Cameroon Tribune
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Affaire Mendo Ze: place au contre-interrogatoire

SorĂšle GUEBEDIANG Ă  BESSONG
National - Société

TCSLe tĂ©moin de l’accusation, HonorĂ© Mbang Ouboukou Ă©tait face aux avocats de l’accusĂ© Polycarpe Abah Abah mercredi dernier au TCS.
C’est finalement mercredi dernier que le contre-interrogatoire (Cross-examination) du tĂ©moin de l’accusation, HonorĂ© Mbang Ouboukou HonorĂ©, cadre d’administration en service au ministĂšre des Finances, par les avocats de l’accusĂ© Polycarpe Abah Abah a eu lieu au Tribunal criminel spĂ©cial (TCS). Avant d’entrer dans le vif du sujet, son conseil Me Mong a tenu Ă  justifier l’absence de son client Ă  l’audience de la veille pour non extraction.
Au cours de ce contre-interrogatoire, Me Mong, l’un des conseils de l’accusĂ© a fait savoir que les piĂšces produites par le ministĂšre public Ă  l’audience du 19 juin dernier n’étaient pas certifiĂ©es par l’autoritĂ© compĂ©tente. « Est-ce que le ministre dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la prĂ©sidence chargĂ© du conseil supĂ©rieur de l’Etat a le droit de signer un protocole d’accord entre le Minfi et la CRTV. C’est une faute de jurisprudence ? Quel sort est rĂ©servĂ© Ă  ces piĂšces certifiĂ©es par l’autoritĂ© manifestement incompĂ©tente ? », a-t-il questionnĂ©. Face Ă  ces questions, l’avocat gĂ©nĂ©ral, AndrĂ© Tchoussi a tranchĂ© net sur cette polĂ©mique. « Ce dĂ©bat n’a pas lieu d’ĂȘtre. Lesdites piĂšces ont Ă©tĂ© admises au dossier comme piĂšces Ă  conviction. Les annexes sont des piĂšces produites au soutien de ce qui est un rapport dressĂ© par les collaborateurs du Consupe. » A sa suite, le prĂ©sident Yap Abdou a convenu que ces documents ont Ă©tĂ© pris globalement et que le tribunal pourra y revenir sur certains aspects pris en dĂ©tail dans la mesure oĂč certains ont fait l’objet des dĂ©bats.
Ainsi, HonorĂ© Mbang Ouboukou a Ă©tĂ© entre autres interrogĂ© sur la date de signature du protocole d’accord entre la direction gĂ©nĂ©rale des impĂŽts et la CRTV, le montant des fonds reversĂ©s Ă  la CRTV Ă  la DGI, l’utilisation des frais d’assiette de recouvrement. Des thĂšmes qui ont contribuĂ© Ă  la suspension tardive de l’audience au-delĂ  de 18h. Elle sera reprise les 27 et 28 juillet pour continuer la cross-examination du tĂ©moin par l’accusĂ© et ses avocats.
Autoroute Yaoundé-Nsimalen: ça se dessine !

Félicité BAHANE N.
National - Economie

MalgrĂ© les lenteurs dans la libĂ©ration des emprises, le maĂźtre d’ouvrage et l’entreprise arrivent Ă  anticiper sur certains travaux.
Le neuviĂšme et dernier marĂ©cage identifiĂ© sur le tracĂ© de l’autoroute YaoundĂ©-Nsimalen est en cours de traitement au quartier Ahala. C’est d’ailleurs, lĂ  le point de jonction de la section rase campagne (10,8 km en travaux) et la section urbaine (10 km en Ă©tudes) de ce vaste projet gouvernemental. Les habitants d’Ahala, (tout comme ceux de Meyo, localitĂ© prĂ©cĂ©dente), victimes d’expropriation dans le cadre de ce chantier n’ont pas encore perçu les indemnitĂ©s pour leurs biens Ă  dĂ©truire. Ils n’ont donc pas encore libĂ©rĂ© les emprises. NĂ©anmoins, les engins de la China Communications Construction Company Limited (CCCC) tournent dĂ©jĂ  au milieu des habitations. Dans le principe pourtant, les travaux ne doivent pas commencer sans que les indemnitĂ©s aient Ă©tĂ© payĂ©es et les populations dĂ©guerpies. Mais, compte tenu des disponibilitĂ©s budgĂ©taires et des lenteurs dans le processus d’indemnisation, « nous avons obtenu l’accord du chef de village pour commencer Ă  traiter au moins le marĂ©cage qui relĂšve du domaine privĂ© de l’Etat et dont la purge et le remblai nĂ©cessitent beaucoup de temps », explique Armand Romuald Ndjiba Bami, directeur des opĂ©rations urbaines au ministĂšre de l’Habitat et du DĂ©veloppement urbain (MINHDU), maĂźtre d’ouvrage.
Sur les six premiers kilomĂštres, entre Nsimalen et Minkan, la plateforme autoroutiĂšre (30 m avec 2 fois 3 voies) est dĂ©jĂ  en place. Il ne reste plus que le bitume et les caniveaux. Par endroits, l’on est soit en train d’achever la construction de dalots de drainage des eaux souterraines, soit en train de traiter les zones rocheuses ou marĂ©cageuses de maniĂšre Ă  les uniformiser avec la plateforme. Dans l’ensemble, il est prĂ©vu neuf dalots, trois Ă©changeurs (Nsimalen, Meyo et Ahala), trois ponts et trois passages supĂ©rieurs (PS) piĂ©tonnes, visant Ă  relier les villages traversĂ©s au-dessus de l’autoroute.
Sur le chantier mercredi dernier, les Ă©quipes du MINHDU ont pu constater qu’au niveau du carrefour Nsimalen, l’entreprise est dĂ©jĂ  en train de construire les pieux pour la rĂ©alisation du premier Ă©changeur devant survoler l’axe allant vers Mbalmayo. Il y a 84 pieux Ă  couler ici et l’on n’en est encore qu’au sept premiers. ParallĂšlement, sur les cinq premiers kilomĂštres, le maĂźtre d’ouvrage recommande le dĂ©marrage des fouilles pour la pose des caniveaux. Sur la suite, jusqu’au PK8, les indemnisations ont Ă©tĂ© payĂ©es deux semaines plutĂŽt et les travaux de dĂ©blayage ont immĂ©diatement dĂ©butĂ© sur les sites inhabitĂ©s. Et lorsque les riverains du PK 8 au PK 10,8 percevront leur dĂ», les travaux devont s’accĂ©lĂ©rer, car les marĂ©cages auront Ă©tĂ© traitĂ©s par anticipation.
Bac, probatoire: les correcteurs passent Ă  la caisse

SorĂšle GUEBEDIANG Ă  BESSONG
National - Société

La prise en charge par l’Office du BaccalaurĂ©at du Cameroun est effective depuis jeudi
Des espĂšces sonnantes et trĂ©buchantes. VoilĂ  qui donne du sourire aux correcteurs des examens probatoire et baccalaurĂ©at, session 2016. Depuis jeudi, ils passent Ă  la caisse pour entrer en possession de leur dĂ». « Nous avons commencĂ© Ă  payer depuis ce matin Ă  8h (Ndlr ; hier). Nous avons dĂ©jĂ  reçu plus d’une cinquantaine de correcteurs et nous continuons Ă  les recevoir au fur et Ă  mesure », explique Charles Baba, chef de secrĂ©tariat du BaccalaurĂ©at au lycĂ©e gĂ©nĂ©ral Leclerc de YaoundĂ©. Tout Ă  cĂŽtĂ© de lui, Joseph Mbida, professeur de français dans le mĂȘme Ă©tablissement confirme : « Je viens de percevoir effectivement mon argent et je suis soulagĂ© mĂȘme si cela arrive avec un peu de retard ». Au lycĂ©e bilingue d’Ekounou, l’ambiance est la mĂȘme. David Ndongo Ndongo, billeteur ad hoc, par ailleurs proviseur coordonne le dispatching des fonds dans les diffĂ©rents dĂ©partements de son ressort (Nyong-et-Mfoumou, Nyong-et-KellĂ©, Mefou-et-Akono et Mefou-et-Afamba). « Les payements sont effectifs depuis ce matin et nous dĂ©sintĂ©ressons les sous-chefs de centres afin qu’ils reversent les montants Ă  qui de droit », ajoute-t-il. La preuve, David Bom II, chef de sous-centre du lycĂ©e bilingue de Mbankomo s’attĂšle Ă  remplir les formalitĂ©s de perception.
A l’Office du BaccalaurĂ©at, le directeur Zacharie Mbatsogo dans une dĂ©claration Ă  la presse affirme : « Le dĂ©blocage des fonds nĂ©cessaires Ă  la prise en charge des correcteurs et des intervenants aux dĂ©libĂ©rations a Ă©tĂ© faite le 7 juillet dernier par la paierie gĂ©nĂ©rale du TrĂ©sor public. Ce dĂ©blocage a donc Ă©tĂ© fait bien avant le fameux article du 12 juillet. Ces fonds d’un montant global d’1milliard 170 millions 864 596 F sont disponibles depuis hier (Ndlr : mercredi) dans les comptes des billeteurs ad hoc dĂ©signĂ©s pour les opĂ©rations de payement de nos milliers d’intervenants Ă  travers le pays. Les payements sont effectifs ». Comme quoi, tout est bien qui finit bien.
Industrie: le textile file du mauvais coton

Rita DIBA
Régions - Littoral

L’état des lieux de la filiĂšre Ă©tait au cƓur des Ă©changes entre le Fne et les acteurs du secteur.
« De 80 Ă  90, l’impact de cette filiĂšre Ă©tait de 14% sur le Pib camerounais hors pĂ©trole. A ce jour, nous sommes Ă  moins d’1%. » Ainsi est rĂ©sumĂ©e la dĂ©gringolade de la filiĂšre textile par Olivier Moukomou, prĂ©sident de l’Interprofession coton textile confection (Icotec). C’était ce mardi 12 juillet 2016 Ă  Douala lors d’une rĂ©union sectorielle entre le Fonds national de l’Emploi (Fne) et les entreprises du secteur du textile et du vĂȘtement. Une rencontre qui est partie d’un constat, rappelĂ© par Annette Amara, directeur rĂ©gional adjoint du Fne pour le Littoral : « Nous nous sommes rendus compte, pour la plupart des demandes que nous avons, que les entreprises du textile ne sont pas toujours satisfaites des profils que nous mettons Ă  leur disposition. »
Mais au-delĂ  de la rĂ©flexion sur les ressources humaines, leur formation et leur adĂ©quation aux besoins actuels du marchĂ©, il a principalement Ă©tĂ© question de la santĂ© mĂȘme du secteur. PlutĂŽt mauvaise dans l’ensemble, dans un contexte de mondialisation des marchĂ©s et de concurrence des pays Ă  faible coĂ»t de production avec l’invasion des produits sino-corĂ©ens dĂ» Ă  la libĂ©ralisation du secteur. D’oĂč le thĂšme des Ă©changes : « L’industrie du textile et du vĂȘtement camerounais face aux dĂ©fis de la compĂ©titivitĂ© ». Et diverses enquĂȘtes ont montrĂ© que les entreprises locales n’arrivent pas Ă  y faire face.
Pour prendre seulement l’exemple de la CotonniĂšre industrielle du Cameroun (Cicam), elle n’occupe que 2% du marchĂ© du textile au pays. Autre exemple, qu’on peut trouver dans les termes de rĂ©fĂ©rence du Fne, « le coton produit par le Cameroun est reconnu pour sa trĂšs bonne qualitĂ©. L’essentiel de la production, plus de 98%, d’aprĂšs une Ă©tude de l’offre et de la demande sur les textiles et l’habillement, est exportĂ© vers les marchĂ©s occidentaux et d’Asie orientale dont la Chine qui en est le premier producteur mondial. Seul 1,8% de la production est transformĂ© localement. »
Ce manque de compĂ©titivitĂ© s’explique par plusieurs facteurs, de l’avis du Dr Joseph Ekorong Ă  MoutĂ©, secrĂ©taire permanent de l’Icotec : la difficultĂ© des acteurs du secteur Ă  produire la qualitĂ© et la quantitĂ© des produits correspondant aux besoins de la population camerounaise, des prix relativement Ă©levĂ©s pour des produits bas de gamme, des unitĂ©s industrielles pas Ă  la pointe, un niveau d’imposition des sociĂ©tĂ©s Ă©levĂ©, un tissu de Pme relativement faible, l’insuffisance d’infrastructures de base comme l’énergie, primordiale pour l’industrialisation, etc. Et pour tout cela, les acteurs du secteur textile appellent l’Etat au secours.
ObsÚques de Anne Marie Nzié: un hommage musical en vue

Monica NKODO
National - Culture

Le ministĂšre des Arts et de la Culture (MINAC) organise « L’ultime hommage Ă  La voix d’or ». Il aura lieu le jeudi 21 juillet prochain, aprĂšs la levĂ©e de corps de Anne Marie NziĂ© dĂšs 15h Ă  l’HĂŽpital central de YaoundĂ©, suivie de la procession au palais des Sports (via le MusĂ©e national). A 19h, une grande veillĂ©e culturelle aura lieu au palais des Sports. De nombreux artistes sont prĂ©vus. Entre autres, Eko Roosevelt, Rachel Tchoungui, Ze Bella, Annie Anzouer, Ange Ebogo, Locko, Donny Elwood, Ruben Binam, Kareyce Fotso, Macase, Krotal, etc.
Ecrans Noirs: c’est parti pour la 20e

Monica NKODO
National - Culture

L’édition 2016 de ce festival de cinĂ©ma international s’ouvre vendredi soir au palais des CongrĂšs Ă  YaoundĂ© avec une projection.

La tradition, encore et toujours. Vendredi soir au palais des CongrĂšs de YaoundĂ©, la 20e Ă©dition du festival Ecrans Noirs s’ouvre avec la montĂ©e des marches, et un film d’ouverture en prime. Pour Bassek ba Kobhio, prĂ©sident de l’Association Ecrans Noirs, cette Ă©dition 2016 n’est pas comme les autres. D’abord parce que ce nombre rond symbolise la longĂ©vitĂ© d’un festival dans un univers du cinĂ©ma camerounais pas trĂšs gĂątĂ© sur le plan Ă©conomique, mais surtout parce que depuis le 28 avril 2016, un dĂ©cret signĂ© du prĂ©sident de la RĂ©publique fait des Ecrans Noirs une association d’utilitĂ© publique. De quoi donner un parfum spĂ©cial Ă  l’évĂ©nement, avec pour thĂšme « Festivals et promotion du cinĂ©ma ». Des ateliers de formation, rencontres entre experts du 7e art se dessinent comme les grandes lignes du festival. Du 15 au 23 juillet prochain, les cinĂ©philes camerounais auront rendez-vous avec des films locaux et des productions internationales.
La Salle Sita Bella, le Centre Culturel camerounais et les Instituts français du Cameroun Ă  YaoundĂ©, et l’Institut Goethe, vont assurer les projections. « Les 20 films des 20 ans » rubrique créée pour ce festival, fera remonter quelques souvenirs en mĂ©moire. Des longs mĂ©trages ayant gravĂ© leurs marques dans l’histoire des Ecrans Noirs seront projetĂ©s de nouveau pour le plaisir des cinĂ©philes. Parmi eux, « Les saignantes » de Jean Pierre Bekolo, « Mobutu, roi du ZaĂŻre » de Thierry Michel (Belgique), mais aussi « PiĂšces d’identitĂ© » de Nweze Ngangura (RDC).
Les rĂ©alisateurs camerounais ont la possibilitĂ© de prĂ©senter leurs Ɠuvres, dans le cadre d’une compĂ©tition qui leur est consacrĂ©e. Six longs mĂ©trages, huit courts mĂ©trages et six films-documentaires sont Ă  prĂ©senter. Des films camerounais comme« Kiss of death » de Derick Musing et « Lara’s Song » de LT Njeck figurent aussi dans la compĂ©tition des films d’Afrique centrale. Hommage sera Ă©galement rendu Ă  des rĂ©alisateurs cĂ©lĂšbres du 7e art africain. Sembene Ousmane (SĂ©nĂ©gal), Tahar Cheriaa (Tunisie), Philippe Mory (France/Gabon) et Lorenzo Biahou (Cameroun) seront ainsi honorĂ©s tout au long du festival. A dĂ©couvrir, des longs mĂ©trages internationaux et la programmation hors-compĂ©tition, tout aussi intĂ©ressante. En tout 58 films en compĂ©tition et 24 hors-compĂ©tition.
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Cameroon Tribune du lundi, 18 juillet 2016.
Les otages de Lagdo libérés

National - Politique

Le communiqué du ministre Secrétaire général de la présidence de la République parvenu à CT.

Le président de la République, Son Excellence Paul Biya, annonce la libération ce jour, 17 juillet 2016, de M. Mama Abakaï, maire de Lagdo, et de ses dix autres compagnons d'infortune, enlevés dans la nuit du 19 au 20 mars 2015 dans les localités de Gbabio et de Yokossiré, région de l'Est, par un groupe armé centrafricain. .

Ces dĂ©sormais ex-otages ont regagnĂ© le territoire camerounais et sont actuellement conduits vers une formation hospitaliĂšre pour une Ă©valuation de leur Ă©tat de santĂ©. Ils y retrouveront deux autres de leurs compagnons prĂ©cĂ©demment libĂ©rĂ©s le 11 juillet 2016. Le prĂ©sident de la RĂ©publique regrette profondĂ©ment le dĂ©cĂšs, durant leur captivitĂ©, de Monsieur Youssoufa et de Mme Nene Jacqueline, survenu respectivement en janvier 2016 et le 11 juillet 2016. Le chef de l’Etat adresse ses condolĂ©ances les plus attristĂ©es Ă  leurs familles et les assure que ce crime ne restera pas impuni.

Le prĂ©sident de la RĂ©publique fĂ©licite chaleureusement les forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© camerounaises et remercie sincĂšrement tous ceux qui ont de prĂšs ou de loin ƓuvrĂ© pour cet heureux dĂ©nouement.

Son Excellence Paul Biya rĂ©affirme sa dĂ©termination Ă  Ɠuvrer inlassablement pour que le Cameroun demeure une terre de paix et de stabilitĂ©, et demande aux populations de continuer Ă  vaquer tranquillement Ă  leurs occupations.




Yaoundé, le 17 juillet 2016

Le ministre, secrétaire général de la présidence de la République,

(Ă©) Ferdinand NGOH NGOH
Rapport d’Amnesty International: classe politique et sociĂ©tĂ© civile condamnent

Rousseau-Joël FOUTE
Rédaction - Dossier

Le Rapport publié jeudi dernier à Yaoundé suscite une désapprobation générale.

Les acteurs politiques et ceux de la sociĂ©tĂ© civile n’ont pas attendu trĂšs longtemps pour dĂ©noncer avec vĂ©hĂ©mence un autre parti pris d’Amnesty International dans le regard partisan que cette ONG porte sur la guerre qu’impose au Cameroun les agressions barbares de Boko Haram dans la rĂ©gion de l’ExtrĂȘme-Nord. L’ambiance tendue entre les panĂ©listes et les journalistes pendant la prĂ©sentation du Rapport, le 14 juillet 2016 Ă  YaoundĂ©, en dit d’ailleurs long sur la rĂ©action de rejet suscitĂ©e par le document intitulĂ© : « Bonne cause, mauvais moyens : atteintes aux droits humains et Ă  la justice dans le cadre de la lutte contre Boko Haram au Cameroun ».

A la vĂ©ritĂ©, les journalistes et les personnalitĂ©s prĂ©sents Ă  la cĂ©rĂ©monie organisĂ©e Ă  cet effet ne sont pas passĂ©s par quatre chemins pour dĂ©clarer que les supposĂ©es « violations des droits humains gĂ©nĂ©ralisĂ©es » que dĂ©nonce Amnesty international dans son Rapport en les imputant aux forces de dĂ©fense et aux autoritĂ©s camerounaises, sont, d’aprĂšs un journaliste, « insupportables car on ne peut pas dĂ©fendre des terroristes sans foi ni loi qui tuent des Camerounais comme du bĂ©tail ».

Par la suite, les leaders politiques et d’autres observateurs avertis ayant pris connaissance du Rapport s’interrogent sur les motivations profondes de cette ONG qui se borne, Ă  chaque fois, Ă  n’observer que le comportement de nos forces de dĂ©fense engagĂ©es au front ainsi que le traitement subi par des prĂ©venus rĂ©guliĂšrement traduits en justice pour rĂ©pondre des faits qui leur sont reprochĂ©s en vertu de la loi anti-terroriste en vigueur. Et puis, y a-t-il eu, Ă  travers l’histoire, une « guerre propre » sans dĂ©gĂąts collatĂ©raux ? Le Cameroun doit-il se laisser lĂąchement agresser sans se dĂ©fendre et au nom de quelle loi?

Autre question : qu’attend Amnesty International qui en a pourtant les moyens, pour produire un Rapport spĂ©cifique, bien fouillĂ© et bien documentĂ© sur les exactions de Boko Haram et les consĂ©quences des attaques dans la rĂ©gion de l’ExtrĂȘme-Nord ? Cette ONG se prĂ©occupe-t-elle du poids que fait peser le financement de la guerre sur le TrĂ©sor public et l’économie camerounaise, alors que le gouvernement a besoin d’argent pour rĂ©aliser de nombreux projets destinĂ©s Ă  amĂ©liorer les conditions de vie des populations et booster la croissance ? Pourquoi Amnesty International s’enferme-t-elle dans sa logique consistant Ă  dĂ©cerner sans vergogne un permis de tuer aux adeptes de Boko Haram, un groupe que le Think-tank « Institute for Economics and Peace » qualifie d’« organisation terroriste la plus meurtriĂšre du monde » ? Peut-on savoir pourquoi les milliers de personnes tuĂ©es au Cameroun et les 170 000 dĂ©placĂ©s du fait des agressions des terroristes ne mĂ©ritent pas l’attention des enquĂȘteurs d’Amnesty International ? Cette ONG au jeu trouble aurait-elle un agenda cachĂ© que n’arrangerait certainement pas les multiples revers subis par le groupe djihadiste Boko Haram aujourd’hui trĂšs affaibli ?
SĂ©curitĂ© Ă  l’Est: il faut redoubler de vigilance

MESSI BALLA
Rédaction - Dossier

Recommandations du gouverneur, GrĂ©goire Mvongo au terme d’une rĂ©cente concertation sĂ©curitaire Ă  Yokadouma.
"Nous devons rester vigilants ». Ce sont les mots utilisĂ©s par le gouverneur de la rĂ©gion de l’Est, GrĂ©goire Mvongo, mardi, 12 juillet 2016 Ă  la clĂŽture de la rĂ©union de coordination administrative Ă  Yokadouma, chef-lieu du dĂ©partement de la Boumba-et-Ngoko. Une prise de parole devant les quatre prĂ©fets de la rĂ©gion (Boumba-et-Ngoko, Kadey, Haut-Nyong et Lom-et-Djerem), les responsables des services de sĂ©curitĂ© et des administrations dĂ©concentrĂ©es de l’Etat, qui rĂ©vĂšle le haut niveau de prĂ©occupation quant aux effets nĂ©fastes de la rĂ©surgence de l’insĂ©curitĂ© en RCA sur le Cameroun. Et en particulier sur les populations de la rĂ©gion de l’Est.
Elles frĂŽlaient les 800 000 habitants, il y a trois ans. A prĂ©sent, c’est environ un million de personnes qui sont installĂ©es dans la rĂ©gion depuis l’arrivĂ©e de prĂšs de 200 000 rĂ©fugiĂ©s centrafricains (selon les derniers chiffres du Haut-commissariat des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s) et leur dissĂ©mination dans trois des quatre dĂ©partements de la rĂ©gion. « Si du point de vue militaire, le dĂ©ploiement par le prĂ©sident Paul Biya de diverses forces armĂ©es et de police dans tous les points nĂ©vralgiques a fait reculer les incursions des bandes rebelles dans la rĂ©gion, l’angoisse est maintenant au niveau socio-Ă©conomique », souligne un officier de renseignement.
« L’Est est dĂ©sormais importateur du manioc, principal aliment dans la rĂ©gion et dont elle Ă©tait encore exportatrice il y a trois ans », rĂ©vĂšle le dĂ©lĂ©guĂ© rĂ©gional de l’agriculture dans son rapport. « Certains rĂ©fugiĂ©s Ă©tant entrĂ©s sur le territoire avec leur troupeau, les pĂąturages de l’Est sont devenus surexploitĂ©s. Au point oĂč malgrĂ© les graves risques qui pĂšsent sur leur sĂ©curitĂ©, des Ă©leveurs camerounais sont obligĂ©s d’aller chercher pĂąturages en RCA », regrette le dĂ©lĂ©guĂ© rĂ©gional de l’Elevage, des PĂȘches et des Industries animales. « La circulation de plus en plus accrue des armes de guerre entraĂźne une grandissante insĂ©curitĂ© dans les aires protĂ©gĂ©es et zone de chasse (cas des six agresseurs cagoulĂ©s armĂ©s de Kalachnikov rĂ©cemment en contact avec les Ă©co-gardes du parc national de Lobeke). Attaque d'une Ă©quipe du safari Faro West par des braconniers centrafricains. Incendie de la zone de chasse 36 par les braconniers centrafricains», rapporte aussi Eitel Pandong, nouveau dĂ©lĂ©guĂ© rĂ©gional des ForĂȘts et de la Faune pour l’Est.
Et si l’on ajoute Ă  cela le fait que « dans 80% des cas de demandes de rançon, les rĂ©fugiĂ©s sont impliquĂ©s soit en qualitĂ© d’auteur ou d’otage », Ă  en croire le gouverneur Mvongo, il faut admettre que la situation est plus que prĂ©occupante sur le terrain. Ce d’autant plus qu’on est encore loin d’un vaste mouvement de retours volontaires et que des moyens continuent de manquer au HCR pour faire face Ă  cette troisiĂšme annĂ©e consĂ©cutive d’urgence humanitaire. D’aprĂšs Baseme Kulimushi, chef de la sous-dĂ©lĂ©gation HCR Bertoua, l’agence onusienne a lancĂ© en dĂ©but d’annĂ©e un appel de fonds de 55 millions de dollars, elle n’a jusqu’ici reçu que 18 millions de dollars. Cela entraĂźne Ă©videmment des consĂ©quences sur la poursuite de certains projets sur le terrain. D’oĂč l’appel de GrĂ©goire Mvongo Ă  ce qu’un programme post-conflit soit envisagĂ© pour l’Est. Dans la mesure oĂč des « donnĂ©es objectives » laissent penser que ces rĂ©fugiĂ©s seront encore lĂ  pour un certain temps et qui, il va falloir trouver une solution afin de limiter les effets nĂ©fastes de leur prĂ©sence sur le quotidien des populations.
ImpÎts: 890 milliards de F mobilisés

Eric ELOUGA
National - Economie

Le bilan du premier semestre 2016 a Ă©tĂ© dressĂ© lors d’une rĂ©union de coordination tenue vendredi Ă  Garoua.
La rĂ©union mensuelle de coordination des services centraux et extĂ©rieurs de la Direction gĂ©nĂ©rale des impĂŽts, tenue vendredi dernier Ă  Garoua, Ă©tait triplement particuliĂšre. D’abord, parce qu’intervenant aprĂšs la fin du premier semestre 2016, elle a permis de faire le bilan Ă  mi-parcours des performances de l’administration fiscale. Ensuite, parce que pour la premiĂšre fois en dehors de YaoundĂ© et Douala, elle a Ă©tĂ© l’occasion de lancer la rĂ©forme de la dĂ©claration prĂ©-remplie de la taxe fonciĂšre. Et enfin, parce que comme le soulignera le gouverneur du Nord en ouvrant les travaux, elle intervenait Ă  quelques jours de l’entrĂ©e en vigueur des APE au Cameroun. Ce qui permettra Ă  Jean Abate Edi’i de souligner Ă  grands traits que la levĂ©e de certaines barriĂšres douaniĂšres Ă  partir du 4 aoĂ»t prochain, va rendre le rĂŽle de la direction gĂ©nĂ©rale des impĂŽts encore plus important, dans le maintien Ă  un niveau convenable des recettes de l’Etat, et mĂȘme dans la protection du tissu Ă©conomique national.
S’agissant des recouvrements pour le compte du premier semestre 2016, ils ont Ă©tĂ©, comme depuis deux exercices maintenant, supĂ©rieurs aux prĂ©visions. Avec 890 milliards de F mobilisĂ©s, dont 857 milliards de F de recettes fiscales non-pĂ©troliĂšres, sur 815 attendues. Ce qui reprĂ©sente un taux de rĂ©alisation de 105%, et une progression de 3,2 % par rapport Ă  la mĂȘme pĂ©riode l’an dernier. A prĂ©ciser, la rĂ©gion-hĂŽte du Nord a contribuĂ© pour prĂšs de trois milliards de F Ă  ces chiffres. Et, autre indicateur que les voyants sont au vert, la DGI a annoncĂ© durant le mĂȘme premier semestre, plus de 102 milliards de F collectĂ©s au profit des collectivitĂ©s territoriales dĂ©centralisĂ©es et certains Ă©tablissements publics.
En rappelant le contexte dans lequel ces performances ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es, Ă  savoir une poursuite de la baisse des recettes du pĂ©trole, le directeur gĂ©nĂ©ral des ImpĂŽts, Modeste Mopa Fatoing, a indiquĂ© qu’elles sont le fruit de l’ensemble des rĂ©formes et mesures engagĂ©es depuis deux ans maintenant par l’administration fiscale, sous l’impulsion du ministre des Finances. Entre autres, le renforcement du dialogue avec les contribuables, l’amĂ©lioration de la gestion du risque, la dĂ©matĂ©rialisation de certaines procĂ©dures ou encore les nouvelles dispositions introduites dans la loi des finances 2016 pour Ă©largir l’assiette de recouvrement. Forts de tout cela, les services de la DGI ont Ă©tĂ© engagĂ©s Ă  intensifier leurs efforts pour maintenir ce cap etr dĂ©passer l’objectif 2016 qui est de 1715 milliards de F.
Marchés: comment vendre plus au Nigeria

MichĂšle FOGANG
National - Economie

En prĂ©lude au forum d’affaires annoncĂ© dans les mois Ă  venir, le gouvernement et le secteur privĂ© Ă©laborent des stratĂ©gies pour conquĂ©rir l’espace commercial voisin.

Avec 170 millions de consommateurs et un fort potentiel Ă©conomique, le Nigeria constitue un marchĂ© capital pour le Cameroun. Seulement, la balance commerciale entre le Cameroun et son voisin est en dĂ©faveur du Cameroun, lequel veut rĂ©duire le gap Ă  dĂ©faut de le combler. Le forum d’affaires Cameroun-Nigeria annoncĂ© apparaĂźt comme une occasion de conquĂ©rir l’espace commercial nigĂ©rian et partant, y gagner des parts de marchĂ©. Pour rĂ©ussir sa conquĂȘte, le Cameroun affĂ»te ses armes. C’est la participation au forum d’affaires qui a constituĂ© la toile de fond de la rĂ©union interministĂ©rielle Ă©largie au secteur privĂ© tenue mercredi dernier Ă  YaoundĂ©. Autour du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’AmĂ©nagement du territoire (Minepat), Louis Paul Motaze, plusieurs autres membres du gouvernement. « Il s’agit pour notre pays de ne pas ignorer qu’il a Ă  ses frontiĂšres un marchĂ© de plus de 170 millions d’habitants. Des relations existent bien sĂ»r, mais elles sont essentiellement informelles. Il faut aller plus loin en multipliant les secteurs d’affaires », a dĂ©clarĂ© le Minepat.
Le forum d’affaires Cameroun-Nigeria vise Ă  renforcer les Ă©changes commerciaux et les investissements entre les deux pays. De maniĂšre spĂ©cifique, il sera question entre autres, d’établir des partenariats d’affaires, de finaliser les discussions en cours relatives Ă  la levĂ©e des barriĂšres non-tarifaires au commerce et les modalitĂ©s d’opĂ©rationnalisation, de l’accord commercial du 3 mai 2016 entre les deux pays, objet du forum. Aucune date n’a Ă©tĂ© donnĂ©e concernant la tenue du forum. Mais dĂ©jĂ , l’on apprend que le grand rendez-vous commercial s’étendra sur trois jours et se tiendra Ă  la fin du troisiĂšme trimestre de l’annĂ©e. Les secteurs d’activitĂ©s qui intĂ©ressent le Cameroun ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© identifiĂ©s et ont fait l’objet de chaudes discussions. Il s’agit de l’agriculture, l’élevage, l’agro–industrie, l’artisanat et les services.
Film d’ouverture: « Ezra » ou la vie d’un enfant soldat

Monica NKODO
National - Culture

Le réalisateur nigérian Newton Aduaka présente sous un angle plus aigu ces jeunes innocents transformés en criminels de guerre.
Avec « Ezra » comme film d’ouverture, les organisateurs des Ecrans Noirs sont bien engagĂ©s dans leur sĂ©quence flash-back, Ă  l’occasion de la 20e Ă©dition. Car « Ezra » du rĂ©alisateur nigĂ©rian Newton Aduaka, est le premier film Ă  remporter l’Ecran d’or, quand, lors de la 12e Ă©dition, la compĂ©tition devient une Ă©tape cruciale du festival. Ce film sorti en 2007 est une immersion au sein d’une troupe d’enfants soldats. Alors que la guerre civile ravage la Sierra Leone de l’intĂ©rieur, des factions rebelles enrĂŽlent les jeunes de force et les transforment en vĂ©ritables machines Ă  tuer. ElĂšves la minute d’avant, ils sont dĂ©sormais des soldats prĂ©parĂ©s Ă  commettre les actes les plus abominables. Ezra, personnage principal, jouĂ© par Mamoudou Turay Kamara est une de ces victimes de guerre tournĂ©es en assassins sans scrupules.
En 1992, sa vie bascule quand des rebelles dĂ©barquent dans son Ă©cole. EnlevĂ© avec d’autres alors qu’il n’est qu’un gamin, il grandit, arme Ă  la main. Dans une brousse, il apprend l’art de la guerre, sa cruautĂ©, mais paradoxe, il dĂ©couvre l’amitiĂ© avec MoĂŻse, un de ses compagnons d’infortune, et l’amour avec Mariam, une autre enfant soldat. Cette idylle impromptue suffira-t-elle Ă  attendrir ce cƓur endurci par des annĂ©es de combat ? Devant une commission « VĂ©ritĂ© et rĂ©conciliation », il est contraint Ă  ressasser des souvenirs horribles de cette pĂ©riode sombre de sa jeune vie. Le but recherchĂ© : des aveux, la repentance, le pardon. Comment obtenir l’absolution quand la moitiĂ© des actes commis l’ont Ă©tĂ© sous influence de drogue et d’alcool ? Le rĂ©alisateur nigĂ©rian Newton Aduaka pose l’importance de l’assistance psychologique et de l’écoute pour les enfants soldats reconvertis. Ce film touchant portĂ© par des acteurs comme Emil Abossolo-Mbo en chef rebelle impitoyable et Richard Gant en juge conciliant, a donnĂ© le ton des Ecrans Noirs 2016.
Ecrans Noirs: les clés de la 20e édition

Monica NKODO
National - Culture

La cĂ©rĂ©monie d’ouverture au palais des CongrĂšs vendredi dernier a laissĂ© place Ă  un vent de nostalgie.
RĂ©trospective. Entre 1997 et 2016, 20 Ă©ditions des Ecrans Noirs ont attirĂ© Ă  YaoundĂ© des centaines de cinĂ©astes nationaux et internationaux. Le 15 juillet dernier, alors que le ministre des Arts et de la Culture (MINAC), Narcisse Mouelle Kombi, reprĂ©sentant personnel du chef de l’Etat, a dĂ©clarĂ© ouverte cette 20e Ă©dition, une nouvelle page de l’histoire de ce festival dĂ©diĂ© au 7e art, s’écrit, avec encore plus de dĂ©fis. Le 28 avril dernier, la reconnaissance d’utilitĂ© publique Ă©tait accordĂ©e Ă  l’Association Ecrans Noirs. Preuve que, selon Bassek ba Kobhio, prĂ©sident de ladite association et dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral du festival, les Ecrans Noirs c’est un rĂȘve qui a germĂ© et mĂ»ri. Surtout Ă©voluĂ©, notamment avec l’entrĂ©e en jeu de la compĂ©tition, au cours de la 12e Ă©dition, et de plein d’autres innovations au fil des annĂ©es. Les films camerounais ont dĂ©sormais droit Ă  leur propre compĂ©tition, le festival se profile en ligne et les entrĂ©es dans les salles se font payantes.
Une mutation dans le temps saluĂ©e par le MINAC, qui a avant tout, mis en avant la capacitĂ© de formation de l’association, et sa collaboration avec le dĂ©partement ministĂ©riel dont il a dĂ©sormais la charge. « Ecrans Noirs est au service du 7e art camerounais et africain. A force de persĂ©vĂ©rance, de sacrifice, vous avez su dĂ©montrer de quoi vous ĂȘtes capable », a reconnu Narcisse Mouelle Kombi, avant de souhaiter aux cinĂ©philes une belle dizaine de jours autour de cette fĂȘte du cinĂ©ma. Bassek ba Kobhio a, quant Ă  lui, tenu Ă  remercier tous les partenaires qui l’ont accompagnĂ© au cours de ces 20 Ă©ditions, et a tendu une perche Ă  la jeunesse, avenir du festival. Le dĂźner d’ouverture au MusĂ©e national, village du festival cette annĂ©e, a meublĂ© la suite de cette premiĂšre soirĂ©e des Ecrans Noirs.
La cĂ©rĂ©monie d’ouverture a Ă©galement donnĂ© l’occasion de rendre hommage Ă  d’illustres noms du 7e art africain, aujourd’hui disparus, tels que Sembene Ousmane, Philippe Mory, DieudonnĂ© Kabongo, ou encore Adama Drabo. Mais, il n’y a pas que des regrettĂ©s personnages qui ont eu droit aux honneurs. Jean-Pierre Dikongue Pipa, unique rĂ©alisateur camerounais Ă  avoir remportĂ© l’Etalon d’or de Yennenga, prestigieux sacre du Fespaco avec son film « Muna Muto », a reçu le Prix Charles Mensah, Ecran d’honneur du festival, remis des mains du ministre GrĂ©goire Owona, prĂ©sident du Conseil d’administration des Ecrans Noirs. 58 films en compĂ©tition et 24 hors-compĂ©tition sont Ă  voir. A chaque cinĂ©phile de faire son choix, jusqu’au 23 juillet prochain.
NĂ©crologie: Mgr JĂ©rĂŽme Owono Mimboe n’est plus

SorĂšle GUEBEDIANG Ă  BESSONG
National - Société

L’évĂȘque Ă©mĂ©rite du diocĂšse d’Obala est dĂ©cĂ©dĂ© vendredi dernier Ă  YaoundĂ© des suites de maladie.
L’ange de la mort a encore frappĂ© le clergĂ© avec le dĂ©cĂšs de Mgr JĂ©rĂŽme Owono Mimboe vendredi dernier Ă  YaoundĂ©. AgĂ© de 83 ans, l’évĂȘque Ă©mĂ©rite du diocĂšse d’Obala laisse ainsi la grande famille religieuse en Ă©moi. Sur les visages de nombreux fidĂšles rencontrĂ©s Ă  YaoundĂ© se lit une tristesse. « Je me prĂ©parais Ă  aller lui rendre visite Ă  l’hĂŽpital mais Dieu en a dĂ©cidĂ© autrement. C’était un homme disciplinĂ©, rigoureux et surtout affable. Son absence est dure Ă  digĂ©rer mais je crois que c’est un repos mĂ©ritĂ© parce qu’il a beaucoup travaillĂ© », confie Conrad Amougou, stagiaire prĂ©-diaconal de l’archidiocĂšse de YaoundĂ©.
NĂ© le 4 fĂ©vrier 1933 Ă  Ebolbum, petit village situĂ© dans la rĂ©gion du Sud, Mgr JĂ©rĂŽme Owono Mimboe a effectuĂ© ses Ă©tudes secondaires au Petit sĂ©minaire d’Akono, puis de Mva’a. Une partie de ses Ă©tudes supĂ©rieures a Ă©tĂ© faite au Grand sĂ©minaire d’OtĂ©lĂ©. C’est alors qu’il ira en France, poursuivre ses Ă©tudes. Le serviteur de Dieu revient au Cameroun et est ordonnĂ© prĂȘtre le 22 juillet 1962. Le 16 juillet 1987, il est nommĂ© Ă©vĂȘque du nouveau diocĂšse d’Obala, rĂ©gion du Centre par Sa SaintetĂ© le pape Jean Paul II. Il cĂšde sa place Ă  Mgr LĂ©opold SosthĂšne Bayemi Metjei le 3 dĂ©cembre 2009, devenant ainsi Ă©vĂȘque Ă©mĂ©rite du mĂȘme diocĂšse.
Au sein de l’église catholique, l’on est unanime que le prĂ©lat a jouĂ© un grand rĂŽle dans la prĂ©paration de la deuxiĂšme visite du pape Jean Paul II au Cameroun et contribuĂ© aux premiers pas de la ConfĂ©rence nationale Ă©piscopale du Cameroun. Selon certains tĂ©moignages de ses frĂšres dans le sacerdoce, ses homĂ©lies Ă©taient courues. EvĂȘque Ă©mĂ©rite depuis dix ans, il concĂ©lĂ©brait les messes lors de grandes cĂ©lĂ©brations religieuses et Ă©tait trĂšs rĂ©putĂ© comme un grand prĂȘtre exorciste. Une fois son dĂ©cĂšs annoncĂ©, l’archevĂȘque mĂ©tropolitain de YaoundĂ©, Mgr Jean Mbarga s’est rendu en compagnie des autres prĂȘtres Ă  la clinique du Bon secours oĂč il a rendu l’ñme afin de transfĂ©rer le corps Ă  l’hĂŽpital gĂ©nĂ©ral de YaoundĂ©. Ce dĂ©cĂšs intervient quelques jours aprĂšs celui du recteur du petit sĂ©minaire Sainte ThĂ©rĂšse de MvolyĂ©, l’AbbĂ© Yves AndrĂ© Samekomba, des suites d’un accident de la circulation sur l’axe YaoundĂ©-Akonolinga.
Union africaine: les enjeux de Kigali

Sainclair MEZING
Afrique - Politique

Crise au Soudan du Sud, succession de Dlamini-Zuma, avenir du continent au sein de la CPI et réintégration du Maroc sont autant de sujets en débat.
Ouvert dimanche Ă  Kigali au Rwanda par un huis clos de prĂšs de trois heures des chefs d’Etat et de gouvernement, le 27e sommet de l’Union africaine (UA) qui s’achĂšve ce lundi est prĂ©sentĂ© comme un rendez-vous aux enjeux majeurs. Avec en bonne place, la crise au Soudan du Sud qui a Ă©clatĂ© en novembre 2013. Le plus jeune Etat du continent est de nouveau aux devants de la scĂšne avec la derniĂšre flambĂ©e de violences qui a entraĂźnĂ© un nombre important de victimes. A l’exception du prĂ©sident sud-soudanais, Salva Kiir et de son vice-prĂ©sident, Riek Machar, les deux protagonistes restĂ©s Ă  Juba, les chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique de l’Est et de la Corne du continent se sont retrouvĂ©s samedi dernier Ă  Kigali pour discuter de cette crise. Ce sommet se tient en l’absence du Burundi dont la dĂ©lĂ©gation a quittĂ© la capitale rwandaise prĂ©cipitamment. Faute d’avancĂ©es au niveau de l’UA, suite Ă  sa plainte contre Kigali qu’il accuse d’armer la rĂ©bellion pour le dĂ©stabiliser, Bujumbura a prĂ©fĂ©rĂ© boycotter.
La question de la succession de Nkosazana Dlamini-Zuma est Ă©galement Ă  l’ordre du jour. AprĂšs quatre annĂ©es passĂ©es Ă  la tĂȘte de l’organisation en qualitĂ© de prĂ©sidente de la Commission de l’UA, la Sud-africaine n’entend pas rempiler. Officiellement, trois candidats se sont dĂ©clarĂ©s pour lui succĂ©der. Agapito Mba Mokuy, ministre Ă©quato-guinĂ©en des Affaires Ă©trangĂšres, Pelonomi Venson-Moitoi, son homologue botswanais, et l’Ougandaise Speciosa Wandira-Kazibwe, envoyĂ©e spĂ©ciale de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour la lutte contre le Sida. Au sein de l’organisation panafricaine, les trois visages sont perçus par beaucoup comme des «candidats de troisiĂšme classe». Mais, le nom d’Abdoulaye Bathily semble se dĂ©gager pour succĂ©der Ă  Mme Zuma. A 69 ans, l’ancien ministre sĂ©nĂ©galais des Affaires Ă©trangĂšres et actuel reprĂ©sentant spĂ©cial du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU Ban Ki-moon pour l’Afrique centrale qui bat campagne Ă  Kigali depuis quelques jours, bĂ©nĂ©ficierait du soutien de plusieurs dirigeants du continent.
En retrait de l’organisation panafricaine depuis 1984, aprĂšs la reconnaissance par celle-ci de la RĂ©publique arabe Sahraouie dĂ©mocratique (RASD) comme 51e Etat, le Maroc frappe Ă  nouveau Ă  la porte de l’UA Ă  travers une importante dĂ©lĂ©gation dĂ©pĂȘchĂ©e Ă  Kigali. Les dirigeants africains planchent Ă©galement sur l’avenir de l’Afrique au sein de la Cour pĂ©nale internationale (CPI). Le principal reproche fait Ă  cette juridiction Ă©tant qu’elle ne cible que les Africains.
Welcome Mrs May


WAFFO MONGO
International - Bulletin

Theresa May est la nouvelle locataire du 10 Downing Street depuis mercredi, 13 juillet dernier et devient la deuxiĂšme PremiĂšre ministre de l'histoire du Royaume-Uni. Jusqu'alors ministre de l'IntĂ©rieur au sein du gouvernement conservateur sortant, elle devra immĂ©diatement s'atteler Ă  une mission titanesque : mettre en Ɠuvre un Brexit qui aura eu raison de son prĂ©dĂ©cesseur David Cameron. Theresa May, 59 ans, prend, en effet, ses fonctions moins de trois semaines aprĂšs le vote des Britanniques pour sortir de l'Union europĂ©enne. RĂ©putĂ©e pour son tempĂ©rament pugnace, sa force de travail, cette fille de pasteur hĂ©rite d'un Royaume-Uni que le rĂ©fĂ©rendum a laissĂ© profondĂ©ment divisĂ© et plein de doutes quant Ă  son avenir. «Elle prend ses fonctions Ă  un moment qui aurait posĂ© des problĂšmes mĂȘme Ă  Churchill», note le quotidien The Guardian pour souligner l'ampleur de la tĂąche qui l'attend, entre turbulences Ă©conomiques et pression des dirigeants de l'UE pour que le Royaume-Uni engage au plus vite la procĂ©dure de divorce. MalgrĂ© son euroscepticisme, Theresa May, avait rejoint le camp du maintien dans l'UE pendant la campagne rĂ©fĂ©rendaire. Au pied du mur, elle souhaite tout de mĂȘme «nĂ©gocier le meilleur accord» pour son pays. «Brexit signifie Brexit et nous en ferons un succĂšs», a-t-elle assurĂ©, ne laissant guĂšre d'espoirs Ă  ceux au Royaume-Uni qui rĂȘvent de voir leur pays rester malgrĂ© tout dans le giron europĂ©en. Cependant, la nouvelle PremiĂšre ministre a indiquĂ© qu'elle ne comptait pas activer l'article 50 du TraitĂ© de Lisbonne - qui dĂ©clenchera le processus de sortie de l'UE - avant la fin de l'annĂ©e.
Impatients de voir l'exĂ©cutif britannique clarifier ses intentions, les dirigeants europĂ©ens n'ont pas attendu sa prise de fonctions pour prĂ©senter leurs dolĂ©ances. Plus tĂŽt commenceront les nĂ©gociations, mieux ce sera pour tout le monde. Les premiers jours de la nouvelle PremiĂšre ministre devraient Ă©galement ĂȘtre scrutĂ©s de prĂšs par les marchĂ©s, en quĂȘte de certitudes aprĂšs le choc du rĂ©fĂ©rendum.
University Of Buea Lecturers Suspend Strike

Nkeze MBONWOH, VEYU Diana NGORAN (Intern)
National - Société

The strike, which began on Monday, 11 July, 2016, may continue in October.
Students in the University of Buea (UB) have continued writing their Second Semester examinations scheduled from June 28-July 18, 2016. On Monday, 11 July, lecturers went on strike, with examinations reportedly overseen mainly by support staff. According to the Registrar, Prof. Roland Ndip, the examinations have been going on hitch-free. He added that the University Senate meets on 3 August during which results will be discussed and approved before being published online. This is so that students in any part of the country and abroad can easily access their results.
Asked about the strike action by lecturers of the university, the Registrar concerted with another school official and then refused to make any statement. However, Cameroon Tribune was able to speak to the First Vice President of the National Syndicate of Teachers of Higher Education (SYNES), Buea chapter, Dr. Ndeh Martin Sango. He confirmed that they actually declared a strike, but it had just been suspended.
“We decided to strike during exams because of unpaid bonuses. These are bonuses for the supervision of long essays, leave claims, re-sit exams, supervision of Master’s theses, and bonuses related to extra working hours. These bonuses date back to 2013 and all attempts to get the university to pay them have failed,” Dr. Ndeh Martin Sango explained. He continued; “We suspended the strike after pleas by students and parents as some of the students will be writing public competitive exams. We decided to suspend the strike so that these students should not suffer innocently. However, we will continue with the strike by withdrawing our services from re-sit exams. We will not start lectures in October if the bonuses are not paid,” he warned.
The union leader alleged that the University of Buea is going through serious administrative crisis, reason why the authorities were not open to dialogue. “We gave the administration a one-month notification before the strike. If the administration was proactive, they would have called the executive of SYNES for dialogue and probably, we would not have declared a strike. In the absence of dialogue, there is always an alternative and we saw strike action as an alternative,” Dr. Ndeh Martin Sango said. Meanwhile, the UB authorities have on several occasions declared their openness to constructive dialogue.