Cameroon Tribune
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Cameroon Tribune du lundi, 20 juin 2016.
Effondrement d’un immeuble, Cinq morts !

Armand ESSOGO
National - Société

Cette fois, le drame a eu lieu Ă  Douala au lieu dit Ndogbat hier aux premiĂšres heures.
Douala s’est rĂ©veillĂ©e hier sous le choc. Aux premiĂšres heures de la journĂ©e, la nouvelle de l’effondrement d’un immeuble au quartier Ndogbat (arrondissement de Douala III) s’est rĂ©pandue comme une trainĂ©e de poudre plongeant les populations dans l’émoi. Les tĂ©moignages fiables font Ă©tat de ce que c’est autour de 2h du matin que l’immeuble R+3 en construction s’est effondrĂ©, mettant Ă  dĂ©couvert fers Ă  bĂ©ton et importante quantitĂ© de sable. Le bĂątiment, dont le propriĂ©taire rĂ©side hors du pays, avait au niveau du rez-de-chaussĂ©e un bar encore ouvert au moment de la dislocation. La raison en est que quelques habituĂ©s de ce coin plutĂŽt bien frĂ©quentĂ©, regardaient encore un match de la Copa America.
Dimanche en matinĂ©e, alors que les sapeurs-pompiers s’affairaient sur le site, on hĂ©sitait encore sur le bilan exact. A titre provisoire, on a d’abord enregistrĂ© un mort, dĂ©posĂ© Ă  la morgue de Logbaba par les soins de la CommunautĂ© urbaine de Douala. Cependant des renseignements fournis par le gĂ©rant du bar ont permis aux Ă©quipes de secours de savoir qu’il y avait d’autres personnes sous les dĂ©combres. En dĂ©but d’aprĂšs-midi, quatre autres corps sans vie ont Ă©tĂ© retirĂ©s. Ce qui porte le bilan de cet effondrement Ă  cinq morts.
Reste que pour connaĂźtre une partie de la vĂ©ritĂ© sur cet autre effondrement d’un immeuble, le responsable du chantier a Ă©tĂ© interpellĂ© et conduit Ă  la brigade de recherche de la compagnie de gendarmerie de Douala II pour enquĂȘte. Mais sans attendre d’avoir tous les contours du dossier, les populations, Ă©branlĂ©es par le drame, ont accouru. On pouvait clairement identifier les membres de la famille de Bassong Tchekam Alain Zacharie dont le corps a Ă©tĂ© retrouvĂ© en premier lieu. Les femmes Ă©taient assises Ă  mĂȘme le sol, inconsolables. NĂ© en 1975 Ă  Douala, l’infortunĂ© qui habitait derriĂšre l’immeuble passait son chemin quand il a reçu la charge fatale. Le drame a mobilisĂ© les autoritĂ©s de la ville, au premier rang desquelles le gouverneur de la rĂ©gion du Littoral, Samuel DieudonnĂ© Ivaha Diboua. AprĂšs son passage, un cordon de sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© Ă©rigĂ© pour permettre de contenir une foule de curieux qui gĂȘnaient manifestement le dĂ©ploiement des sapeurs-pompiers. Il a finalement fallu un dĂ©ploiement des gendarmes pour que la pelle excavatrice de la CommunautĂ© urbaine de Douala dĂ©molisse ce qui restait de l’édifice dans l’espoir de porter assistance Ă  d’éventuels survivants
National Assembly Committee Adopts Penal Code Bill

George MBELLA
National - Politique

Members of the Constitutional Laws Committee who started scrutinising the bill on Friday June 17, 2016 extended discussions to the following day before adoption.

The Minister of State, Minister of Justice, Keeper of the Seals, Laurent Esso, accompanied by the Minister of External Relations, Lejeune Mbella Mbella, left the Mallam Yero Committee Room of the National Assembly at about 3 pm on Saturday, June 18, 2016, looking rather satisfied after members of the Committee on Constitutional Laws, Human Rights and Freedoms, adopted the bill on the new Penal Code.
The MPs started scrutinizing the bill on Friday, June 17, 2016 at 2pm after Minister of State Laurent Esso re-emphasised the need for government to revise the 51-year old Penal Code. According to the Director of Legislation in the Ministry of Justice, Dr. Kenfack Douajni Gaston, the Keeper of the Seals narrowed down the debate to nearly 100 new or modified Sections out of the 372 Sections of the Penal Code. Section by Section, the MPs, led by the Constitutional Laws Committee Chair, Hon. Zondol Herssessé, sought clarifications that were given by Minister of State, Laurent Esso.
The MPs were also debriefed on the rationale behind innovations like community service and reparatory sentence as alternatives to imprisonment for offences punishable by maximum of two-year jail terms. “Men having children out of wedlock should be punished because that is evidence of adultery,” Hon. Tomaino Ndam Njoya is reported to have suggested when Section 361(2) introducing the punishment of a married man’s adultery was discussed.
UPC MP, Hon. Robert Bapooh Lipot even told Cameroon Tribune that the atmosphere which prevailed during the discussions was quite convivial as the government minister offered sound explanations even for other criminalised behaviours such as the illegal sale of medication, rent fraud and the eviction of a spouse from the matrimonial home by any person other than the spouse of the victim, amongst others. The Committee is expected to present its report to the entire Chamber in the days ahead for adoption during plenary.
Embarras sur les Chantiers routiers de Yaoundé

Elise ZIEMINE
National - Société

A Mvog-Atangana Mballa jeudi, le ministre Jean Claude Mbwentchou a demandé aux riverains de ne pas retarder inutilement les travaux de réhabilitation.
C’est l’un des chantiers du plan triennal d’urgence pour l’accĂ©lĂ©ration de la croissance, qui semble marquer le pas sur place. La preuve, au cours de la visite effectuĂ©e par Jean Claude Mbwentchou, ministre de l’Habitat et du DĂ©veloppement urbain (MINHDU) dans la ville de YaoundĂ©, ce quartier a Ă©tĂ© le lieu d’oĂč le ministre n’est pas reparti souriant.
Le problĂšme, explique une source bien introduite, c’est que les travaux entamĂ©s en septembre 2015, ont connu quelques problĂšmes du fait de la non-libĂ©ration des emprises par les commerçants, les rĂ©sidences privĂ©es et les autres. « Il fallait procĂ©der aux expropriations et permettre Ă©galement Ă  l’entreprise. Arab Contractors de signer des contrats avec les sous-traitants des concessionnaires (ENEO, CAMWATER, CAMTEL) pour dĂ©placer les rĂ©seaux », dĂ©taille notre interlocuteur. Ajoutant que ce n’est que le 25 mai dernier, que la CommunautĂ© urbaine de YaoundĂ© a engagĂ© les dĂ©guerpissements. De la premiĂšre interruption des travaux en octobre 2015 Ă  mai 2016, il y a eu prĂšs de six mois de nĂ©gociations, entre l’Etat et les populations.
Ce jeudi 16 juin, les travaux ne semblent guĂšre plus avancĂ©s. Le site est interdit Ă  la circulation et au public. L’on y dĂ©couvre une surface Ă©largie pour la chaussĂ©e. A certains endroits, l’on surprend des topographes Ă  pied d’Ɠuvre. A l’entrĂ©e du cotĂ© de Mvog-Mbi, commerçants et populations sont de loin plus nombreux que les ouvriers. Ceci alors qu’une plaque indique : « Chantier interdit au public ». « Ces problĂšmes sont Ă  l’origine du retard enregistrĂ© dans les travaux. Nous sommes Ă  33% du taux d’avancement pour une consommation des dĂ©lais de 80% », regrette la source. Venu s’assurer de l’état d’avancement des travaux, Jean Claude Mbwentchou a demandĂ© aux populations d’ĂȘtre participatives. « Les dĂ©cisions du chef de l’Etat visent l’amĂ©lioration de vos conditions de vie », leur a-t-il rappelĂ©. Les concessionnaires ont, quant Ă  eux, Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  ĂȘtre prĂ©sents sur le chantier, pour le dĂ©placement des rĂ©seaux.
La rĂ©habilitation des voiries au niveau du quartier Mvog-Atangana-Mballa fait, en effet, partie, des travaux lĂ©gers du plan triennal d’urgence pour l’accĂ©lĂ©ration de la croissance entamĂ© dans les villes de YaoundĂ© et de Douala. Ces travaux lĂ©gers reprĂ©sentent Ă  peu prĂšs 113 km de routes Ă  rĂ©parer, pour cette premiĂšre phase.
Forwarded from Cameroon Tribune
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La CEMAC affine ses propositions sur les APE

Jean Baptiste KETCHATENG
Afrique - Politique

Dans un mois, le président gabonais recevra au nom de ses pairs les suggestions des experts locaux.
Fin juin, dĂ©but juillet. C’est l’espace de temps durant lequel va certainement intervenir la fin des dĂ©bats techniques prĂ©parant la dĂ©cision des chefs d’Etat d’Afrique centrale au sujet d’un Accord de partenariat Ă©conomique (APE) rĂ©gional avec l’Union europĂ©enne (UE). Le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’AmĂ©nagement du territoire (MINEPAT), Louis-Paul Motaze, a ainsi rĂ©sumĂ© vendredi 17 juin 2016, le calendrier de cet ultime round de nĂ©gociations entre l’Afrique centrale et l’Europe jusqu’ici principalement liĂ©s par des accords dits ACP. C’était Ă  la clĂŽture de quatre journĂ©es de rĂ©flexion du comitĂ© rĂ©gional de coordination des nĂ©gociations APE rĂ©uni Ă  Douala pour sa 40e session.
A ce moment attendu, les ministres chargĂ©s des nĂ©gociations APE auront un document Ă  prĂ©senter au prĂ©sident gabonais Ali Bongo Ondimba, dĂ©signĂ© par ses pairs pour parrainer le processus de changement. Il s’agit globalement de redĂ©finir les conditions d’échanges commerciaux avec l’UE qui dans le cadre ACP disposait de rapports particuliers avec les pays d’Afrique centrale. L’exigence de libĂ©raliser davantage le commerce qu’impose l’ordre Ă©conomique mondial a amenĂ© l’Europe Ă  réévaluer ses contrats avec l’Afrique mais dans la rĂ©gion, les dĂ©bats Ă©taient bloquĂ©s depuis septembre 2011. Or, dĂšs le 1er octobre 2016, l’UE s’est fixĂ© l’objectif d’arrĂȘter tout dĂ©bat sur cette question qui intĂ©resse les tarifs douaniers, les importations et les exportations. En somme, cela reviendrait, pour l’Afrique centrale et ses matiĂšres, Ă  se voir imposer toutes les rĂšgles commerciales mondiales sans prĂ©fĂ©rence, vis-Ă -vis de l’un des premiers clients.
C’est dire si la question est importante. Pierre Moussa, le prĂ©sident de la Commission de la CommunautĂ© Ă©conomique et monĂ©taire de l’Afrique centrale (CEMAC) a mĂȘme estimĂ© que ne pas s’accorder avec l’UE, sur les conditions d’ouverture du marchĂ©, fragiliserait davantage les Ă©conomies de la rĂ©gion. Toutefois, a-t-il notĂ© pour s’en satisfaire, la force de l’ensemble CEMAC est de demeurer engagĂ© dans une logique d’intĂ©gration et de solidaritĂ©. La position d’avance prise par le Cameroun qui a signĂ© un accord d’étape dans ce sillage ne devrait alors qu’éclairer les discussions et non les freiner ou les dĂ©sagrĂ©ger, a prĂ©cisĂ© le MINEPAT. Comme le ministre, M. Moussa a soulignĂ© l’importance de prĂ©server les acquis communs tout en s’arrimant au changement jugĂ© inĂ©luctable.
Nouveau geste du chef de l’Etat à l'endroit des Victimes de Boko Haram

Joël MAMAN
National - Politique

A Tourou, village frontalier du Nigeria, le gouverneur de l’ExtrĂȘme-Nord a remis un don du prĂ©sident de la RĂ©publique.
Tourou, petite localitĂ© du dĂ©partement du Mayo-Tsanaga dans la rĂ©gion de l’ExtrĂȘme-Nord a Ă©tĂ© le théùtre dans la nuit du 19 au 20 mai dernier, d’une attaque terroriste des membres de la secte islamiste Boko Haram. Des pertes en vies humaines ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es, de mĂȘme que des dĂ©gĂąts matĂ©riels tels que la destruction des habitations. Face Ă  cette situation, les pouvoirs publics ont dĂ©cidĂ© de voler au secours des populations de la localitĂ©. C’est ainsi que la semaine derniĂšre, le prĂ©sident de la RĂ©publique y a dĂ©pĂȘchĂ© le gouverneur de la rĂ©gion de l’ExtrĂȘme-Nord. D’abord pour transmettre son message de rĂ©confort Ă  l’ensemble des populations. Ensuite, le chef de l’Etat en a profitĂ© pour apporter de l’aide Ă  ces citoyens, dont certains se trouvaient dans le dĂ©nuement. Le gouverneur Midjiyawa Bakari, accompagnĂ© de ses collaborateurs, a remis l’appui financier du chef de l’Etat Ă  ces personnes. Midjiyawa Bakari a, par ailleurs, prĂ©cisĂ© que « le chef de l’Etat, ayant appris ce qui vous est arrivĂ©, m’a dĂ©pĂȘchĂ© vers vous pour apporter ce soutien. De mĂȘme, il m’a demandĂ© de vous prĂ©senter Ă  son nom et celui de son Ă©pouse leurs condolĂ©ances».
En outre, le gouverneur de la rĂ©gion est allĂ© procĂ©der Ă  une Ă©valuation des conditions de vie au camp des rĂ©fugiĂ©s de Minawao. Créé en 2013 pour accueillir environ 20 000 personnes, il en abrite Ă  ce jour plus de 56 000 de nationalitĂ© nigĂ©riane. Ceux-ci sont entiĂšrement pris en charge par le gouvernement camerounais qui bĂ©nĂ©ficie pour cela de l’appui de ses partenaires internationaux. La gestion du camp est Ă  la charge du Haut-commissariat des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s (HCR). Le gouverneur a ainsi pu apprĂ©cier l’état d’avancement de certains projets en faveur des rĂ©fugiĂ©s Ă  l’instar de celui de l’hĂŽpital construit par le HCR et la construction d’un chĂąteau d’eau d’une capacitĂ© de 800 m3. Ici, il a offert des vivres aux populations.
La prĂ©sidence de la RĂ©publique en fĂȘte

MONDA BAKOA
National - Politique

305 mĂ©dailles ont Ă©tĂ© dĂ©cernĂ©es Ă  des personnels, vendredi dernier, au cours d’une cĂ©rĂ©monie prĂ©sidĂ©e par le ministre, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, Ferdinand Ngoh Ngoh.
Le temps d’un aprĂšs-midi, la prĂ©sidence de la RĂ©publique a troquĂ© sa chape d’austĂ©ritĂ© des jours de travail contre une robe de fĂȘte. C’était la fĂȘte des mĂ©dailles pour la cuvĂ©e du 20 mai 2016. Au cours de la cĂ©rĂ©monie prĂ©sidĂ©e, vendredi dernier, par le ministre, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, Ferdinand Ngoh Ngoh, 305 mĂ©dailles ont Ă©tĂ© Ă©pinglĂ©es sur la poitrine des rĂ©cipiendaires. Les heureux promus viennent de tous les services de la prĂ©sidence de la RĂ©publique : secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral, cabinet civil, service des relations avec les AssemblĂ©es, grande chancellerie des Ordres nationaux, Ă©tat-major particulier, direction de la SĂ©curitĂ© prĂ©sidentielle, et garde prĂ©sidentielle.
154 des dĂ©corations remises relĂšvent des Ordres nationaux et 151 sont des mĂ©dailles du travail. Les distinctions remises dans les Ordres nationaux se rĂ©partissent dans l’Ordre national de la valeur (34 mĂ©dailles), l’ordre du mĂ©rite camerounais (86), mĂ©daille du mĂ©rite sportif (18), mĂ©daille de la force publique (16). Dans l’ordre de la Valeur, quatre responsables ont Ă©tĂ© Ă©levĂ©s Ă  la dignitĂ© de grand officier : Abana Elongo, AndrĂ© Marius Ekoumou, Remy Nama et Jean Paul Nkontchou S. Toukam.
Les mĂ©dailles du travail dĂ©cernĂ©es relĂšvent de trois catĂ©gories : or (18) ; vermeil (69) ; argent (64). Sur la table d’honneur se trouvaient autour du ministre, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la prĂ©sidence de la RĂ©publique, le Vice-Premier ministre, ministre chargĂ© des Relations avec les AssemblĂ©es, Amadou Ali, les ministres chargĂ©s de mission : Mengot Victor Arrey Nkongho, Hamadou Moustapha, Paul Atanga Nji, et Philippe Mbarga Mboa. Ce sont toutes ces personnalitĂ©s qui ont eu, tour Ă  tour, Ă  Ă©pingler la mĂ©daille en prononçant la phrase rituelle : « Au nom du prĂ©sident de la RĂ©publique et en vertu des pouvoirs qui nous sont confĂ©rĂ©s
. »
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Nouvelle Classe Business - Simplement mieux.
«Les avocats ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă  l’élaboration de ce travail»

George MBELLA
National - Politique

Dr. Kenfack Douajni Gaston, directeur de la Législation, ministÚre de la Justice.
Monsieur le directeur, la Commission des Lois constitutionnelles de l’AssemblĂ©e nationale a achevĂ© samedi l’examen du projet de loi portant Code pĂ©nal. Quelles ont Ă©tĂ© les prĂ©occupations des dĂ©putĂ©s?
Il faut noter que dans son propos liminaire, le ministre d’Etat, ministre de la Justice a fixĂ© les uns et les autres sur les objectifs de ce projet de loi. Il a ensuite clairement rĂ©pondu aux questions que les dĂ©putĂ©s ont posĂ©es. Les travaux se sont dĂ©roulĂ©s dans une ambiance trĂšs conviviale. Au dĂ©but, plusieurs dĂ©putĂ©s ont plutĂŽt posĂ© des questions sur des dispositions qui n’ont pas fait l’objet de propositions de rĂ©amĂ©nagement.
Mais lorsque le Garde de Sceaux a circonscrit le dĂ©bat, l’essentiel de celui-ci a portĂ© sur les dispositions nouvelles ou rĂ©amĂ©nagĂ©es qui ont Ă©tĂ© incluses dans le projet proposĂ© par le gouvernement. Chaque fois que le Garde des Sceaux a apportĂ© des clarifications, les dĂ©putĂ©s, satisfaits, l’ont remerciĂ© pour ces explications.
Certains courants d’opinion particuliĂšrement la corporation des avocats, ont Ă©mis certaines prĂ©occupations sur ce nouveau texte notamment le fait qu’ils n’ont pas Ă©tĂ©s associĂ©s Ă  la prĂ©paration d’un document aussi important. Qu’en dites-vous ?
Je rĂ©cuse ces affirmations. Et Ă  l’appui de mon propos, outre les documents que vous pouvez consulter et qui montrent qu’il y a eu une validation externe de ce travail Ă  laquelle le barreau a Ă©tĂ© associĂ©, il faut se reporter Ă  l’interview que l’honorable Emmanuel Mbiam qui est en mĂȘme temps avocats au barreau du Cameroun, a accordĂ©e Ă  votre journal vendredi dernier. Je rĂ©affirme ici que les avocats ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă  l’élaboration de ce travail depuis le dĂ©but.
Ce début dont vous parlez remonte à quand exactement, Monsieur le directeur ?
Cela remonte Ă  un certain nombre d’annĂ©es. Il faut prĂ©ciser que quand cette rĂ©flexion a commencĂ©, le ministre d’Etat n’était pas encore Garde des Sceaux. Il a juste assurĂ© la continuitĂ© du service public. Son prĂ©dĂ©cesseur a concrĂ©tisĂ© l’ouverture d’un chantier dont le Garde des Sceaux actuel a continuĂ© le processus, jusqu’aujourd’hui oĂč nous nous retrouvons devant l’AssemblĂ©e. Et de ce point de vue, l’histoire du barreau camerounais ne peut pas commencer par l’arrivĂ©e d’un nouveau BĂątonnier, qui doit plutĂŽt poursuivre la collaboration entamĂ©e par ses prĂ©dĂ©cesseurs.
Cela Ă©tant, lorsque le travail technique interne s’est achevĂ© au niveau de la Chancellerie, il a fait l’objet d’une validation externe les 1er et 2 dĂ©cembre 2011. En effet, la Chancellerie a rĂ©uni Ă  l’HĂŽtel Mont FĂ©bĂ©, les parties prenantes intĂ©ressĂ©es et en deux jours, autour de quatre ateliers, ce travail a Ă©tĂ© revu. Ce que je vous dis est tout Ă  fait vĂ©rifiable parce que les tĂ©moins qui sont des chefs traditionnels, des professeurs d’universitĂ©s, des avocats et membres des autres corps de mĂ©tier qui avaient Ă©tĂ© conviĂ©s puis participĂ©s Ă  cette validation, sont toujours vivants.
« La ratification des APE par le Cameroun relĂšve d’un choix clairement assumĂ© »

Félicité BAHANE N.
National - Politique

Louis Paul Motaze, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’AmĂ©nagement du territoire (MINEPAT).

Monsieur le ministre, aprĂšs ces assises de Douala, l’Afrique Centrale va-t-elle enfin parler d’une mĂȘme voix ?
L’Afrique Centrale parle dĂ©jĂ  d’une mĂȘme voix, en ce sens que tous les pays sont d’accord pour que la sous-rĂ©gion, dans le cadre de ces APE avec l’Union EuropĂ©enne, signe un document commun. C’est ce qui justifie l’existence du ComitĂ© ministĂ©riel qui vient de se rĂ©unir Ă  Douala pour la quatorziĂšme fois. Il Ă©tait question de voir comment faire avancer les nĂ©gociations qui ont tendance Ă  piĂ©tiner entre l’Union EuropĂ©enne et l’Afrique Centrale. Le Cameroun, en tant que leader de la sous-rĂ©gion, avait pris sur lui de signer un accord d’étape avec l’Union EuropĂ©enne qui rentre en application le 4 aoĂ»t prochain. Cette application risque de mettre Ă  mal le dispositif douanier sous-rĂ©gional. Raison pour laquelle les Etats d’Afrique Centrale, rĂ©ticents Ă  signer un accord, ont acceptĂ© d’adhĂ©rer Ă  un processus devant aboutir Ă  un accord global qui puisse permettre de sauvegarder le dispositif douanier sous-rĂ©gional.
A l’issue de la rĂ©union de Douala, un consensus s’est fait Ă  l’idĂ©e de prĂ©parer un projet d’accord qui partirait de l’accord signĂ© par le Cameroun en y intĂ©grant toutes les amĂ©liorations. Ce projet d’accord devra ĂȘtre validĂ© par les ministres vers la fin de ce mois de juin Ă  Libreville puis, soumis Ă  S.E. Ali Bongo Ondimba du Gabon, dĂ©signĂ© par ses pairs comme parrain des nĂ©gociations. Selon la volontĂ© exprimĂ©e par ce dernier, c’est ce projet d’accord qu’il soumettra Ă  certains hauts responsables europĂ©ens comme la proposition de l’Afrique Centrale Ă  l’Union EuropĂ©enne, en espĂ©rant que les nĂ©gociations vont reprendre rapidement et pourront aboutir d’ici le 4 aoĂ»t 2016, date de l’entrĂ©e en vigueur de l’accord signĂ© avec le Cameroun, sauf si les nĂ©gociations en disposaient autrement.
Qu’est ce qui a motivĂ© le choix du Cameroun de ratifier cet Accord ?
Le Cameroun a pris la dĂ©cision de parapher et de signer un accord intĂ©rimaire avec l’Union EuropĂ©enne (UE) pour Ă©viter toute perturbation de ses exportations vers l'UE aprĂšs le 31 dĂ©cembre 2007. Il a bĂ©nĂ©ficiĂ© Ă  cet effet, dĂšs le 1er janvier 2008, d’un accĂšs libre et sans prĂ©cĂ©dent au marchĂ© de l'UE pour ses produits d'exportation tels que la banane, l'aluminium, les produits transformĂ©s du cacao, les contreplaquĂ©s, et d'autres produits agricoles frais ou transformĂ©s. En concluant un Accord bilatĂ©ral avec l’Union EuropĂ©enne, le Cameroun a voulu «prĂ©server» ses intĂ©rĂȘts commerciaux, sans toutefois ignorer les chocs nĂ©gatifs exogĂšnes susceptibles de dĂ©grader la compĂ©titivitĂ© de ses produits, dont il doit se prĂ©munir et apporter des rĂ©ponses appropriĂ©es. Donc, la ratification par le Cameroun de l’Accord d’Etape relĂšve d’une approche stratĂ©gique globale, qui vise la conquĂȘte des nouvelles parts de marchĂ© sur la scĂšne internationale et surtout, la prĂ©servation de l’accĂšs prĂ©fĂ©rentiel de ses produits d’exportation sur le marchĂ© europĂ©en, en attendant la conclusion d’un APE rĂ©gional complet et Ă©quilibrĂ©.
« La ratification des APE par le Cameroun relĂšve d’un choix clairement assumĂ© »

Félicité BAHANE N.
National - Politique

Louis Paul Motaze, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’AmĂ©nagement du territoire (MINEPAT).

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Le deuxiĂšme groupe de produits comprend des machines et autres biens d’équipement (35%), des demi-produits (39%) et autres matiĂšres premiĂšres destinĂ©es Ă  soutenir l’industrie locale. Je relĂšve ici que la libĂ©ralisation de ce groupe participe du soutien Ă  l’investissement en permettant aux entreprises de mettre Ă  niveau leurs Ă©quipements et d’ĂȘtre compĂ©titives. On trouve ici comme produits, des machines et Ă©quipements mĂ©caniques (vĂ©hicules neufs, Ă©quipements agricoles), des machines et Ă©quipements Ă©lectriques, des pneumatiques neufs, etc. Les produits composant ce groupe seront libĂ©ralisĂ©s en 7 ans Ă  partir de la deuxiĂšme annĂ©e de LibĂ©ralisation (An2).
Le troisiĂšme groupe de produits comprend des produits Ă  tarifs Ă©levĂ©s. Ce sont en gĂ©nĂ©ral des demi-produits (12%), des produits finis non produits localement et oĂč une offre potentielle existe. Ce groupe comprend Ă©galement des matiĂšres premiĂšres et autres biens d’équipement (34%) qui contribuent fortement aux recettes douaniĂšres. La libĂ©ralisation tardive de ce groupe vise Ă  favoriser l’émergence d’un tissu industriel dans les secteurs concernĂ©s. On y retrouve entre autre les matĂ©riaux de construction, le Clinker, le blĂ© dur, les matiĂšres en caoutchouc, les produits dĂ©rivĂ©s du bois, les articles de mĂ©nage, etc. La libĂ©ralisation de ce dernier groupe de produits se fera en 10 ans Ă  partir de la cinquiĂšme annĂ©e de libĂ©ralisation (An5).
Il est important de relever qu’il existe un autre groupe, celui des produits exclus de la libĂ©ralisation. Ce sont en gĂ©nĂ©ral des produits finis et qui sont fabriquĂ©s localement, des produits contribuant fortement aux recettes douaniĂšres, et des dĂ©chets. Ces produits ont Ă©tĂ© exclus afin de protĂ©ger la production locale, prĂ©server l’emploi et les recettes douaniĂšres, mais aussi pour des raisons de sĂ©curitĂ©, de santĂ© publique et d’environnement. On y retrouve des produits alimentaires (poissons, huiles, viande et abats comestibles, lait et des produits dĂ©rivĂ©s, des boissons gazeuses et alcoolisĂ©es), des produits agricoles (tomates, pommes de terre, oignons, choux, etc.), de la friperie, des vĂȘtements et autres produits du textile, des articles en bois, du papier et produits dĂ©rivĂ©s, des produits usagĂ©s, etc.
Est-ce que cela signifie que les opĂ©rateurs Ă©conomiques ou producteurs locaux n’ont pas raison d’ĂȘtre inquiets comme c’est le cas en ce moment ?
Le Cameroun a exclu de la libĂ©ralisation un certain nombre de produits agricoles et non agricoles transformĂ©s, principalement pour assurer la protection de ses marchĂ©s agricoles ou industriels considĂ©rĂ©s comme sensibles, mais Ă©galement pour prĂ©server ses recettes fiscales. Les biens de consommation courante et plus particuliĂšrement les produits alimentaires et boissons ont Ă©tĂ© quasi-exclus de la libĂ©ralisation. 41% de l’ensemble des produits exclus de cette libĂ©ralisation appartiennent Ă  ce groupe de produits. Il est Ă©galement important de relever que dans le but de promouvoir la diversification de notre Ă©conomie, certains produits qui prĂ©sentent un potentiel de dĂ©veloppement considĂ©rable, ont Ă©galement Ă©tĂ© exclus de la libĂ©ralisation. C’est le cas notamment des produits bruts animaux et vĂ©gĂ©taux.
« La ratification des APE par le Cameroun relĂšve d’un choix clairement assumĂ© »

Félicité BAHANE N.
National - Politique

Louis Paul Motaze, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’AmĂ©nagement du territoire (MINEPAT).

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Il y a cette question de l’adaptation et la modernisation de l’économie camerounaise Ă  la mondialisation. Qu’est ce qui est fait dans ce sens ?
Dans ce registre, nous avons arrĂȘtĂ© trois principaux axes d’actions: le renforcement des capacitĂ©s de l’offre, le dĂ©veloppement des capacitĂ©s d’exportation, et les rĂ©formes institutionnelles et fiscales incitatives. Un Bureau de Mise Ă  Niveau des Entreprises (BMN), dĂ©jĂ  opĂ©rationnel, prĂ©pare les entreprises camerounaises, sur la base d’une adhĂ©sion volontaire, Ă  amĂ©liorer la qualitĂ© et la normalisation, et Ă  accroĂźtre l’offre de leurs produits Ă  travers la modernisation de l’outil de production mais aussi l’optimisation du leadership et du management. L’Union EuropĂ©enne appuie cette dĂ©marche Ă  travers le Programme d’AmĂ©lioration de la CompĂ©titivitĂ© de l’Economie (PACOM). A ce jour, plusieurs entreprises ont Ă©tĂ© mises Ă  niveau et bon nombre encore le seront dans les prochaines semaines. Bien plus, de nombreux organismes d’appui sont mis en place par l’Etat, Ă  l’instar de la Bourse de Sous-traitance et de Partenariat (BSTP), l’Agence de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (APME), l’Agence de Promotion des Investissements (API) et des Programmes tels que le Programme d’Appui au Plan de Modernisation des Douanes (PAPMOD) dont l’objectif vise Ă  renforcer les capacitĂ©s de la douane en termes de recettes douaniĂšres et de facilitation des opĂ©rations de dĂ©douanement et de transit, le Projet d’Appui au DĂ©veloppement du Secteur PrivĂ© (PASDP), etc. Tous ces organismes contribuent Ă  renforcer et Ă  moderniser le tissu Ă©conomique et productif du Cameroun conformĂ©ment Ă  leurs missions respectives.
Vous semblez minimiser les risques liés à cet accord Monsieur le Ministre ?
Non. Il ne s’agit point de minimiser, encore moins d’ignorer les risques liĂ©s Ă  cet accord. Le Gouvernement en est conscient et il a d’ailleurs, sur ses ressources propres, financĂ© l’étude sur le calcul de « l’impact fiscal net », c’est-Ă -dire de l’évaluation des pertes engendrĂ©es par la mise en Ɠuvre de l’APE. Toutefois, en toute responsabilitĂ©, le Gouvernement ne peut se limiter Ă  se plaindre des effets pervers de l’APE. Son rĂŽle est aussi de chercher les voies et moyens pour attĂ©nuer ces effets pervers tout en maximisant les effets positifs. Il s’agit donc aujourd’hui pour le Cameroun, de saisir les opportunitĂ©s qui lui sont offertes pour en tirer pleinement profit.
« La ratification des APE par le Cameroun relĂšve d’un choix clairement assumĂ© »

Félicité BAHANE N.
National - Politique

Louis Paul Motaze, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’AmĂ©nagement du territoire (MINEPAT).

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La ratification des APE par le Cameroun relĂšve indĂ©niablement d’un choix clairement assumĂ©. Comme je l’ai dit, c’est un choix stratĂ©gique visant la conquĂȘte des parts de marchĂ© sur la scĂšne internationale. Il s’agit surtout de tirer profit de la diversification de notre Ă©conomie pour la moderniser et exploiter au maximum l’accĂšs prĂ©fĂ©rentiel de nos produits d’exportation sur le marchĂ© europĂ©en. En prenant un tel pari, le Cameroun s’engage Ă  sortir de l’économie de rente au moyen de l’accĂ©lĂ©ration des rĂ©formes structurelles, institutionnelles et rĂ©glementaires susceptibles d’attirer les investisseurs porteurs d’idĂ©es et de capitaux, Ă  venir s’installer dans le pays, Ă  crĂ©er des entreprises, Ă  prospĂ©rer et Ă  crĂ©er des emplois. En effet, sans ĂȘtre un chantre du libĂ©ralisme tous azimuts prĂŽnĂ© çà et lĂ , le Cameroun doit faire sienne cette position rĂ©cemment dĂ©clarĂ©e lors des rĂ©centes rencontres Ă©conomiques de YaoundĂ© le 17 et 18 mai 2016 par l’ancien PrĂ©sident de la Commission EuropĂ©enne, M. Barroso, lorsqu’il disait qu’aucun pays ne s’est dĂ©veloppĂ© en s’enfermant derriĂšre les barriĂšres douaniĂšres. Et qu’à contrario, l’envol Ă©conomique des pays occidentaux et surtout de certains « dragons » de l’Asie comme le CorĂ©e qui Ă©tait, il y a quelques dĂ©cennies encore, au mĂȘme niveau de dĂ©veloppement que nos pays, est dĂ» essentiellement Ă  leur ouverture et leur intĂ©gration progressive dans les Ă©changes commerciaux mondiaux.
Propos recueillis par Félicité BAHANE N.