Cameroon Tribune
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Lutte contre Boko Haram: les attentions de l’Onu

Politique
Rousseau-Joël FOUTE

Une dĂ©lĂ©gation de 15 pays membres du Conseil de SĂ©curitĂ©, organe majeur des Nations unies sĂ©journe au Cameroun aujourd’hui et demain.

Evaluer la situation sur le terrain de la lutte contre la secte terroriste Boko Haram, apprĂ©cier les progrĂšs accomplis et les dĂ©fis Ă  relever, identifier les besoins des Etats du Bassin du Lac Tchad pour une meilleure formulation de l’assistance de la communautĂ© internationale Ă  envisager. Tels sont les objectifs de la visite, du 2 au 7 mars 2017 dans l’ensemble des pays impliquĂ©s dans la guerre contre Boko Haram, d’une dĂ©lĂ©gation des 15 pays membres du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies.
La mission onusienne sĂ©journe au Cameroun aujourd’hui et demain. Au cours de son sĂ©jour, la dĂ©lĂ©gation du Conseil de sĂ©curitĂ© sera reçue en audience par les hautes autoritĂ©s camerounaises. Elle tiendra Ă©galement, sous la prĂ©sidence du Premier ministre, chef du gouvernement, une rĂ©union conjointe avec les chefs de dĂ©partements ministĂ©riels concernĂ©s par l’objet de la mission. Son programme de travail prĂ©voit en outre une visite de terrain Ă  Maroua et une rencontre avec certains rĂ©fugiĂ©s et personnes dĂ©placĂ©es du fait des exactions de Boko Haram. On sait qu’il y a environ 65 000 rĂ©fugiĂ©s nigĂ©rians au Cameroun. Le seul camp de Minawao, dĂ©partement du Mayo-Tsanaga dans la rĂ©gion de l’ExtrĂȘme-Nord, abrite 60 000 personnes Ă©trangĂšres qui ont fui les exactions de Boko Haram au Nigeria voisin pour se rĂ©fugier au Cameroun. Dans ce mĂȘme dĂ©partement, il y a environ un millier de dĂ©placĂ©s internes dans le camp de ZamaĂŻ.
Bon Ă  savoir, cette visite est la premiĂšre du genre Ă  ĂȘtre effectuĂ©e par le Conseil de sĂ©curitĂ© dans les pays de la Commission du bassin du Lac Tchad en lutte contre Boko Haram. D’oĂč son importance dans la mesure oĂč le Conseil de sĂ©curitĂ© est l'institution la plus puissante de l'Organisation des Nations unies (ONU).
C'est Ă  cet organe exĂ©cutif qu'Ă©choit la « responsabilitĂ© principale du maintien de la paix et de la sĂ©curitĂ© internationales ». Le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU rĂ©unit 15 Etats membres de l'organisation : cinq siĂšgent de maniĂšre permanente et dix sont Ă©lus par l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale pour un mandat de deux ans (renouvelĂ©s par moitiĂ© tous les ans).
Fight Against Boko Haram: Realities Awaiting UN Security Council Mission

Politique
LUKONG Pius NYUYLIME

A delegation of the Council today March 02, begins an evaluation visit to countries of the Lake Chad basin affected by Boko Haram terrorist activities.

It will rather be swift a conclusion to say that the war against the Nigerian-based Islamic terrorist group, Boko Haram has been won. Its present state of hibernation is simply a smoke screen and as stated in a recent briefing by a senior official of the UN Security Council, Boko Haram remains a threat despite gains made against the extremist group by regional countries that have increased military cooperation over the past two years through the Multinational Joint Task Force (MNJTF). Having lost most of the territory it held from its peak in 2014 and 2015, Boko Haram now relies on asymmetric attacks mainly targeting civilians, the latest deadliest attack occurring on 9 December when 57 people were killed by two women suicide bombers in Madagali, Nigeria. The impact of the war against the Islamic activist group goes beyond the over 20,000 people who have lost their lives. The several thousands of displaced population are languishing in abject poverty and living conditions.
The visit of a delegation of the UN Security Council comes at the behest of the growing needs to ensure the livelihood of the displaced people. A statement from the Ministry of External Relations indicates inter alia that the visit will enable the delegation to “assess the situation on the field in the fight against the terrorist group, evaluate the progress made so far and the challenges as well as identify the needs of countries of the Lake Chad Basin to better formulate the assistance from the international community.” Already, last December 07, OCHA announced that 1.5 billion US dollars would be required to meet emergency needs in the Lake Chad Basin during 2017. Of the 739 million dollars requested for the humanitarian crisis in the Lake Chad Basin in 2016, only 49 per cent was received as of 8 December 2016.
In the words of Tayé-Brook Zerihoun, Assistant-Secretary-General for Political Affairs at the UN a military approach alone will not bring an end to Boko Haram.
According to him, affected countries must simultaneously tackle the humanitarian consequences and root causes of the group’s emergence. Concerned authorities should bolster support to survivors, bring perpetrators to justice and provide targeted protection services in camps and host communities. Moreover, military operations should be followed with steps to bring about stability, restore State authority and address the social, economic and political grievances of marginalized communities plagued by entrenched poverty and social inequality. As far as Cameroon is concerned, the conflict has already caused over 1,500 deaths, and led to more than 155,000 displaced persons and over 73,000 refugees. Although the first attacks occurred in March 2014, the jihadist group’s presence in Cameroon’s Far North region dates back to at least 2011. It has benefited from a network of local collaborators and has exploited vulnerabilities that the region shares with north-eastern Nigeria. The Cameroonian government’s focus on a military response has registered significant success even though structural problems that allowed this threat to arise are yet to be fully addressed. The government is however aware and has been working towards that, that the fight against Boko Haram requires adapting and improving security structures, and long-term crisis resolution policies that will prevent a revival of this threat in a different form. The conditions of displaced people and refugees will certainly be one of the main focus of the evaluation visit of the delegation of the UN Security Council.
Mefou-et-Afamba: le premier syndicat des communes créé

Politique
Azize MBOHOU

Les élus locaux du département se sont retrouvés à Mfou mardi pour la mise sur pied de cette organisation.

L’histoire retiendra que c’est Essama Embolo, maire de la commune de Soa, qui est le tout premier prĂ©sident du Syndicat des communes de la Mefou-et-Afamba (SYNCOMEFA). C’était mardi dernier, 28 fĂ©vrier 2017, Ă  Mfou, chef-lieu du dĂ©partement, alors que le SYNCOMEFA Ă©tait portĂ© sur les fonts baptismaux, Ă  la faveur d’une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale constitutive sous la prĂ©sidence du prĂ©fet, Emmanel Mariel Djickdent.
AprĂšs plusieurs annĂ©es de maturation, le SYNCOMEFA est donc né  de la volontĂ© et de l’engagement des huit communes de la Mefou-et-Afamba. Une naissance qui trouve sa base lĂ©gale dans la loi du 22 juillet 2004 sur la dĂ©centralisation, fixant les rĂšgles applicables aux communes. Elle qui reconnaĂźt, en effet, les syndicats de communes comme la seule forme d’organisation intercommunale autorisĂ©e. DĂšs lors, le SYNCOMEFA, de l’avis de son premier prĂ©sident, est la matĂ©rialisation de la volontĂ© de mutualiser les idĂ©es et moyens des maires, pour construire une solidaritĂ© intercommunale. En soubassement, la rĂ©alisation des travaux importants et la rĂ©solution des problĂšmes sociaux d’intĂ©rĂȘt commun, l’optimisation des interventions pour promouvoir la croissance et l’emploi au niveau local.
De biens nobles objectifs et visions qui ont inspirĂ© au prĂ©fet Emmanel Mariel Djickdent, des conseils avisĂ©s. « Vous devez Ă©viter des conflits de leadership. Vous devez toujours travailler pour trouver le consensus, Ă  travers des compromis. Car, si vous avez choisi de vous mettre ensemble, vous n’aurez pas toujours la mĂȘme façon de voir les choses », a rappelĂ© le prĂ©fet de la Mefou-et-Afamba. Le SYNCOMEFA est créé pour une durĂ©e de cinq ans.
Dja et Lobo VI: le RDPC prĂȘt pour les batailles futures

Politique
Sainclair MEZING

La délégation conduite par Louis Paul Motazé était à Bengbis il y a quelques jours pour remobiliser la base.

AprĂšs Meyomessi et Djoum les 5 et 6 novembre dernier, le chef de la dĂ©lĂ©gation dĂ©partementale permanente du ComitĂ© central du Rassemblement dĂ©mocratique du peuple camerounais (RDPC) pour le Dja et Lobo a poursuivi dimanche, 19 fĂ©vrier dernier par Bengbis sa tournĂ©e de prise de contact et de remobilisation de la base. A la faveur d’un grand meeting organisĂ© Ă  l’occasion, Louis Paul MotazĂ© a tenu Ă  expliquer ce qu’est et ce que n’est pas la dĂ©lĂ©gation permanente. Au cours de cet Ă©change avec la base, il a fait savoir que la dĂ©lĂ©gation permanente «ne vient pas se substituer aux organes Ă©lus par les militants. C’est un travail d’encadrement, d’information et de proximitĂ© pour que les militants et les populations n’aient pas forcĂ©ment besoin de saisir le ComitĂ© central pour les problĂšmes qu’ils auraient Ă©ventuellement. Mais savoir qu’il y a une Ă©quipe d’encadrement autour d’eux. Contrairement Ă  ce que d’aucuns ont pensĂ© ». Le chef de la dĂ©lĂ©gation dĂ©partementale a Ă©galement fait le point de la situation politique dans cette circonscription, de la discipline et des nouvelles orientations du parti, un an avant les grandes Ă©chĂ©ances Ă©lectorales.
Il ressort des diffĂ©rentes allocutions prononcĂ©es par les responsables politiques locaux que le RDPC est en pleine forme dans le Dja et Lobo VI et est d’ores et dĂ©jĂ  mobilisĂ© pour les batailles politiques Ă  venir, malgrĂ© les miasmes qui sont tout simplement un signe de vitalitĂ© du parti. Louis Paul MotazĂ© et sa dĂ©lĂ©gation ne sont pas venus Ă  Bengbis les mains vides. Dans le cadre des travaux de construction de la permanence du parti, il a contribuĂ© Ă  hauteur de 10 millions de F et remis 1 200 pagnes du parti aux militantes et militants. En sa qualitĂ© de ministre de l’Economie, de la Planification et de l’AmĂ©nagement du territoire, il a Ă©galement parlĂ© de production et de transformation des produits agricoles Ă  ses camarades et aux populations.
Bello Bouba Maïgari: «Notre pays doit rester uni »

Politique
Roland MBONTEH

prĂ©sident national de l’Union nationale pour la dĂ©mocratie et le progrĂšs (UNDP).

Monsieur le prĂ©sident national, l’actualitĂ© nationale est revenue au cƓur des travaux du congrĂšs de votre parti. Quelle est la rĂ©action de l’UNDP Ă  ce sujet ?

Nous avons dit, comme nos camarades de parti qui sont venus Ă  notre congrĂšs, que notre pays fait face aujourd’hui Ă  des dĂ©fis trĂšs importants. Le premier d’entre eux reste la menace sur sa sĂ©curitĂ© que lui impose la secte terroriste Boko Haram. Mais, fort heureusement, avec la riposte organisĂ©e par le gouvernement sous la direction du prĂ©sident de la RĂ©publique, Boko Haram est bien sur le dĂ©clin. Nous avons soutenu nos forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ©, les comitĂ©s de vigilance. Nous allons continuer Ă  soutenir notre gouvernement, parce que la dĂ©fense de la patrie n’est pas une question partisane. Ensuite le deuxiĂšme dĂ©fi, c’est celui de tout faire pour le maintien de l’unitĂ© et de la cohĂ©sion nationales. Je fais lĂ  rĂ©fĂ©rence Ă  une situation inĂ©dite qui s’est dĂ©veloppĂ©e dans une partie de notre pays, la partie anglophone. Le gouvernement a mis en place des commissions ad hoc pour Ă©tudier les revendications qui lui sont prĂ©sentĂ©es. Le prĂ©sident de la RĂ©publique a créé une commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme. Comme l’atmosphĂšre de crise continue, nous avons souhaitĂ© que le dialogue soit la voie Ă  adopter pour rĂ©soudre cette crise. Il faut que notre pays reste un, uni et fraternel. Et pour cela, il n’y a pas de meilleure voe que celle du dialogue. Le dialogue ce n’est pas quelque chose qu’on chronomĂštre, comme une course de vitesse. Il faut de la patience, de la disponibilitĂ© Ă  Ă©couter.

Quelles solutions préconisez-vous pour sortir de cette situation ?

Il faut que tout le monde participe et soit conscient. Ce qui est important, c’est le sort de notre pays dont il est question. Les fils et filles ont dĂ©cidĂ© de la rĂ©unification, il y a maintenant 55 ans. Ce pays doit rester celui dontc avaient rĂȘvĂ© nos pĂšres fondateurs comme l’a rappelĂ© le prĂ©sident de la RĂ©publique. Et pour cela, il faut que tous, nous aidons Ă  ce que cette disponibilitĂ© au dialogue puisse permettre d’aboutir rapidement au retour de la sĂ©rĂ©nitĂ©, de la fraternitĂ©. Mais pour cela, nous avons dit que cette commission devrait tout mettre en Ɠuvre pour rĂ©ussir. Mais, nous avons pensĂ© que si un certain nombre de choses comme la dĂ©centralisation prĂ©vue dans notre constitution Ă©tait mise en place, elle pouvait donner Ă  chacune de nos rĂ©gions la possibilitĂ© de s’organiser pour s’administrer, faire ses programmes de dĂ©veloppement, dĂ©velopper l’usage de la langue et du biculturalisme. Cela aiderait beaucoup dans ce sens.

Comment vous préparez-vous pour les prochaines élections ?

Nous avons nos commissions lors du congrĂšs qui ont dĂ©battu en dĂ©tail de l’organisation du parti, mais Ă©galement de ce qu’il faut faire pour obtenir les meilleurs rĂ©sultats aux prochaines Ă©lections en 2018. Car, on ne prĂ©pare pas les Ă©lections Ă  la veille de celles-ci.
Logements sociaux et base industrielle de Mbankomo: 115 milliards de F disponibles

Marilyne NGAMBO TCHOFO

Deux conventions de prĂȘt signĂ©es hier Ă  YaoundĂ© entre l’Etat du Cameroun et Intesa Sanpaolo, banque italienne.

YaoundĂ© et Mbankomo attendent, dans les prochains jours, le dĂ©but de la construction de 10 000 logements sociaux et d’une industrie de bĂątiments. A l’origine, la signature hier de deux conventions de prĂȘt d’un montant cumulĂ© de 115 milliards de F pour le financement de la premiĂšre phase du projet de construction de 10 000 logements sociaux Ă  YaoundĂ© et ses environs et d’une base industrielle Ă  Mbankomo. Selon le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’AmĂ©nagement du territoire (MINEPAT), Louis Paul Motaze, signataire, le prĂȘt de 115 milliards de F de la banque italienne Intesa Sanpaolo comprend un crĂ©dit- acheteur d’environ 101 milliards de F, garantis par l’Agence du gouvernement italien de garantie Ă  l’export (SACE) et un crĂ©dit commercial liĂ©, d’un montant de 14,1 milliards de F. Cette premiĂšre phase va consister en l’implĂ©mentation d’une base industrielle de 20 ha avec la crĂ©ation d’unitĂ©s de production locale d’élĂ©ments prĂ©fabriquĂ©s et de matĂ©riaux de construction, puis en la construction d’un premier lot de 1000 logements.

La deuxiĂšme phase du projet, elle, prĂ©voit Ă  moyen terme, la construction de 9000 logements par lots de 1000 accompagnĂ©s de 61 Ă©quipements collectifs pour aider Ă  rĂ©sorber le dĂ©ficit en logements du pays et, l’amĂ©nagement de certaines voies. Samuela Isopi, ambassadeur d’Italie au Cameroun, a insistĂ© sur le fait que l’initiative en cours « n’est pas simplement un projet d’habitat, mais un projet de dĂ©veloppement urbain, Ă©conomique et industriel visant la crĂ©ation d’une industrie camerounaise de bĂątiments qui puisse accompagner le dĂ©veloppement d’une filiĂšre industrielle locale ». Et d’ajouter : « Ce projet peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une premiĂšre application du nouveau plan d’industrialisation rĂ©cemment adoptĂ© par le Cameroun ». L’une des spĂ©cificitĂ©s du projet est qu’il comprend un volet d’assistance technique et d’accompagnement des institutions publiques, mais surtout de mise Ă  niveau de PME camerounaises et des sociĂ©tĂ©s de construction locales, Ă  travers leur intĂ©gration dans la chaĂźne de travaux et la sous-traitance. L’objectif final Ă©tant de crĂ©er une filiĂšre locale de construction capable de rĂ©pondre aux normes et aux standards internationaux.
Logements sociaux et base industrielle de Mbankomo : 115 milliards de F disponibles.