera le ton de la rentrĂ©e scolaire 2016-2017. Une rentrĂ©e placĂ©e sur le thĂšme : « Intensification de la professionnalisation des enseignements pour une formation plus compatible avec la demande socio-Ă©conomique ».

Pour que tout soit fin prĂȘt ce matin, il a fallu que tous les maillons de la chaĂźne s’activent comme dans une fourmiliĂšre. Des responsables d’établissement en passant par le personnel administratif jusqu’aux enseignants et parents d’élĂšves, personne n’a eu de rĂ©pit le week-end dernier. A l’école publique du Centre vendredi dernier Ă  YaoundĂ©, les maĂźtresses et les maĂźtres ont pris des dispositions relatives aux premiers cours Ă  dispenser. « Nous avons reçu le matĂ©riel didactique et apprĂȘtĂ© de nouvelles affiches pour la classe oĂč les Ă©lĂšves apprennent l’ewondo. Nous avons dĂ©jĂ  prĂ©parĂ© les comptines en sons, l’alphabet, parce que l’ewondo n’est pas une discipline mais une langue d’enseignement. Nous rappelons Ă  nos Ă©lĂšves qu’apprendre cette langue permet de mieux parler et Ă©crire le français », explique ClĂ©mentine Ezah, enseignante. Les salles de classe et les bancs sont astiquĂ©s pour accueillir les enfants dans la propretĂ©.

Dans les familles, c’est aussi le branle-bas. Les parents ne lĂ©sinent sur aucun moyen pour que leurs enfants prennent le train de la rentrĂ©e. Les habitudes vont changer y compris les heures de rĂ©veil. « Les tĂ©lĂ©phones portables des plus grands sont rangĂ©s, les jouets des tout-petits Ă©galement. C’est fini la grasse matinĂ©e. L’heure de rĂ©veil est prĂ©vue pour 5h30 mn. Il faut s’apprĂȘter, prendre le petit dĂ©jeuner, prĂ©parer le goĂ»ter pour ceux de la maternelle puis prendre la route trĂšs tĂŽt pour Ă©viter les embouteillages », explique Marie Mfegue, mĂšre de famille.
Premiùre: les vampires d’Agnùs

Culture
Carine TSIELE

Réalisé par Franck Thierry Lea Malle, le court métrage met en exergue la perception de la société rurale sur la maladie mentale.

« Mes vampires ». Le titre fait penser à une série diffusée sur la chaßne de télévision NT1 : Vampire Diaries. Série télévisée dramatico-fantastique américaine, dans laquelle les créatures assoiffées de sang tuent font la guerre contre les humains sont en guerre. Loin de là, ce court métrage laisse pourtant entendre une autre réalité.
Il s’agit de l’histoire d’AgnĂšs, persuadĂ©e de vivre dans un village plein de vampires et de sorciers. Elle arrive quand mĂȘme Ă  survivre tant bien que mal en les Ă©vitant. Jusqu’à l’arrivĂ©e d’un jeune Ă©tudiant dans le village. Convaincue que les « vampires » vont essayer de le tuer, AgnĂšs dĂ©cide de leur faire face. Dans la quĂȘte du salut du jeune homme, elle va dĂ©couvrir que ces « vampires » n’existent que dans sa tĂȘte.
En rĂ©alitĂ© AgnĂšs, souffre d’un problĂšme mental, depuis cet accident de voiture qui a coĂ»tĂ© la vie Ă  ses parents, au cours duquel elle a eu un choc Ă  la tĂȘte. Il a fallu l’arrivĂ©e dans le village du jeune vacancier pour convaincre sa tante de l’emmener dans un hĂŽpital psychiatrique. Un dĂ©nouement heureux. A la fin du film c’est une AgnĂšs guĂ©rie qu’on retrouve et cette derniĂšre admet enfin que les habitants du village ne sont pas des vampires, mais ce sont des personnes qui l’aiment et ne veulent que son bien.
Le court mĂ©trage de Franck Thierry Lea Malle, dĂ©voile la perception de la sociĂ©tĂ© rurale sur la maladie mentale. Le rĂ©alisateur veut ainsi faire comprendre au public qu’elle ne doit pas ĂȘtre perçue comme une manifestation de la sorcellerie. Cette Ɠuvre de trente minutes lui a permis d’ĂȘtre en compĂ©tition aux Ecrans Noirs en juillet dernier, dans la catĂ©gorie du meilleur court mĂ©trage.
Paludisme dans le Nord: la moustiquaire en souffrance

Dossiers de la redaction
Eric ELOUGA

Une campagne de « chimio-prĂ©vention »vient supplĂ©er l’utilisation des Milda, qui ont du mal Ă  rentrer dans les habitudes.

Le 23 aoĂ»t dernier, la premiĂšre phase de la nouvelle campagne de lutte contre le paludisme dans la rĂ©gion du Nord s’est achevĂ©e Ă  Poli. La « Chimio-prĂ©vention », nom de la mĂ©thode de cet autre opĂ©ration, consiste en l’administration de deux antipaludiques par voie orale, chez tous les enfants de 3mois Ă  5 ans. Le dĂ©roulement de cette campagne Ă  un moment oĂč les cas de paludisme se multiplient de façon inquiĂ©tante dans les formations sanitaires de la rĂ©gion du Nord, n’est sans doute que pure coĂŻncidence.
Leur concomitance vient toutefois rappeler des chiffres alarmants, qui font du paludisme, la premiĂšre cause sanitaire dans le Nord.En 2015, la maladie reprĂ©sente plus de 40% des causes de consultation, 37,4% de mortalitĂ© en hospitalisation de maniĂšre gĂ©nĂ©rale. Et pour les enfants de moins de 5 ans, cibles principales de la « chimio-prĂ©vention », ces chiffres sont plus Ă©levĂ©s avec 45% de morbiditĂ© en consultationpourpresque 60% de taux de mortalitĂ© lors des hospitalisations. Et si l’UnitĂ© rĂ©gionale de lutte contre le paludisme ne dispose pas de chiffres de l’annĂ©e en cours sur la prĂ©valence de la maladie, la communautĂ© de la santĂ© reconnaĂźt unanimement que la situation du paludisme dans le Nord reste des plus prĂ©occupantes.
Un constat qui n’a pas manquĂ© de soulever rapidement une autre question. L’introduction de la « chimio-prĂ©vention », qui en est Ă  sa phase expĂ©rimentale, souligne-t-elle des insuffisances sur les prĂ©cĂ©dentes opĂ©rations. Notamment celle d’utilisation des moustiquaires imprĂ©gnĂ©es Ă  longue durĂ©e d’action (Milda), dont une nouvelle sĂ©quence de distribution se dĂ©roulait encore dans l’ensemble de la rĂ©gion, il y a quelques semaines.
Depuis le lancement de la campagne Milda en 2010, plus de 2 millions de moustiquaires ont Ă©tĂ© distribuĂ©es dans les quatre dĂ©partements du Nord (786.207 en 2011 et 1.362.401 en 2016). Si on considĂšre une population Ă©valuĂ©e Ă  un peu plus de 2, 5 millions d’ñmes, en comptabilisant une moyenne de deux personnes dormant sous une mĂȘme moustiquaire, l’opĂ©ration peut ĂȘtre qualifiĂ©e de franc succĂšs. Cela Ă©quivaudrait en effet Ă  100% des populations « protĂ©gĂ©es » du palu grĂące aux Milda.
Las, d’annĂ©e en annĂ©e, le retour des pluies entre mai et septembre, entraĂźne inexorablement une hausse des cas de maladie Ă  travers les formations sanitaires. Et l’adoption d’une nouvelle stratĂ©gie, certes dite « complĂ©mentaire », semble indiquer que des insuffisances ont Ă©tĂ© relevĂ©es. Communication insuffisante, pesanteur des croyances et traditions ou effets pervers de la pauvretĂ©, les Milda n’ont toujours pas un niveau d’utilisation satisfaisant. La nouvelle approche, dit-on, a fait ses preuves en zone sahĂ©lienne et on en attend beaucoup.